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A. Nagapen : l?île Maurice des bienheureux
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A. Nagapen : l?île Maurice des bienheureux
Nous avons célébré le mois dernier le 144e anniversaire de la mort du Bienheureux Jacques Désiré Laval. Il y a un quart de siècle, Mgr Amédée Nagapen juge utile de nous rappeler que notre bon Père Laval n?est pas le seul béatifié par l?Eglise catholique à avoir posé le pied sur notre sol mauricien. Il pourrait être utile de rappeler l?essentiel des recherches béatifiantes de Mgr Nagapen.
Il nous parle pour commencer du Bienheureux Jean-Marie Moyë, fondateur des S?urs de la Providence de Dieu. Il est natif de Metz, le 6e d?une famille de treize enfants dont les parents sont de modestes cultivateurs. Il est prêtre depuis 15 ans quand il sollicite son admission au sein de la Mission étrangère de Paris. Accepté, il est envoyé en Chine. Le 7 mai 1772, son navire le débarque au Port-Louis car il souffre de scorbut. Le préfet apostolique lazariste, François Contenot, l?envoie se refaire une santé aux Pamplemousses. Il partage de ce fait les tâches pastorales du curé, le Père Fontaine. On retrouve à plusieurs reprises sa signature sur les registres paroissiaux. Ses lettres se font l?écho du désarroi et pas seulement moral et religieux des habitants de cette région. Il apprend la langue qu?utilisent entre eux les esclaves d?origine malgache.
Après dix ans en Chine, il rentre en France en 1783 et fonde l?Institut des S?urs de la Providence de Dieu. Il déploie une ardente activité missionnaire dans la France révolutionnaire. Il doit cependant se réfugier à Trèves, ville allemande sur la Moselle. Après la victoire française de Valmy, à l?est de Reims, le 20 septembre 1792, une épidémie de typhus éclate, permettant à Jean-Marie Moyë de faire montre d?un dévouement exemplaire. Il succombe à ce mal pernicieux le 4 mai 1793. Pie XII le déclare bienheureux le 21 novembre 1954. Une plaque souvenir de son passage parmi nous ne serait pas de trop en l?église des Pamplemousses.
Le deuxième bienheureux sur la liste Nagapen est Laurent Imbert. Il a davantage de chance que Moyë car Théo croit en sa béatification et peut-être même à sa canonisation. A la page 38,b, cette encyclopédie signale ceci: « le 6 mai 1984, premières canonisations proclamées en dehors de Rome, au cours du voyage de Jean-Paul II en Corée. Parmi les nouveaux canonisés il y a André Kim Taegon (1821- 16 avril 1846) premier prêtre coréen martyrisé à l?âge de 25 ans, Paul Chong Hasang (1725-22 avril 1839) et leurs 101 compagnons martyrs coréens et français, dont notre Laurent Imbert».
Celui-ci fait route vers le Sud-Est asiatique quand son navire, le Pénélope, fait escale au Port-Louis du 8 au 24 août 1820. Mathurin Pierre Pécot l?accompagne. Mgr Edward Slater, o.s.b. obtient que la famille Labat les héberge pendant leur séjour. Les dimanches 1 3 et 20 août, ils s?en vont aider le curé de Pamplemousses, Emmanuel Gouillart. Le rapport d?Imbert à Slater est peu reluisant : «L?Eglise du Christ à Maurice est la plus défigurée que je connaisse. Elle ressemble à un paralytique inguérissable». En 1839, Imbert est vicaire apostolique de Séoul. Il meurt martyr, la tête tranchée. Pie XI le béatifie en 1925 et Jean-Paul II le canonise le 6 mai 1984.
Le 3e bienheureux de la liste Nagapen possède une touche, sinon locale, du moins régionale et indocéanique incontestable, puisqu?il s?agit de Jean-Baptiste Rousseau plus connu des Mauriciens sous son nom religieux de Frère Scubillion. Le texte de Mgr Nagapen de 1983 n?est pas explicite à son sujet. Il parle de l?introduction de sa cause à Rome, de l?attente des Frères des Ecoles chrétiennes en l?imminence de la proclamation de l?héroïcité de ses vertus évangéliques. Théo vient heureusement à notre secours, en précisant que le 2 mai 1989, Jean-Paul II béatifie le Frère Scubillion (à l?état-civil, Jean-Baptiste Rousseau pour Mgr Nagapen et Jean-Bernard Rousseau pour Théo).
Scubillion fait partie d?un trio de Frères des Ecoles chrétiennes à débarquer au Port-Louis, à la mi-juillet 1833. Le responsable Frère Jean de Matha et le Frère Vétérin l?accompagnent. Ils sont les hôtes du clergé de la paroisse Saint-Louis et du vicaire apostolique, Mgr William Morris, o.s.b. (1833-41). Frère Scubillion meurt à la Réunion le 13 avril 1867, après toute une vie au service des esclaves et de leurs descendants.
Notons que 48 heures avant la béatification à La Réunion du Réunionnais Scubillion, Jean-Paul II béatifie, à Madagascar, la Malgache Victoire Rasoamanarivo (1848-1894) à qui Raymond d?Unienville consacre, en septembre et en octobre 2004, une série d?articles bien documentés dans l?express.
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