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Ministres :Quelle performance ?
Rama Valayden, le solidaire
Malgré le fait que Rama Valayden soit l?unique ministre à ne pas avoir été élu ? d?où sa courte période de réflexion avant d?accepter l?offre de Navin Ramgoolam, il demeure celui qui incarne le plus le slogan de proximité de l?Alliance sociale. S?appuyant sur le rapport McKay, le ministre de la Justice et des droits de l?homme, dès ses premiers jours, a annoncé un bouleversement au sein du judiciaire tout en conservant son approche populiste.
Multipliant les consultations avec d?éminents experts étrangers pour des sessions de travail et de sensibilisation auprès des représentants du judiciaire, Rama Valayden travaille toujours dans la concertation. Il a su ainsi gagner le respect de tous ceux qu?il côtoie, malgré ses antécédents politiques au sein du MR.
Cet homme, dont les convictions politiques lui avaient valu une réputation peu louable pour un ministre de la Justice, s?est refait une image. Oeuvrant à rendre le judiciaire plus accessible au peuple, ses campagnes de vulgarisation (distribution de copies de la Constitution) sont très appréciées.
Toutefois, alors que son prédécesseur faisait valoir une aura d?inaccessibilité autour de son bureau, Rama Valayden peine à conjuguer sa politique de proximité avec les exigences de ses fonctions de ministre. C?est dans ce sens qu?on lui reprocherait le manque de discipline entourant les visites de ses mandants à son bureau au 4e étage du Renganaden Seeneevassen Building. Malgré cela, il demeure à l?écoute de sa base et entend chaque mercredi les doléances d?environ 150 personnes, à Rose-Hill.
Mais depuis le dernier exercice budgétaire, le fougueux Rama Valayden, proche du petit peuple, demeure silencieux. Un silence diversement commenté. Si certains avancent que son parti serait inconfortable avec les mesures impopulaires imposées par Rama Sithanen, d?autres confient qu?il lui a été demandé de ne pas se désolidariser de l?équipe gouvernementale en ces jours difficiles?
Rajesh Jeetah, le naïf
«Le lait coûte aujourd?hui si cher que bon nombre de Mauriciens en sont réduits à ne consommer que du dite pir. » Cette phrase de Rajesh Jeetah résume la préoccupation principale du ministre de l?Industrie et du Commerce. Cet ancien professeur d?université, qui devient ministre pour la première fois, est un émotif qui cherche à résoudre toute la misère du monde. Et il s?en croit capable.
C?est animé de cet esprit qu?il s?attaque à un dossier symbolique moins d?un mois après sa prestation de serment : le contrôle des prix. Les fabricants et distributeurs de lait sont alors visés en premier. Leurs prix sont gonflés, estime le ministre qui s?empresse, dans la foulée, de leur imposer une marge de profits maximale? pour ensuite donner le feu vert à l?importation de lait en provenance d?Inde.
Près d?un an après, devant le peu d?engouement suscité par le goût et le prix du lait indien Amul, les importations ont cessé. Alors que certains commerçants ont carrément décidé de ne plus vendre du lait car ils le feraient à perte.
Jeetah fait en effet du social au commerce. Toute son action a pour seul objectif le bien-être de la population. Et gare à ceux qui osent remettre en cause cette approche. Parmi ses collaborateurs, nombreux sont ceux à lui reprocher son approche trop « populiste ». Si une réserve est émise sur ce que veut faire le ministre, l?interlocuteur est immédiatement taxé d?être une personne qui ne comprend pas les préoccupations des ti-dimounes.
Paradoxalement, c?est quand Jeetah se préoccupe un peu moins du grand public pour se concentrer sur les entrepreneurs du pays qu?il produit le plus de résultats concrets. Son côté foncièrement pro-PME est très apprécié par ses interlocuteurs. Ce qui n?empêche pas la majorité du secteur privé d?avoir une piètre opinion de sa performance comme ministre.
Mais certains résultats sont là, notamment le programme d?Outreach pour aider les futurs petits entrepreneurs du pays par le biais d?un réseau d?information et de conseil décentralisé. Jeetah veut faire avancer la cause des PME.
Sa gestion évolue. Passée une période d?interventions intempestives à la Small Enterprise and Handicrafts Development Authority et à Enterprise Mauritius (EM), Jeetah laissera ces deux organismes gérer leurs activités de manière autonome.
Dans le cas d?EM, c?est la présence d?un Amédée Darga, respecté et écouté par Jeetah, qui convaincra le ministre de laisser l?organisation décider de sa propre politique. Une situation qui inspire une boutade à un des interlocuteurs privilégiés de Jeetah. « C?est un agneau qui court dans tous les sens. Il lui faut au moins un berger pour le maintenir sur le bon chemin. »
Satish Faugoo, le timoré
«Le ministère de la Santé est un ministère bien compliqué et bien difficile à gérer. Il concerne la vie des gens. On n?y a pas droit à l?erreur. » Ce constat sans équivoque et réaliste d?Ashock Jugnauth donne la mesure de la mission qui attendait Satish Faugoo lorsque le fauteuil de la Santé lui a été confié. Difficile et compliqué, les faits vont le prouver.
Le premier dossier que Satish Faugoo va traiter concerne l?annulation du contrat d?engagement de 198 Health Care Assistants. Une décision qui a débouché sur un mouvement de protestation et de grève de la faim. Ce n?est qu?en février 2006 que l?affaire a été réglée, après un jugement favorable au ministère de la Santé.
Un autre incident concerne la mutation de la Permanent Secretary Ramajanee Veerapen de la Santé au ministère des Droits de la femme, lors de la valse des fonctionnaires marquant l?entrée en scène d?un nouveau du gouvernement.
Faugoo a plaidé pour le retour de celle-ci à la Santé, en raison de son efficacité. Une sage et juste décision.
Satish Faugoo n?a pas dérogé à une règle que ses prédécesseurs dont Ashock Jugnauth et Kishore Deerpalsingh ont appliqué avec rigueur. Un ministre de la Santé doit faire montre d?autorité voire d?autoritarisme et de détermination. Cette caractéristique a valu à Kishore Deerpal-singh une appréciation sensible parmi les malades. « Il est brillant et rigoureux », confie un de ses collaborateurs. « Son expérience de magistrat lui est bénéfique dans la préparation des textes de loi et autres règlements à son ministère », ajoute-t-on.
Deux projets retiennent l?attention, les travaux à l?hôpital Jeetoo qui traînent depuis 1991 et le projet de loi sur la transplantation d?organes. De même, la récente publication du premier rapport National Health Accounts, en vue de rationaliser le financement des soins, a été bien accueillie.
Le chikungunya perturbera toutefois l?assurance de Satish Faugoo. Le nombre de personnes affectées par le chikungunya avancé par le ministère a été sévèrement contesté par des médecins du privé, preuves à l?appui. L?autre point noir de l?administration Faugoo est le traitement arbitraire infligé à trois médecins indiens accusés d?indiscipline. Ce problème a failli provoquer un incident diplomatique. Mais dans l?ensemble, il laisse une meilleure impression que lorsqu?il était affecté au Logement?
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