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Même sans argent, le coeur y est?

28 août 2003, 20:00

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Même à 35 ans, on peut occuper des postes importants aux Comores, comme Hassani Mohamed Abdoo, chef de mission et expert de la CJSOI. Motivé pour pousser ses compatriotes vers les plus hautes marches de la gloire, il n?en demeure pas moins réaliste, sachant que son pays est démuni par rapport à ses concurrents.

Avec une délégation de 176 personnes, dont 84 athlètes, les Comores n?apparaissent pas comme des foudres de guerre dans cette sixième édition des Jeux des îles de l?océan Indien, contrairement à ce que pourrait laisser croire leur nombre.

Hormis au basket-ball, leur épreuve fétiche qui leur a toujours réussi, leurs chances de médailles sont moins certaines dans les autres disciplines. En prenant le problème à la source, on constate d?abord un manque de préparation général.

Le bienveillant Hassani Mohamed Abdoo nous explique les difficultés en question : ?La préparation a été trop courte dans l?ensemble. Certaines disciplines, comme le basket, ont bénéficié de six à sept mois, alors que d?autres n?ont eu que deux ou trois mois. Ça dépend des moyens financiers des fédérations concernées. Mais que voulez-vous, nous n?avons pas autant d?argent que nos voisins des autres îles. Ça fait partie des faiblesses de notre pays.?

Le chef de la délégation comorienne met alors le doigt sur d?autres points négatifs : ?Il faut avouer que nous sommes assez fermés, coupés des autres îles. Nous manquons de frottement avec nos voisins. C?est ce qui me fait dire qu?il est difficile d?estimer combien de médailles on peut ramener.?

Abdoo : ?Le basket nous réussit bien?

De grands espoirs du côté des basketteurs peut-être ? ?C?est vrai que le basket nous réussit bien aux Jeux?, reconnaît Abdoo. ?On avait décroché la médaille d?or aux premiers Jeux, j?étais d?ailleurs le capitaine de l?équipe à l?époque, et on a gagné le bronze par la suite.?

Sans donner l?impression de se plaindre, notre interlocuteur nous révèle, au fil de la discussion, les problèmes auxquels ses compatriotes doivent faire face quotidiennement.

?Rassurez-vous, ça n?a rien à voir avec les problèmes politiques qu?on a eus. Tout est une question de manque de moyens, ce qui nous pose un problème technique : on n?a pas d?infrastructures, ni de cadres de haut niveau, donc on manque d?expérience.?

Au sein de la délégation comorienne, on trouve quand même quelques adeptes de l?athlétisme de bonne qualité, dont un de niveau mondial. Jaffur Hadari, qui est basé en France et qui s?entraîne à l?Insep, court sur 100m et 200m. Il a d?ailleurs passé le premier tour des Championnats du monde d?athlétisme de Paris-Saint-Denis, aux dires de Mohamed Abdoo.

Jaffur Hadari vise une médaille aux JIOI et devrait arriver à Maurice le 1er septembre.

Par ailleurs, deux filles se distinguent : Salhat Djammal, qui concourt sur 400m haies, et Hilmi Ahmed au triple saut.

?C?est déjà un plaisir de participer à cette grande fête fraternelle, on retient la fête avant tout?, nous dit le chef de mission comorien. Même avec des moyens limités, les Comoriens donneront tout ce qu?ils ont. Avec le sourire.

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