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Mission impossible d?Irfan Rahman en Afghanistan
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Mission impossible d?Irfan Rahman en Afghanistan
Lorsque l?élaboration du registre électoral de l?Afghanistan aura été terminée, ce sera sans conteste une des missions les plus délicates à laquelle j?aurais participé sur le plan international en tant que commissaire électoral », assure Irfan Rahman.
Et pour cause, ce dernier est un des cinq membres de la Commission électorale provisoire à qui Kofi Annan, secrétaire des Nations unies, a confié la délicate tâche de donner à l?Afghanistan un registre électoral afin d?instaurer une démocratie.
Ils ont été nommés pour siéger, à côté de six Afghans, au sein de la Commission électorale provisoire mixte dont le vice-président est Irfan Rahman. La présidence a été confiée à l?Afghan, Zakim Shah.
« Le but ultime de la démarche est de rendre possible les élections présidentielles en juin de l?année prochaine, suivie éventuellement d?élections générales. Mais avant d?en arriver là, il faut que la Constitution soit approuvée par la loya jirga, le grand conseil, vers le 10 décembre à Kaboul ».
L?instauration de la démocratie en Afghanistan est une véritable course contre la montre. Il va falloir instaurer un concept étranger à des traditions bien ancrées. « L?Afghanistan est une société islamique conservatrice. Il va falloir trouver une formule qui tient compte de la spécificité du pays. La démocratie qui naîtra en Afghanistan doit se faire avec la participation de la population. »
Un des plus gros obstacles à franchir est la détermination du nombre exacte de la population afghane. Jusqu?ici, il n?existe aucune statistique. Il n?y a que des estimations, reconnaît Irfan Rahman. Les Nations unies estiment la population afghane à 25 millions environ. Il faut ajouter à ce chiffre un nombre encore non déterminé d?Afghans qui vivent actuellement comme réfugiés en Iran et au Pakistan tout particulièrement. Leur retour constituerait une autre difficulté que la commission devra gérer.
Seulement 10 % de femmes enregistrées
Et ce n?est pas tout. Il y a des zones où à cause du manque de sécurité, les personnes mandatées par les Nations unies ne peuvent aller. On éprouve également des difficultés à enregistrer toutes les femmes, surtout dans les provinces. Selon une estimation, seulement 10 % de l?électorat féminin serait répertorié. « À Kaboul, il est moins difficile d?enregistrer les électrices », explique Irfan Rahman.
La route vers la démocratie afghane est parsemée d?embûches sur le plan politique et social. Ces dernières années, la situation politique et sociale a été bouleversée par deux coups d?État, des guerres civiles et des perturbations sociales.
En 1979, l?Afghanistan est envahie par l?Union soviétique qui est obligée de se retirer dix ans après face à la résistance des forces anticommunistes dirigées par les moudjahidin. Ces forces étaient soutenues, entre autres, par les États-Unis, l?Arabie Saoudite et le Pakistan.
Après le départ des Soviétiques, des guerres intestines vont surgir entre les différentes factions des moudjahidin. En 1996, le pouvoir passe aux mains des chefs du mouvement islamique des taliban. En novembre 2001, le pays est envahi par une force de coalition internationale dirigée par les États-Unis. Cette attaque militaire fait suite au refus des taliban de livrer Ousama Ben Laden soupçonné d?être la tête pensante des attentats terroristes du 11 septembre 2001 contre les États-Unis.
Le pays est aujourd?hui placé sous la direction d?un gouvernement provisoire dirigé par le président Hamid Karzai. Il est soutenu par les forces de la coalition se composant des États-Unis et de certains pays européens.
Après l?instauration d?une démocratie en Afghanistan, il va falloir s?attaquer à une autre priorité, la remise sur les rails de son économie. Et ce ne sera pas facile. « C?est l?un des pays les plus pauvres de la planète. À mon arrivée, j?ai été envahi par une grande tristesse. La pauvreté est partout. Cette pauvreté frappe surtout les enfants. Cela m?a fait penser à la chance que nous avons à Maurice. Nos difficultés ne sont rien à côté de celles que doivent affronter les Afghans », déclare Irfan Rahman.
L?Afghanistan, qui est plus de 900 fois plus étendue que Maurice, a très peu de ressources naturelles. C?est un pays montagneux et enclavé qui n?a aucun accès à la mer. Sur les deux tiers de son territoire, il n?y a presque pas de végétation. Il dépend de l?aide internationale, de l?agriculture, de l?élevage et du commerce avec les pays voisins.
Au moment où l?île Maurice se prépare activement à l?élection partielle du 21 décembre, Irfan Rahman devra statuer avec ses pairs de la commission électorale provisoire mixte pour permettre à l?Afghanistan d?avoir des élections démocratiques.
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