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Meurtre de Lallmatie : la thèse de la sorcellerie privilégiée

6 février 2008, 00:00

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«Monn pik so lalang pou ki son nam pa koze.» C?est ainsi que Shyam Sooknauth, 30 ans, principal suspect du meurtre de Jairaj Jeea, a expliqué son geste lors d?un interrogatoire, hier. Il a déclaré aux enquêteurs qu?il a tué son ami afin d?offrir son âme à l?au-delà lors d?un culte qui lui permettrait d?obtenir de l?argent.

Le corps de Jairaj Jeea, 25 ans, a été retrouvé lundi matin par ses proches, dans la cour de Shyam Sooknauth. Il était trois pieds sous terre, sous une plaque de béton. L?autopsie pratiquée par le Dr Satish Boolell, Chief Police Medical Officer, a révélé que la langue de la victime avait été transpercée avec une aiguille de 10 centimètres environ. Il avait été décapité et portait sept traces de coups de sabres sur le corps.

A ce stade de l?enquête, la police privilégie donc la thèse de la sorcellerie. Outre l?aiguille retrouvée dans la langue de Jairaj Jeea, les proches de ce dernier avaient retrouvé, dans un sac, ses vêtements en partie brûlés, à proximité du cimetière de Lallmatie. Le suspect a affirmé qu?il se rendait souvent au cimetière pour des pratiques vaudou. Il aurait agressé Jairaj Jeea avec l?arme tranchante qu?il utilise pour offrir des boucs en sacrifice, lors de services religieux. L?âme de la victime, ajoute-t-il, ne devait pas parler lors du rituel, et c?est pour cela que l?aiguille aurait été utilisée.

La police soupçonne Shyam Sooknauth de faire partie d?une secte. Les enquêteurs sont sur la piste d?un autre suspect qui serait le complice du couple Sooknauth.

Dans sa déposition, Preemawtee Sooknauth, 26 ans, a, elle, déclaré qu?elle a dû obéir aux ordres donnés par son mari car celui-ci l?aurait menacée de la tuer si elle ne coopérait pas. Elle affirme qu?elle était dans sa chambre quand son mari agressait la victime et qu?il l?a obligée à aller chercher une serviette pour assembler la tête décapitée de Jairaj avec son corps. Il aurait ensuite essuyé les traces.

Shyam Sooknauth avait d?abord déclaré à la police qu?il avait tué Jairaj Jeea parce que ce dernier aurait eu une liaison extraconjugale avec sa femme. Lors d?un autre interrogatoire, il a allégué l?avoir tué pour une affaire de gandia (un paquet de cette drogue avait été retrouvé sous un meuble chez lui lundi).

Les deux suspects ont comparu devant le tribunal de Flacq hier. Une accusation provisoire de dissimulation de corps a été retenue contre Preemawtee Sooknauth. Son époux répond, lui, d?une charge de meurtre avec préméditation.

Avant même que les suspects ne comparaissent, ils ont passé un mauvais moment. Ils ont, en effet, dû passer devant une horde de personnes (proches et connaissances de la victime) venues jusque dans l?enceinte du tribunal de Flacq dans l?intention de les frapper.

Déjà avant l?arrivée des suspects, la tension était pesante. Si bien que la police a dû repousser ce moment. Vers 13 h 30, quand Preemawtee Sooknauth arrive dans un van de la police, les proches de Jairaj Jeea, pas découragés pour autant, se précipitent vers elle en vue de la battre. La police l?escorte à l?intérieur. La foule se rassemble alors devant la porte du tribunal. Celle-ci est fermée et barricadée par la police. Ce qui a le don d?énerver ceux présents.

Poussée par la foule en colère</B>

La Major Crime Investigation Team (MCIT) de Curepipe et de Port-Louis ainsi que la Special Supporting Unit (SSU) ont dû être mandées sur les lieux pour calmer les esprits. A l?arrivée du principal suspect, vers 14 heures dans une fourgonnette de la MCIT, la SSU a dû lui frayer un chemin. L?homme porte un casque et un gilet pare-balles pour sa protection.

Les proches de Jairaj se ruent vers lui. En vain. Groupés sous la véranda du tribunal, ils demandent aux policiers de les laisser tabasser le suspect. Dans cette effervescence, la cousine de Jairaj Jeea tombe de la véranda, d?une hauteur d?un mètre environ, poussée par la foule. Cela envenime les choses. La colère des gens présents est à son comble.

La femme est conduite par une policière à l?hôpital de Flacq dans une fourgonnette de la police. Un photographe de la SSU prend discrètement en photo les gens rassemblés devant l?entrée du tribunal. Malgré l?irritation de la foule, la police parvient à escorter le couple. Preemawtee Soonauth devait, elle, passer par la porte de derrière pour éviter de se faire tabasser.

Les deux suspects sont en détention policière et comparaîtront à nouveau en cour le 12 février. Après leur départ, le calme est revenu. Mais les proches de Jairaj Jeea n?en crient pas moins vengeance.

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