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Nalynee Ramgulam, fraise et entrepreneuriat
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Nalynee Ramgulam, fraise et entrepreneuriat
Le portail de sa maison blanche et orange s?ouvre sur une agréable cour. Quelques plantes vertes se dévoilent à la lumière du jour ou en cachent d?autres, bien lotis en terre, à quelques mètres plus loin. Aux abords, se tient une femme. Elle nous accueille avec un grand sourire et un visage sympathique. Sur le front, un tikka vermillon tandis que les cheveux sont départagés par une raie de sindour, et tirés en queue de cheval. Nalynee Ramgulam est vêtue d?une robe évasée aux motifs fleuris, dans les tons saumonés, mariant habilement le fauteuil, fleuri lui aussi, dans lequel elle s?affale.
Ses mots se ponctuent d?aisance et de simplicité quand elle parle de ce fruit aux akènes, nuancé de rouge, qui lui a permis de créer sa petite entreprise, dans les années 90. Et pourtant, rien ne présageait qu?elle tomberait dans la fraise. Nalynee Ramgulam, originaire de la capitale, grandit au sein d?une famille de trois filles, dont elle est l?aînée. Aneerood, le père est peintre au sein d?un ministère et Sabeet, sa mère, travaille à l?usine. Étudiante au collège Renganaden Seeneevassen, elle interrompt ses études après le SC.
« Je voulais toujours partir à l?étranger et apprendre davantage. J?avais une préférence pour les matières scientifiques mais je n?ai jamais pu réaliser ce rêve », confie-t-elle. Âgée alors de 16 ans, elle commence à travailler dans une usine de textile à Plaine-Lauzun. Cela dure trois ans.
Puis à 21 ans, elle se marie à Ratten, employé à l?établissement sucrier de Fuel. De cette union, naissent deux enfants, Seetal, 20 ans, et Tanuja, 16 ans, aujourd?hui. Pendant plusieurs années, Nalynee Ramgulam reste à la maison et s?occupe de sa famille. Et en 1996, elle se joint à la Montagne-Blanche Women Association et bénéficie de cours de formation dispensés par l?Areu. Ceux-ci sont axés sur la culture de petites plantes vertes, de légumes, de fruits et d?élevage de poules et de lapins. Un club sous l?égide de l?organisation est alors fondé et Nalynee Ramgulam s?y inscrit. « Avec ces formations, nous avons appris les types de terre à utiliser et les techniques pour la culture, de même que les remèdes pour que les plantes ne meurent pas », indique-t-elle.
Nalynee s?intéresse aux fraises et se met à les cultiver dans sa cour. Le climat humide favorise la pousse du fruit.
Au total, Nalynee cultive trois variétés de fraise dont deux locales ? la Marquise et le Tiobelle ? et une française, l?Agathe.
La mise en terre se fait vers fin mars ou début avril, la floraison survient en juin, et les fraisiers portent leurs fruits en décembre. Un fraisier peut rapporter entre 250 à 750 grammes de fruit.
Passionnée de cuisine
Au quotidien, Nalynee Ramgulam s?occupe de sa petite fraiseraie, à l?arrière de sa maison. Elle approvisionne un café et des établissements secondaires. Elle les utilise aussi pour en faire de la marmelade. Au fil des années, les membres de la famille mettent aussi la main à la « fraise ». Le mari l?aide à la culture, la fille fait l?empaquetage et le fils s?occupe de la vente.
En 1999, elle devient membre du National Women Entrepreneur Council (NWEC) et bénéficie de formations additionnelles et acquiert d?autres techniques entourant la culture des fraises. Mais elle a du mal à développer davantage son entreprise, car les démarches administratives auprès des institutions financières n?aboutissent pas. Elle se voit obligée de contracter un emprunt à fort intérêt pour investir dans la fraiseraie. Nalynee participe au NWEC Award, et remporte le 2e prix pour sa production de fraises. Deux ans plus tard, elle décroche la palme à ce même concours.
Poursuivant sur sa lancée dans un premier temps, elle s?est vue contrainte de réduire sa production, sur une plus petite superficie, pour des raisons techniques.
Et aujourd?hui, Nalynee tâche d?assurer la pérennité de son entreprise bon an mal an. « Les fraises me permettent de joindre les deux bouts. Nous souhaiterions la développer, mais comment ? Avec un appui des autorités, nous pourrions contribuer à l?entrepreneuriat et aussi créer des emplois », déclare-t-elle.
Nalynee voue son courage et sa dévotion à ses fraises et elle est passionnée de cuisine. Elle s?essaie à diverses recettes, en invente au passage, et confectionne à tout bout de champ. Puis, elle retourne à la fraiseraie où elle effeuille, trie et nettoie avec minutie. Le problème principal reste le marché ! Car aujourd?hui, il ne lui reste plus que deux collèges comme clients !
Pour remédier à cela, elle évoque une possible coopérative des planteurs de fraises pour cibler le marché de Dubayy. Une probable porte de secours pour cette ingénieuse femme-entrepreneur !
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