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Municipales : quand la gauche déclenche un séisme politique

20 mars 2008, 00:00

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Un an après les élections présidentielles et législatives, les Réunionnais etaient convies aux urnes les 9 et 16 mars. Il s?agissait d?élire les maires et de renouveler une partie des conseillers généraux.

Sur le plan national l?année dernière, Nicolas Sarkozy était plébiscité, élu président de la République à 53 % et dans la foulée les députés ont bénéficié de cette vague bleue, couleur de l? Union pour un mouvement populaire (UMP).

Depuis, l?eau a coulé sous les ponts? La politique de Sarkozy s?est avéréé impopulaire et a changé la vague bleue en vague rose, couleur du Parti Socialiste. Première conséquence du verdict des urnes : Nicolas Sarkozy a annoncé un remaniement du gouvernement (voir page16).

Il faut dire La Réunion, le contexte est différent. Nicolas Sarkozy est un président de la République «imposé», c?est-a-dire que les Réunionnais ne l?ont pas choisi. Le département d?outre-mer avait, pour rappel, voté au deuxième tour à plus de 63 % pour la candidate socialiste Ségolène Royal. Les candidats socialistes aux municipales et cantonales croyaient donc bénéficier de cet «effet Ségolène».

Petite erreur d?appréciation. Si les Réunionnais ont voté à gauche, ce n?est pas le Parti Socialiste qui sort grand vainqueur de ces dernières élections. Le Parti Communiste Réunionnais (PCR), donné pour mort, a créé la surprise. La «stratégie de rassemblement» a fonctionné.

Résultat des courses , la droite perd neuf villes, et pas des moindres. Il lui reste , UMP et divers droites confondus, dix communes : six pour le Parti Communiste Réunionnais, cinq pour le Parti Socialiste, deux pour le Mouvement Démocrate (MoDem), nouveau parti centriste, et une pour la gauche diverse.

Attitude de béni oui-oui</B>

Les électeurs n?ont pas hésité à sanctionner les ténors de la droite dans leurs communes. Ainsi, le président de l?UMP local, René-Paul Victoria a dû laisser son fauteuil de maire de Saint-Denis (chef- lieu de La Réunion et plus grande ville outre-mer) à Gilbert Annette, secrétaire fédéral du Parti Socialiste.

Le secrétaire départemental de l?UMP local, Jean-Luc Poudroux, à la tête de la commune de Saint-Leu depuis ans, s?est incliné devant Thierry Robert, candidat du MoDem soutenu par le PCR.

A Saint-André, c?est un séisme politique qui s?est produit. L?événement a retenu toute l?attention des Réunionnais. Le sénateur Jean-Paul Virapoullé, indétrônable de-puis 37 ans à la mairie de Saint-André, a perdu sa couronne. Le jeune candidat Eric Fruteau (PCR) et sa liste de rassemblement l?ont remporté au deuxième tour avec 58 % des voix.

Après 40 ans de gestion de droite, la grande commune de Saint-Paul a basculé à gauche. La député communiste Huguette Bello, femme de poigne, a mis en échec le maire sortant Alain Bénard. Première femme député de La Réunion, elle devient aussi l?unique femme élue maire.

Trois tendances se sont exprimés lors de ces élections. Dans une dizaine de communes, la population a voulu continuer la politique engagée par les maires quelle que soit leur étiquette politique.

Dans les communes où le peuple a exprimé une volonté de changement, ce sont soit des anciens maires de gauche qui ont été rappelés, soit de jeunes candidats qui ont été choisis. A l?exception de Saint-Paul, où Huguette Bello a fait ses preuves en tant que député.

<B>La droite divisée</B>

Les maires de droite non-réélus sont de fervents représentants du gouvernement Sarkozy. Les électeurs ont jugé ces candidats aussi bien sur la gestion de leurs communes que sur l?attitude de béni oui-oui face au gouvernement.

Ils ont accepté sans rechigner le budget de l?outre-mer revu à la baisse, les attaques contre les droits sociaux, le système de santé, la mobilité, le personnel précaire de l?éducation nationale, les fonctionnaires.

Pour les élections cantonales,18 conseillers généraux sur 25 devaient être renouvelés. L?enjeu était important car la principale compétence du Conseil Général consiste à mettre en oeuvre la politique sociale.

La nouvelle composition du Conseil Général est déterminante pour l?orientation de cette politique. La forte représentation de la droite laisse place à une majorité de justesse, 22 sièges, contre 21 pour la gauche, trois pour le MoDem et trois pour les «sans étiquette».

Mardi dernier, les tractations allaient bon train pour déterminer les candidatures à la présidence de cette nouvelle assemblée. Nass-imah Dindar, présidente du Conseil Général depuis 2004, réélue dans le premier canton de Saint-Denis, conseiller politique à l?UMP en charge de la diversité, présidente du comité outre-mer du Grenelle de l?environnement, est bien décidée à rester à la tête de la collectivité. La droite divisée suivra-t-elle Nassimah Dindar pour cette nouvelle mandature ? Réponse aujourd?hui.

<B>Edith POULBASSIA</B> <I>(de La Reunion)</I>

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