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Motee Ramdass : ?Nous n?avons pas le droit d?imposer un contrôle des prix?

17 mars 2005, 00:00

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● <B> C?est une première votre présence à cette journée mondiale des droits des consommateurs?</B>

Cela ne fait que deux mois depuis que je suis à la tête de ce ministère, je ne peux donc répondre que pour moi. Cette décision est motivée par mon intérêt à conscientiser les consommateurs sur leurs droits.

Nous vivons malheureusement dans une société qui consomme beaucoup. Il est donc primordial pour les consommateurs de connaître leurs droits et de se protéger de tout abus. Et cela, qu?ils soient au bas de l?échelle ou un très riche consommateur.

● <B> Quel agenda avez-vous défini pour cette journée ? </B>

Nous n?avons pas voulu être prétentieux. Mais il y a eu le lancement d?un site web. Il y a aussi une campagne médiatique assez importante pour que le consommateur mauricien soit plus réceptif à tout ce qui le concerne.

● <B> Vous parlez de droits? vous devez savoir que la plupart des consommateurs préfèrent ne pas porter plainte en cas d?abus auprès du ministère, ceci pour éviter les procédures jugées trop longues? </B>

Je suis au courant de cet état de chose. J?ai déjà enclenché une procédure pour essayer d?éliminer cette bureaucratie trop lourde. C?est aussi une question de mentalité qui doit changer.

● <B> Nous notons aussi une volonté de collaborer avec les organisations de consommateurs. Comment voyez-vous le rôle de la société civile dans la protection de leurs droits ? </B>

Je crois qu?il y a une bonne partie de notre population qui est encore ignorante de ses droits, soit par paresse ou par désintéressement. Cette journée est l?occasion pour tout un chacun de prendre conscience que peu importe ce qu?il achète, que ce soit un pain ou une pierre précieuse, il faut s?assurer que le service offert est honnête.

● <B> Les consommateurs, surtout ceux au bas de l?échelle, sont les plus durement touchés par les hausses de prix. Pensez-vous qu?il faut rétablir le contrôle des prix sur certains produits de première nécessité comme le réclament les associations de consommateurs ? </B>

Je ne vais pas être démagogue, mais je vais vous dire que Maurice est signataire de plusieurs accords, dont celui de l?Organisation mondiale du commerce. Et faisant partie de cette globalisation, nous n?avons pas le droit d?imposer un contrôle des prix. Cela dit, il est de notre devoir de protéger les plus démunis. Par conséquent, tout abus non justifié sera sanctionné.

Et je me réserve le droit, en accord avec le cabinet, bien sûr, d?imposer un contrôle pour que ceux qui se trouvent au bas de l?échelle ne soient pas pénalisés.

●<B>Dans ce contexte de libéralisation du commerce, quelle est la place du petit consommateur ? </B>

Ça c?est un grand débat. Personnellement, je pense que la globalisation fait du mal, mais malheureusement, nous n?y pouvons rien.

C?est une politique internationale à laquelle nous devons nous souscrire. Mais les petits consommateurs ne doivent pas pour autant laisser leurs droits les plus élémentaires être bafoués.

● <B> Les consommateurs ont la perception que c?est le secteur privé, donc les commerçants qui dictent la politique du gouvernement en matière de prix?</B>

C?est en partie vrai. Dans le monde entier, ce sont les grandes multinationales qui gèrent en quelque sorte ce secteur. L?état impose certains règlements?mais les multinationales dictent également leurs lois. C?est un mal nécessaire et il est donc important d?arriver à un équilibre dans l?intérêt de tous.

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