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Moralité politique
La défaite d?Alain Juppé, maire de Bordeaux, aux élections législatives françaises fut la principale nouvelle de cette soirée du dimanche 17 juin. La brochette de personnalités politiques nommées ministres mais qui avait aussi relevé le gant d?être candidats à ces élections, l?avait fait en acceptant l?exigence de leur Premier ministre, M. Fillon, que tout candidat battu démissionnerait comme ministre. Cette exigence a donc immédiatement entraîné la démission de M. Juppé, et l?obligation pour son Premier ministre de former un autre gouvernement.
Une différence de taille dans nos lois constitutionnelles fait qu?une telle situation serait impossible chez nous, puisqu?à l?exception de l?Attorney General, seuls des membres du Parlement peuvent être nommés ministres.
J?ai toujours pensé que cette restriction mériterait un jour d?être remise en question. Je suis conscient que notre passé colonial nous a fait connaître des situations où des ?membres nommés? par opposition aux ?membres élus? ont pu paraître plus favorables aux colonisateurs plutôt qu?au peuple. Cette perception a eu pour résultat d?attribuer à toute ?nomination? dans le domaine parlementaire une connotation arbitraire et antidémocratique. Son exclusion obligatoire du Parlement a été étendue au cabinet.
Un petit pays comme le nôtre souffre indiscutablement d?un déficit marqué en ressources humaines. Il est des ministères qui, selon la conjoncture, peuvent nécessiter des aptitudes hors du commun. Il serait donc souhaitable que notre Constitution puisse permettre qu?entre deux ou trois de tels ministères puissent être confiés par le Premier ministre, sous sa responsabilité, à des citoyens ou des citoyennes disposés à servir leur pays.
Ce concept me paraît pouvoir s?ajuster à cet ensemble de principes rigoureux que l?on désigne comme de ?la moralité politique? en prenant le risque de s?entendre dire ici, avec Kouchner comme exemple... ?qu?il n?y a pas de moralité en politique ? !
Je persiste à croire qu?une telle nomination ministérielle obtiendrait de la nation une approbation plus générale et des félicitations plus méritées en comparaison de celles où les récipiendaires n?ont pour unique ?mérite? qu?un accident de naissance et pour triste limite qu?une représentation communale...
...Et, puisqu?on parle de moralité, comment ne pas mentionner ici, pour rappel et sans commentaire, ce marchandage non-républicain où l?on fit semblant de faire croire à l?électorat de chaque circonscription qu?il ne pourrait avoir ?les avantages? (quel aveu !...) d?une nomination ministérielle qu?à condition d?une triple victoire...
<B>GéA</B>
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