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?Mâ Ravane? au mille battements de nos sens
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?Mâ Ravane? au mille battements de nos sens
Quand la troupe Talipot met la ravane en scène, c?est au plus profond de notre être que résonne la peau du tambour. Mâ ravane saisit notre c?ur et notre esprit, notre corps tout entier et nous transporte dans ce monde imaginaire que la troupe a créé autour de cet instrument vivant, chargé d?âme et d?histoire. Evoquant tantôt la lune, tantôt le masque ou le chapeau de paille, les ravanes dansent le séga avec une telle légèreté qu?on les croirait en apesanteur. Elles procurent des frissons et des sentiments aussi divers que le rire, les larmes, l?admiration ou la peur. Elles éveillent nos sens.
Jeudi soir, à la salle des fêtes du Plaza, Prema, Michael, Njiva, Hery, Yannick, Thierry, Pascal, Cledy et Thabo, venus du Sri Lanka, de Madagascar, de La Réunion et de Maurice, chacun transportant ses propres expériences, son histoire, sa culture et ses influences, ont offert un spectacle haut en couleur. Spectacle qu?ils vivent et transportent du plus profond d?eux-mêmes, mis en scène par Philippe Pelen Baldini. Au c?ur de cet art métis, chaque artiste s?enrichit de sa propre culture et de ses rencontres pour mettre en scène la ravane en tant qu?espace imaginaire au carrefour des mondes, des temps, des cultures, des arts et des parcours humains.
Mâ ravane nous donne rendez-vous autour de cet instrument emblématique de l?île Maurice empreint d?histoires, d?héritages, de souffrances et de joies, instrument qui fait notre identité nationale et régionale, mais qui disparaît aussi peu à peu. Hommage à cette mère ravane qui nous emmène dans un voyage autour de l?océan Indien à la redécouverte de nos identités.
Cette mère féconde et nourricière, origine de la vie qui nous transporte vers nos racines et ramène la mémoire de nos ancêtres oubliés. Tout au long du spectacle, la ravane rassemble, émeut, fait danser les corps, rappelle les ruptures douloureuses de notre histoire qu?elle essaye de transcender pour amener la joie et la fête. À l?image de cette quête identitaire complexe des hommes métis et déracinés qui essayent de transcender leurs conflits intérieurs et les souffrances du passé et du présent pour s?accomplir aujourd?hui et atteindre la liberté.
Plonger au coeur du métissage
Ce spectacle aux multiples facettes, riche en sonorités est le produit d?un métissage évoquant le monde métis de l?océan Indien dans lequel nous vivons. Que ce soit au niveau de la musique, des instruments, des danses, des chants, des langues, des corps, des influences, des imaginaires, ce spectacle est un métissage né d?une recherche artistique mais aussi d?une aventure humaine faite de rencontres et d?échanges.
À la ?recherche du patrimoine culturel commun à l?océan Indien?, Philippe Pelen Baldini nous plonge au c?ur du métissage, à la recherche de l?essence de nos cultures, des filiations entre nos îles, filiations que nos esprits ont oubliées mais dont nos corps se souviennent. Forts et sensuels, puissants et fins, les corps, lieux de mémoire et d?héritage ont été interrogés, les artistes ont fait un véritable travail de recherche pour aller chercher au plus profond d?eux-mêmes cette énergie vitale, leur essence, leurs racines restées si longtemps enfouies dans la mémoire de leur corps, pour les faire ressortir sur scène et véritablement accoucher d?eux-mêmes dans ce spectacle où ils se livrent à nous, à nu, en toute sincérité.
Ce spectacle multidisciplinaire, allie dans l?harmonie du métissage la danse, le chant, le théâtre, la poésie, le conte, la musique, les ombres chinoises, mais il met également en scène des cultures et des hommes aux influences métisses et diverses. Ils parlent créole mauricien et réunionnais, français, imerina et betsimisaraka, tamoul, sanscrit, des langues imaginaires et le langage du corps. La ravane est au c?ur du spectacle avec, à ses côtés, des instruments aussi divers que la maravane, l?harmonica, la guitare, la flûte, le bobre, la vali malgache, les salangai tamoules et des petites percussions balinaises.
Comment définir une telle prestation : ?un poème sonore et vocal; une chorégraphie de la parole ; un théâtre de la danse.? Ce spectacle s?adresse à tous, ?ancêtres, comme bébés à venir?. Chacun en sortira une émotion et recevra le spectacle au plus profond de lui. La ravane tisse un ?lien entre tous les hommes et femmes, mais aussi entre tous les mondes, visibles et invisibles?, selon Philippe Pelen Baldini.
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