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Michael Wong, esquisses de l?âme mauricienne
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Michael Wong, esquisses de l?âme mauricienne
Il est de ces villes où manquer d?air devient art de vivre. La respiration de Michael Wong, elle, palpite au bout de son pinceau. Au gré des traits qui s?accélèrent ou qui s?apaisent, c?est sur Port-Louis que l?artiste soupire. Réalisme à la précision quasi-géométrique. Minimalisme aux teintes nuancées. Le peintre exposera une cinquantaine de ses tableaux du 16 au 23 août au KHT Hall, sis à la rue Joseph Rivière, en face de Sino Link, à Port-Louis. Aquarelles et dessins à l?encre de Chine sont regroupés sous l?en-tête : Mauritian Glimpses.
Citadin concerné, Michael Wong court après ?un grand nettoyage urbain.? Ici, la Citadelle recomposée se devine entre des lignes pâles et des buissons poussant dans le vide. Là, ce sont des repères de la capitale : les rues Volcy Pougnet, Labourdonnais et la Reine, qui, du bout de leur angles, se sont lavées de la pollution et de la circulation. ?Mon ?il-caméra est attiré par les vieilles bâtisses. Je suis curieux de l?architecture de Port Louis et cela m?a donné envie d?immortaliser des coins menacés par la modernité.? Au point de restituer sa maison natale lovée derrière la Jummah Mosque.
Qu?importe si la cité est également lieu de dangers. Ville où Michael Wong fut agressé en l?an 2000, dans les parages de la gare du Nord. Périmètre témoin de vols à répétition des tableaux du peintre. Un vécu qui a d?abord conduit l?artiste au renoncement. ?Je ne voulais plus toucher au papier et au crayon.? Mais comment rayer de son existence une passion née à l?âge de cinq ans chez cet homme qui en affiche aujourd?hui quarante.
A l?époque, sans respect pour ?le sol, les tables et les murs?, Michael Wong griffone ses envies d?enfant. Et même s?il ?accumule les fessées?, avec le recul, le peintre panse ses blessures en riant. ?C?était comme fouetter un cheval.? Pour canaliser son énergie, l?enfant participe à sa première exposition à l?âge de sept ans, à la municipalité de Port-Louis. Sa dernière sortie remonte à février 2003 à la Maison du Poète, à l?occasion de la conférence internationale de la diaspora chinoise. Poussant plus loin son aperçu de l?âme mauricienne, Michael Wong s?est aussi intérressé au Pieter-Both et au jardin de Pamplemousses et à Cap-Malheureux. Une partie des ventes de la présente exposition sera versée à Lizié dan la main et à l?Abri de nuit.
Aline GROËME
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