Publicité

Michael Glover président du Trust Fund for Excellence in Sports

23 février 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La bourse de haut niveau fut introduite en 1990 sous l?ère de l?ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Michael Glover. Il est actuellement président du Trust Fund for Excellence in Sports. C?est sans aucune hésitation, qu?il nous commente les failles du système actuel.

<B>C?est sous votre règne, comme ministre des Sports que la bourse de haut niveau fut introduite en 1990. Quel était l?objectif de ce soutien aux athlètes ?</B>

J?avais mis en place ce système pour pallier le manque de moyens financiers des athlètes. Il faut se dire qu?en 1990 et même en 95, nous n?avions pas les mêmes moyens financiers dont dispose le MJS aujourd?hui. Mais on a fait ce qu?on a pu. Que ce soit la bourse de haut niveau, ou l?argent qu?on donnait aux athlètes pour les médailles remportées, tout était revu chaque année. Le fait d?avoir établi plusieurs catégories comme le niveau régional, continental, intercontinental et mondial est une très bonne chose. Mais avec le système actuel, les athlètes sont devenus des fonctionnaires. La bourse leur est allouée sans aucun objectif précis. La formule actuelle est trop facile. On donne de l?argent aux athlètes pour une période indéfinie même si les résultats ne suivent pas.

<B>Comment donc remédier à la situation ?</B>

Il est important d?introduire un contrat d?objectif comme c?était le cas auparavant. Il y avait des objectifs précis comme lesJeux des îles de l?océan Indien, les Jeux d?Afrique, les Jeux de la Francophonie, du Commonwealth et éventuellement, les Jeux olympiques pour certains. La bourse tombait automatiquement après l?événement. Nous insistions sur les résultats. L?athlète savait donc, qu?en cas d?absence de résultats, l?aide était interrompue. Par ailleurs, il faut également offrir davantage ?d? incentives?, aux athlètes. Ceux qui réussissent à obtenir une qualification devraient avoir une ?incentive? en termes d?argent. Nous avons actuellement quatre athlètes de niveau mondial en athlétisme. S?ils arrivent à se qualifier que ce soit pour les championnats du monde ou les Jeux olympiques, il faudrait leur donner une première prime. Prime aussi à la qualification ainsi qu? à chaque fois qu?ils passent un tour dans un grand championnat. Dans le contexte actuel, il faut que Buckland, Milazar, Chimier ou Casquette gagnent une médaille pour qu?on leur donne de l?argent. Je trouve que pour un pays comme Maurice avoir deux ou trois athlètes en finale du Championnat du monde, c?est extraordinaire et ces gens-là doivent être récompensés.

<B>Pourquoi ne pas envisager également une prime pour chaque record national amélioré ?</B>

Par ailleurs, dans le cas de Buckland, je trouve aberrant que sa bourse ait été réduite de moitié, parce qu?il ne s?entraîne pas au Sénégal. Il faut voir ce qui se passe ailleurs, dans le monde. Quand la France donne des bourses olympiques à ses athlètes, la bourse ne change pas si l?athlète décide d?aller s?entraîner dans un autre pays ou de rester au bercail. Ce qui est important, ce sont les résultats. Je ne vois pas du tout comment on peut priver Buckland de Rs 10 000 additionnelles, sous prétexte qu?il s?entraîne à Maurice. C?est profondément injuste. Tous les athlètes doivent être traités sur un pied d?égalité.

<B>En sus de l?absence d?un contrat d?objectif que reprochez-vous d?autre au système actuel ?</B>

Il est anormal que les athlètes dépendent de l?entraîneur pour obtenir leurs bourses de haut niveau. S?ils sont appréciés par l?entraîneur, ce dernier les recommanderait même s?ils ne viennent pas à l?entraînement. Mais si l?entraîneur n?apprécie pas tel ou tel athlète, sa présence à l?entraînement n?est pas notée. On en a vu de ces cas. Je reconnais toutefois que le responsable des bourses de haut niveau au ministère veille au grain pour qu?il n?y ait pas d?abus.

<B>Ne pensez-vous pas que le critère social doit également être pris en considération dans l?allocation des bourses aux athlètes?</B>

La plupart des athlètes bénéficiaires de la bourse de haut niveau touchent entre Rs 1 000 et Rs 6 000. Pensez-vous que ce soit suffisant de nos jours ? Tout cela doit être revu. Il faut qu?eux aussi, ils soient automatiquement augmentés si le coût de la vie augmente. C?est logique. Les athlètes s?entraînent quand même beaucoup, à raison de cinq à six fois par semaine, à l?exception de certaines fédérations.

<B>Vous êtes le président du Trust Fund for Excellence in Sports? Comment la fondation peut-elle justement venir en aide aux athlètes ?</B>

Le rôle du Trust Fund est de donner, entre autres, une formation aux athlètes qui s?entraînent. Une fondation, c?est de l?argent qu?on met en banque et dont on utilise les intérêts rapportés par le capital. Pour le moment, nous avons peu d?argent; mais je suis assez optimiste parce que le Premier ministre a promis de nous trouver un gros sponsor.

<B> Le mot de la fin?</B>

Il faudrait de la transparence à tous les niveaux en ce qui concerne les bourses surtout celles données par la Solidarité olympique à travers le CNOM. Plusieurs athlètes bénéficient de ces bourses tournant autour de Rs 15 000 à 16 000 par mois et leurs résultats ne sont pas DU TOUT à la hauteur?

Publicité