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Mémé est gardienne de but
Chantal Rouxelin, quel sacré personnage ! En vacances dans son île natale, elle n?a pu s?empêcher de mettre les pieds dans un gymnase de volley-ball.
Le 12 mars dernier, alors que la présélection masculine disputait son premier test-match face à l?ASJ Chebel au Quorum, Chantal Rouxelin, née Mouthoo, avait visiblement les fourmis dans les jambes.
Le temps d?une pause, elle s?est précipitée sur le terrain pour dire bonjour à un vieil ami, Fayzal Bundhun, entraîneur national, et a fait une photo en compagnie des présélectionnés.
À voir son parcours, on se demande bien comment elle a trouvé et trouve toujours du temps pour faire autant de choses.
Née dans une famille de sportifs, Chantal Mouthoo, la s?ur de Désirée Lepoigneur (présidente du CNFVB et ancienne internationale), n?est pas de celles qui chôment.
Dans sa jeunesse, du moins au début, car chez elle ça dure plus longtemps que chez les autres, elle s?était lancée dans l?athlétisme. Un peu de javelot et de lancer du poids, elle se jette finalement dans le volley sans pour autant abandonner l?athlétisme. Malgré les études, Chantal trouve le temps pour sa passion qu?est le sport. Le volley prend finalement le pas même si elle trouve sa place au sein de la sélection nationale d?athlétisme.
Puis c?est finalement au sein du Prisons Officers Youth Club qu?elle commence à s?épanouir avant d?atterrir au Racing Club de Maurice en 1974. Et là, elle se fait remarquer et les portes de la sélection nationale s?ouvrent à elle.
Gauche ou droite, mêmes resultants
La particularité de Chantal c?est surtout sa capacité à utiliser ses deux mains. En attaque, elle peut bluffer qui elle veut. Le pire cauchemar des contreurs en somme. « À un moment donné, je me souviens bien, les spectateurs pariaient sur quelle main j?allais utiliser pour attaquer », raconte-t-elle.
Bientôt un élément indispensable au sein de l?équipe nationale, elle participe aux JIOI de 1979 puis à ceux de 1985.
« Quelle grande fête ce fut ! Tout cela était tellement nouveau pour nous. En même temps, on formait un excellent groupe qui nous avait permis de décrocher la médaille d?or », se souvient-elle.
Quand la machine est lancée, on ne l?arrête plus. Chantal Rouxelin c?est une vraie bavarde. « On me dit que je parle trop », lance-t-elle. Non, Chantal, c?est juste que vous parlez beaucoup. C?est différent.
1988, nous voilà en Australie. Sa terre d?accueil. Comme tant d?autres Mauriciens, elle avait choisi d?aller chercher fortune chez les kangourous.
En moins de deux, mon carnet se retrouve entre ses mains. Et elle m?écrit son nom. Une première fois de la main gauche et l?autre de la main droite. L?écriture est identique. Chantal est ambidextre. Ce n?est pas cela qui est surprenant, mais sa spontanéité. Sa s?ur, Désiree Lepoigneur, intervient : « Une fois elle m?a envoyé une lettre écrite de la droite vers la gauche et à l?envers. Si elle ne m?avait pas appelé par la suite je n?aurais pas su comment la lire. C'est-à-dire à l?envers », raconte-t-elle en éclatant de rire.
Trois buts en une saison
L?Australie n?est pas forcément le pays du volley. Mais Chantal garde malgré tout contact avec le ballon à l?époque. « Je m?étais trouvé une équipe peu après mon arrivée. Mais le niveau était moyen. À Maurice, nos équipes de première division étaient bien meilleures », explique-t-elle.
Peu après, la volleyeuse s?essaie au foot et elle y prend goût. Aujourd?hui, Chantal joue toujours au sein de l?Endeavour Hill Soccer Club. « Je ne suis pas uniquement joueuse. Mais j?assume également le rôle de team manager en sus de siéger au sein du comité directeur du club », affirme-t-elle.
Chantal n?occupe pas n?importe quel poste au sein de son club. Cette grand-mère est gardienne de but ! Ce club de l?État de Victoria est manifestement bien structuré avec quatre équipes, une section junior, une autre pour les dames, deux équipes seniors et une dernière pour les +35 ans.
C?est entourée de jeunes de 18 à 22 ans qu?elle joue au foot, Chantal. La saison dernière, le club a gagné sa promotion pour la Premier League après une saison sans faute. « On a joué 20 matches et on n?a rien perdu. C?était parfait », lance la gardienne de but qui n?en a pris que trois l?année dernière.
Fan de Newcastle United, elle a même visité le terrain des Magpies et n?a pu s?empêcher d?emporter avec elle un morceau de la pelouse.
Etant tombée dans la marmite dès son plus jeune âge, Chantal a transmis sa passion à son fils Nicolas. Et la suite est tout à fait logique. « Ma petite-fille, qui n?a que sept ans, m?a dit la dernière fois : « when I?ll be 15, I?ll play soccer like my dad » », avoue super mémé?
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