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Mon droit d?informer

4 février 2006, 20:00

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«Tout individu a droit à la liberté d?opinion et d?expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions? » Rappeler l?article 19 de la Déclaration universelle des droits de l?homme s?avère utile ici. Et pour cause?

La publication, dans notre dernière édition, des critiques émises contre le fonctionnement de la Commission des droits humains, présidée par Dheerujlall B. Seetulsingh, nous a valu une surprenante réaction qui est attentatoire à notre liberté d?expression.

Ce qui est grave. Encore plus grave quand le curieux réquisitoire contre notre journal, contre la personne de notre journaliste Érick Brelu-Brelu et contre moi-même en tant que rédacteur en chef, provient ni plus ni moins de la Commission mise sur pied pour veiller au respect des droits humains !

Nous sommes pleinement cons-cients que le droit d?informer, garanti par notre Constitution, a ses limites. Et nos codes civil et criminel prévoient des sanctions, allant à des peines de prison à des amendes de centaines de milliers de roupies, à l?égard de ceux qui abusent de leur liberté d?expression et qui nuisent aux droits fondamentaux des autres. Nos cours de justice se montrent sévères contre les délits de la presse (diffamation, injure, fausse nouvelle, « contempt »...). C?est une bonne chose.

À « l?express-dimanche », nous croyons en ces principes fondamentaux. Tout comme nous croyons que la libre communication des pensées et des opinions est l?un des droits les plus précieux de l?homme et d?une société démocratique.

C?est pour cela que nous exprimons notre étonnement et notre indignation devant le traitement infligé par la Commission des droits de l?homme à notre collègue jeudi (voir texte ci-contre). Convoqué comme témoin, notre journaliste est vite devenu accusé.

Son intégrité professionnelle a été attaquée, de même que sa personne. « Menteur », « incompétent », « alcool » et « drogue », les insinuations et les injures ont plu ? du verbe pleuvoir ? dans les locaux de la commission présidée par Dheerujlall B. Seetulsingh.

Nous ne contestons pas le droit de la Commission de « summon » des « witness ». Mais est-ce qu?elle a le droit de traiter, comme elle l?a fait ce jeudi, quelqu?un convoqué comme témoin « in order to help the commission concerning the complaint made for long delays in court before a case is heard » ? Non. Et nous nous réservons le droit de réclamer réparation.

Si la Commission et ses membres ne sont pas d?accord avec la teneur de notre article, si elle estime avoir été lésée de par les critiques qu?il contenait, elle a le droit et le devoir de porter plainte, de demander réparation devant une cour de justice. Sereins, nous assumerons tout ce qui a été publié, dimanche dernier, sous le titre « Le silence de la Commission ».

Si nous avons commis une infraction nous devons être prêts à en répondre devant les tribunaux compétents et dans le cadre de procédures garantissant les droits de la défense.

En attendant, nous estimons que la Commission des droits de l?homme ne peut être à la fois juge et partie, en usant de ses prérogatives contraignantes de convocation de témoin, pour insulter la presse et ses journalistes. De même elle ne peut prétendre être au-dessus de toute critique, alors qu?elle est investie d?une mission de service public (financée par les sous du contribuable) de la plus haute importance par les temps qui courent?

Qu?ils soient nommés par le président de la République, les membres de la Commission demeurent des serviteurs de l?État, au service des citoyens. Et à ce titre, ils ne peuvent rêver de n?entendre que le chant des courtisans, à l?instar de cet « avocat-universitaire », ni de s?arroger le droit de façonner leur image à leur guise, comme ce membre de la Commission qui prenait, jeudi dernier à 12 h 50, la pause devant un photographe de presse ! Avec ou sans la presse, les hommes et les institutions déterminent leur propre destin en façonnant de par leurs actions leur réputation.

Demain à 15 heures, je suis convoqué comme témoin « in order to help the Commission in relation to the complaints mentioned in the article ». Je me ferai un devoir de rendre compte aux lecteurs (les vrais juges de mes compétences) la façon dont les témoins sont traités par notre Commission des droits de l?homme?

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