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Mesures d?accompagnement : rien n?est joué, dit Arvin Boolell

8 février 2006, 20:00

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Les critères qui détermineront les enveloppes d?accompagnement financier post-réforme sucrière en Europe sont encore très flous. Rien n?est encore décidé à ce stade. C?est du moins ce qu?affirme à l?express le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell. Il est rentré de sa tournée de lobbying dans plusieurs capitales du vieux continent.

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, et Arvin Boolell étaient partis pour l?Europe en catastrophe la semaine dernière pour défendre les mesures d?accompagnement (ou perspectives financières) promises par l?Union européenne (UE). Selon les dernières nouvelles parvenues à Port-Louis, Maurice allait bénéficier pour 2006 d?une enveloppe de Rs 217 millions (5,82 millions d?euros), soit 15 % de la somme globale qui sera consentie à tous les pays Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) producteurs de sucre.

Le gouvernement et l?industrie sucrière ont exprimé leur inquiétude concernant le montant jugé dérisoire de la compensation (surtout par rapport aux investissements colossaux que nécessitera la restructuration de l?activité sucre) de même que les paramètres d?allocation des fonds.

?Il n?y a jamais eu de discussions sur les critères d?application des mesures d?accompagnement. La seule chose que nous savons est que l?UE a décidé d?une enveloppe de 40 millions d?euros pour 2006. Les critères auxquels on fait référence ont été établis par le Fonds européen de développement (FED) qui ne fait pas partie de la Commission européenne (CE). Il y a toujours un flou à ce sujet. Chaque instance européenne semble avoir ses critères propres à elle?, estime le ministre de l?Agro-industrie.

L?importance de l?assistance financière

Tout en réitérant la cause de la solidarité du groupe ACP, les ministres mauriciens ont expliqué à leurs différents interlocuteurs l?importance de cette assistance financière pour la survie de l?industrie sucrière et pour la stabilité économique du pays en général.

?Nous demandons que des critères justes et équitables soient appliqués, surtout pour les perspectives financières 2007 à 2013. Nous avons aussi demandé que les ACP obtiennent une plus grosse enveloppe. Les Européens avaient dit que les mesures d?accompagnement allaient dépendre des demandes individuelles des pays. Nous étions les premiers à soumettre notre plan?, déclare Arvin Boolell.

Maurice met en avant plusieurs arguments pour revendiquer une meilleure part du gâteau. Pour le ministre, il faut un décaissement juste, équitable et transparent pour que les intérêts de Maurice ne soient pas lésés. ?Les recettes sucrières générées sous le Protocole sucre ont été utilisées à bon escient par le pays. Il ne faut pas maintenant pénaliser l?effort et le mérite.?

Maurice juge subjective toute décision d?allouer les fonds de compensation aux pays bénéficiaires sur la base du poids du sucre dans les économies respectives. Cet argument, dit Arvin Boolell, ne tient pas compte du rôle multifonctionnel (apport de devises étrangères, développement rural, équilibre environnemental?) de l?activité sucrière dans le pays.

Les mesures d?accompagnement seront décidées conjointement par le Parlement européen et le Conseil des ministres de l?Agriculture. Le Conseil des ministres se rencontre le 21 février pour étudier la question.

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