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Nane Annan, la sensibilité à fleur de peau

14 janvier 2005, 00:00

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Elle est encore visiblement secouée par sa récente visite en Indonésie et au Sri Lanka? Mais Nane Annan n?est pas de celles qui se laissent aller au pessimisme, préférant de loin évoquer avec enthousiasme le travail qui se fait sur le terrain. D?ailleurs, une de ses responsabilités est de parler de son expérience en tant qu?épouse du secrétaire général des Nations unies, de parler ?de ce que je vois en voyage, de l?aide qui est en train d?être donnée à ceux qui en ont besoin?, déclarait-elle lors de sa rencontre avec la presse, organisée à la demande de l?Organisation des Nations unies hier, au bureau de l?Ombudsperson for Children, Shireen Cziffra.

De Maurice, elle gardera l?image d?un ?Mini-Nations unies? : ?La tolérance est le mot d?honneur ici?, dit-elle, félicitant le pays pour sa diversité culturelle. L?élégante et timide Mme Annan a aussi ses chevaux de bataille : le VIH-Sida ou la violence contre les femmes et les enfants.

Maurice, note-t-elle a cependant fait un pas important dans la protection de l?enfant grâce à la mise sur pied du bureau de l?Ombudsperson for Children. ?Ils ont besoin de notre protection dès un très jeune âge?, explique-t-elle. Sans cela, ils n?auront jamais l?occasion de réaliser leur potentiel.

Le travail du bureau de Shireen Cziffra, qui est ?le point focal de la prévention d?abus contre les enfants démontre le souci pour les enfants mauriciens qui doivent avoir accès à des gens qui les écoutent?.

Et lorsqu?elle évoque le VIH-sida, son discours ? aussi bien que ses responsabilités ? fait écho à celui de son époux au sein des Nations unies. Et si l?ascension de Kofi Annan, ?qui a dévoué sa vie aux Nations unies?, au poste de secrétaire général a constitué un ?grand changement? dans sa vie, mettant entre parenthèses sa propre carrière d?artiste-peintre, Nane Annan considère cette expérience comme ?un privilège?.

Elle lui a en effet donné l?opportunité de ?comprendre certains projets?, comme lors de la première visite officielle de son mari en Afrique du Sud, où elle a pu constater toute la mesure du combat contre le VIH-sida.

?Le silence c?est la mort?

D?où aussi, dit-elle, la nécessité de lutter ?contre la stigmatisation et la discrimination? contre les personnes atteintes du virus et le courage de ces derniers lorsqu?ils annoncent leur séropositivité. ?Si l?on ne s?occupe pas du virus au plus haut niveau, il continuera à se propager. Il faut lutter contre le silence car le silence c?est la mort. La prévention est extrêmement importante.? Il faut aussi davantage de recherches pour empêcher la prolifération du virus.

Ce sont surtout des images de souffrance humaine qui la poursuivent : ?Le monde entier a été écrasé par la réalisation que le long du littoral des villages entiers ne montrent plus aucun signe de vie?, déplore-t-elle. Lors d?une visite dans un refuge, elle a aussi été marquée par ?une vieille femme qui pleurait, inconsolable, parce qu?elle avait perdu tous ceux qui lui sont chers?. Sensible au sort de ses semblables, elle confie que ?les Nations unies, c?est une conviction avec laquelle on grandit?.

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