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Narain rajiah le cinéma, son rêve
Cela fait quatre ans que Narain Rajiah y pense. Il avait même, en 2000, tourné deux minutes de ce film. «Mo tine gagne ène caméra prêté et mo fine profité pour tourne ène boute. Mo fine bien satisfait parseki, li ti ine simple caméra. Mais ler mone guetté mone trouvé ki li ène projet korek », explique-t-il. Cet habitant de Camp Créole à Albion est un passionné de théâtre et du cinéma. D?ailleurs, la plupart des acteurs du film font partie de sa troupe théâtrale, Nouveau destin. Ils se sont produits à différentes reprises à Maurice et une fois à la Réunion. Un premier rêve réalisé.
Ce trentenaire croit fermement dans le potentiel de sa troupe. Comme tous ceux qui veulent se lancer dans la production d?un film, l?incontournable problème des finances se pose. Loin de se laisser rebuter par cet aspect, Narain Rajiah explique qu?il a besoin d?un budget d?environ Rs 250 000. Un budget mûrement réfléchi et détaillé vu que le document qu?il nous montre. Pour récolter cette somme, il a choisi de ne pas approcher dès le départ des sponsors. Ses proches et lui tenteront de réunir cette somme. « Après tournage, ler-là, nou va rode ène l?aide. Nou bisin ène caméra. Si mo loué ène, li pou coûte moi Rs 70000. Mo préfère acheter ène. Li pou coûte moi Rs 100 000. Mo pas capave alle guette ène sponsor pou li acheté ène caméra pou moi », déclare notre interlocuteur. Afin de faire des économies, les artistes ont accepté de ne pas être payés pour le tournage. Quand des recettes seront engrangées, ceux-ci auront alors leur part du gâteau.
D?une durée de cinquante minutes, ce film aura un casting composé d?une quarantaine d?acteurs dont cinq personnages principaux. Une animatrice radio connue en ferait aussi partie. Le sujet du film a été choisi car « partout éna menteur. Même si li pas ène gros mensonge. Tous dimunes inpé menteurs. Personne pas capave dire ki zamais li fine menti ».
L?épouse de Narain Rajiah explique avec un sourire que son mari a toujours été passionné par le cinéma et le théâtre. « Mo encourage li. Malheureusement, kan mo travail, mo pas gagne lé temps. Mais bane zour ki mo pas travail, mo aide li autant ki possible », déclare-t-elle. Une aide précieuse que d?autres lui apportent aussi. Pour cause, Narain Rajiah n?a jamais été à l?école. L?écriture de son scénario s?est passée dans des conditions particulières. Il dictait ses idées à des amis qui se chargeaient de les rédiger. « A coze ça aussi, zamais mo pas fine capave alle suive banne cours MFDC », déclare Narain Rajiah. Il a, cependant, trouvé le moyen de pallier à ce manque. Il nous montre une pile de VCD loués. « Mo guette banne angle caméra ki zot servi. Manière ki zot servi caméra et couma banne acteurs agir aussi. » Malgré son manque de scolarité, Narain Rajiah peut s?appuyer sur sa mémoire photographique.
Le tournage devrait débuter à la mi-juillet. La bande originale du film a déjà été enregistrée. Du ragga aux rythmes comiques et entraînants est chanté par trois jeunes de Camp Créole.
Audrey KELLY-MARTIAL
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