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Mimosa Studio : Tout Mauricien est un petit ?Daguerre?

8 septembre 2004, 20:00

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Un Mauricien sur cinq possède, en 1979, un appareil photographique. L?année précédente, les Mauriciens ont dépensé Rs 3 millions dans l?achat de rouleaux de film et dans l?impression des photos, soit 200 rouleaux vendus par jour et 5 000 photos imprimées dans quatre laboratoires couleur. Engouement récent. 1975 voit l?installation du premier laboratoire, Colorlab Ltd, à Rose Hill. Deux ans après, la couleur remplace le blanc et noir.

Jean Pierre Lan Yee Chiu, directeur du Mimosa Studio et de Colorlab, explique ce changement par la mise au point de films couleur économiques et de qualité. Le manque de matériels, d?équipements et de savoir faire freine, au début des années 1970, le passage du blanc et noir à la couleur. L?investissement d?un million de roupies dans un laboratoire automatisé se révèle vite payant, en dépit d?un démarrage laborieux. Transfert de technologie oblige, Mme Gilberte Lan Yee Chiu, enseignante de chimie au Couvent de Lorette de Quatre-Bornes, doit suivre un cours de formation intensive en Allemagne. Un technicien allemand vient sur place former 14 employés de Colorlab. Le contrôle de qualité sera sévère et constant, avec des relevés réguliers de courbes sensitométriques, analysées ensuite en Allemagne, visites semestrielles d?inspecteurs allemands, participation à des séminaires internationaux, développement et montage de diapositives.

René Lan Yee Chiu, le père de Jean-Pierre, est un pionnier de la photographie au début du 20e siècle. Il crée, dans les années 1920, le Mimosa Studio. Une décennie plus tard, il maîtrise la technique du développement des films de 16 et de 9,5 mm, dont les célèbres Pathé Baby. Après la Seconde Guerre mondiale, il est un des premiers à commercialiser les films diapos et les appareils Polaroïd. Il lègue son esprit d?avant-garde à son fils.

La situation est moins colorée dans le reste de l?actualité de ce 9 septembre 1979. On n?y voit pas la vie en rose, en tout cas, pas dans le port. L?express accuse ce secteur de drainer nos devises étrangères. Rs 300 millions partent ainsi, en dollars, sous formes de surestaries (demurage fees) depuis le début de l?année, sans compter les inestimables inconvénients causés par les grèves successives, y compris celles dites de sympathie. Un exemple parmi tant d?autres : des travailleurs du port décrètent impropre à la consommation une cargaison de viande frigorifiée à bord du Eastern Trader et refusent de la débarquer. Elle repart pour l?Afrique du Sud où l?on décide de la vendre aux enchères. Le Syndicat des Sucre demande au port d?embarquer 425 000 tonnes d?ici le 31 décembre 1979. Une mission impossible, estime le port qui dit n?avoir reçu que 93 000 tonnes de ce volume au 31 août 1979. Au rythme d?embarquement enregistré en août, seulement 273 930 tonnes pourront être chargées d?ici la fin de l?année. Le rythme d?embarquement a chuté de 2 500 sacs de sucre par jour et par bande à 1 800 sacs et même à 1 200 sacs. Aucun litige n?existe pourtant officiellement entre le patronat et les syndicats. Les engagements, signés par la PLHDWU, ne sont pas respectés. Les adversaires du MMM qualifient le port de ?cancer de l?économie? et Paul Bérenger de ?source de tout mal?. Des travailleurs portuaires ne retrouvent leur énergie qu?en dehors des heures normales quand commencent les heures supplémentaires, disent-ils. Le gouvernement songe sérieusement faire appel à la DWC pour suppléer aux défaillances des travailleurs portuaires.

Pas une once de baume à l?horizon, malgré les 10 lots de consolation supplémentaires que le gouvernement consent aux veinards de la loterie verte, destinée initialement aux anciens combattants. Parallèlement, la part des veinards chutent de 70 à 40%, le premier lot de Rs 40 000 à Rs 30 000 et les lots de consolation de Rs 5 000 à Rs 3 500. La vente des billets verts rapportent à l?époque Rs 650 000 par tirage, dont Rs 125 000 pour le seul Consolidated Fund.

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