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Minakshi fait vivre le hindi
Le hindi n?est pas sa langue maternelle ; elle a pourtant impressionné ses spectateurs à New Delhi, à Lucknow, à Orissa, à Bombay. C?est dire si son expression est éprouvée. Autant que l?est sa capacité à passer d?une mimique à l?autre. Avec une facilité de professionnelle, Minakshi Gobin-Thannoo, joue l?espiègle puis la contrariée, avant d?afficher l?air incrédule ou coléreux.
A 29 ans, Minakshi, Sheila pour ses proches, est une jeune fille moderne qui, toute artiste qu?elle est, sait pertinemment bien qu?elle ne pourra vivre la tête dans les nuages. Deux fois la semaine, elle passe l?après-midi sur les bancs de l?université et elle aura complété en mai une maîtrise de sociologie. Toutefois, sa vie reste rythmée par la scène. Creative Arts Officer au ministère des Arts et de la culture, elle fait du théâtre depuis le collège et apprend le sitar au Mahatma Gandhi Institute tous les samedis.
Le goût pour la culture et la langue en particulier est sans doute familial. Avec trois tantes enseignantes de hindi, Minakshi pouvait difficilement ne pas être contaminée. A l?enseignement scolaire de la langue ? du primaire au secondaire ? supplée celui dispensé au Hindi Pracharini Sabha, institution de promotion de la langue. Cette longue exposition fait que la langue devient une expression naturelle.
Naturelle au point d?impressionner son enseignant de hindi en Form VI au collège d?Etat Droopnath Ramphul. Il lui suggère de mettre à l?épreuve cette aisance à l?occasion du National Drama Festival (hindi). Sa première prestation dans le rôle d?une voleuse démasquée la révèle. Elle décroche le prix de la meilleure actrice. «Dès le début, je me suis sentie à l?aise sur scène car j?étais aux commandes. Je sentais que je pouvais me donner à fond, rien que pour le plaisir de jouer la comédie. Les textes en hindi me venaient tout naturellement. C?était presque de l?automatisme. Cela a toujours été ainsi», confie-t-elle.
AU FESTIVAL DE THÉÂTRE INTERNATIONAL
En obtenant le poste de Creative Arts Officer, elle conserve le contact avec la scène qui en fera une professionnelle. Sa fonction consiste à aider à l?organisation des séminaires résidentiels de théâtre au niveau régional, de même que toutes les étapes menant au National Drama Festival. A chaque fin d?année, quand les officiers dudit ministère concoctent une pièce pour les gagnants du National Drama Festival, toutes sections confondues, elle a l?occasion de remonter sur scène. Mais elle a fait mieux.
L?an dernier, Mahesh Ramjeawan, Senior Arts Officer, l?invite à participer à un festival de théâtre international se déroulant en Inde, le Bharat Rang Mahosav. Il cherchait une comédienne pour jouer un rôle dans sa pièce, intitulée Ek Mouthi Mawt signifiant Mort Subite. Minakshi interprétera quatre petits rôles dans cette pièce qui raconte la vie d?un chômeur. La troupe se rend en Inde et se produit à New Delhi et à Lucknow. «J?avais un peu le trac parce que je savais que j?allais jouer devant les formateurs de mes collègues puisque la majorité des officiers du ministère sont formés en Inde. J?ai pu m?en sortir du fait que je n?étais pas sur scène de façon permanente.» C?est cette même pièce qui est présentée au Port-Louis Theatre Festival en août 2002.
Satisfaite de l?expérience, elle est, une fois de plus, partante à la fin de l?année dernière lorsque Mahesh Ramjeawan fait appel à elle pour camper cette fois un des principaux rôles dans sa pièce Jay Charandas Ki ou Vive le Roi. «C?est un rôle difficile parce que je dois interpeller les membres du public et leur demander de venir prendre la place du Roi. L?acteur qui joue ce rôle est assis parmi eux dans la salle. De ce fait, je dois à la fois dialoguer avec les spectateurs pour les encourager à monter sur scène pour agir comme Roi, tout en les décourageant de le faire». La pièce reçoit un très bon accueil à New Delhi, Lucknow, Orissa et Bombay.
Faire du théâtre sa carrière ? Minakshi hésite? «Comment en faire son gagne-pain quand les gens ne se déplacent que lorsque la pièce est gratuite ! En Inde, que les pièces soient payantes ou pas, les gens vont au théâtre car cet art est ancré dans leurs moeurs. Ici, quand Jacques Weber joue au théâtre du Plaza, il fait salle comble. Mais une pièce en
hindi? », déplore-t-elle. Si elle réfléchit encore à son avenir professionnel, elle est quasiment certaine qu?il lui faudra faire de la place pour le théâtre. «Je ne vais pas lâcher le théâtre. J?en tire énormément de plaisir. Et cela me donne davantage d?assurance pour communiquer en public».
Il reste une occasion, jeudi prochain, de voir Minakshi sur scène. Si vous la ratez, il faudra attendre? mi-2004. «Je renouerai avec le théâtre qu?après mon examen final l?an prochain,» prévient-elle.
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