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Municipales françaises : La droite craint de voir rose?

8 mars 2008, 00:00

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Premier test national pour l?exécutif, les municipales et cantonales des 9 et 16 mars s?annoncent périlleuses pour la droite, qui redoute le couperet d?un vote sanction dix mois après l?avènement de la «rupture».

Caressant le prudent espoir d?une onde rose après la déferlante des élections régionales de 2004, la gauche ambitionne de renforcer son ancrage local à défaut d?accélérer son redressement national.

La majorité présidentielle, qui pâtit de l?impopularité du président Nicolas Sarkozy et d?une conjoncture économique morose, affiche des objectifs modestes : limiter les dégâts en regard de l?embellie bleue de 2001 ? 35 villes de plus de 30 000 habitants ravies à la gauche. Une victoire ternie alors par la perte de Paris et Lyon.

Le Parti socialiste (PS), en quête d?un second souffle, s?estime en mesure de conquérir trente des 47 cités de plus de 20 000 habitants perdues en 2001. Mais les responsables du parti, François Hollande en tête, refusent d?anticiper une victoire annoncée de crainte de démobiliser l?électorat.

Toulouse, Strasbourg, Quimper, Rouen, Caen, Chartres, Montauban, mais aussi Laval, Angoulême, Amiens, Saint-Etienne, Blois, Tarbes, Cahors, Le Havre, Dieppe : autant de villes qui pourraient passer au rose ou au rouge au soir du 16 mars. Un quasi rééquilibrage droite-gauche.

La gauche se prend à rêver de Marseille pour prise de guerre et des cadres UMP n?excluent pas en privé cette «catastrophe».

Bordeaux, où l?ancien Premier ministre Alain Juppé est donné favori, et Nice, où Christian Estrosi devrait succéder à Jacques Peyrat, resteraient alors seules ancrées à droite parmi les dix premières villes de France.

La droite a misé sur l?ouverture en ralliant sur ses listes un millier de transfuges venus notamment de la gauche et du MoDem dans les villes de plus de 10 000 habitants : elle brigue ainsi Angers, Belfort, Chaumont ou Chambéry.

Avec 20 des 22 régions sous son contrôle, le PS, qui devrait s?arroger d?autres départements, vise «une forme de cohabitation territoriale» au risque de s?engourdir dans les limites d?un «socialisme municipal» fermé à toute destinée nationale.

«Il ne faut pas se servir du scrutin pour bâtir un contre-pouvoir mais montrer des capacités de résistance à la base. Si ces élections sont un carton jaune, le pouvoir devra tenir compte de cette colère», explique Pierre Moscovici.

<I>«Le Parti socialiste est en quête d?un nouveau souffle(?) mais les responsables du parti, François Hollande en tête, refusent d?anticiper une victoire annoncée de crainte de démobiliser l?électorat»</I>

Les attentes déçues de l?électorat de Nicolas Sarkozy, principalement au sein des classes populaires, devraient de fait peser dans les urnes à la mesure de la désillusion née de l?érosion manifeste de son pouvoir d?achat, thème sur lequel le chef de l?Etat avait polarisé sa campagne.

La surexposition médiatique de la vie privée du président, son incarnation parfois peu orthodoxe de la fonction ajoutent au désarroi, qui pourrait se traduire par une abstention à droite, phénomène récurrent dans les scrutins locaux.

«Nicolas Sarkozy a été élu pour cinq ans et n'est pas candidat à ces municipales. On ne peut donc pas s'en servir comme d'un ?punching-ball?», s'inquiète Nadine Morano, porte-parole de l?UMP.

A entretenir la confusion sur sa stratégie ? une politisation d?enjeux locaux ? ?, l?exécutif a pris le risque de susciter un référendum sur le sarkozysme, tempéré par la popularité ascendante du Premier ministre, François Fillon. Au point que nombre de candidats ont remisé le logo UMP et pris diplomatiquement leurs distances avec l'Elysée.

Des analystes évoquent même une prime aux dissidents, alors que l'épisode rocambolesque de Neuilly (Hauts-de-Seine), ville qu'administra le président de 1983 à 2002, a jeté une lumière crue sur les lézardes naissantes de la forteresse sarkozienne.

Les 22 ministres et secrétaires d?Etat (dont 11 têtes de liste) qui iront à la bataille pourraient eux aussi en subir les conséquences, boucs émissaires aisés d?un électorat déconcerté et anxieux.

L?issue du scrutin n?aura pas d?incidence sur leur sort gouvernemental, d?autant que le scénario d'un remaniement au lendemain du 16 mars paraît écarté, mais un ministre battu s?en trouverait fragilisé.

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