Publicité

Messages du 1er-Mai : levy anti-salariés et légitimité du GM

11 mai 2008, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Quoi retenir de saillant de la palabre de la Fête du Travail de 1983 ? Sous le signe d?un Soleil levant mais aux noirs rayons, Jugnauth confirme qu?il imposera un levy aux salariés, en dépit d?une mise en garde argumentée de Pierre Dinan, contre un projet aussi malencontreux. Jugnauth confirme avoir demandé à Boodhoo de solliciter l?appui des deux députés correctifs travaillistes, Michael Glover et France Roussety. «Il n?y a rien de mal à dialoguer avec les travaillistes» (même après les avoir combattus de 1970 à 1982). Il ne fréquente pas le Steak House ni les «grands Messieurs» de Saint-Félix et de Rogers. Il donne la garantie qu?il n?y aura pas d?élections législatives avant1987. (N.B. : Elles auront lieu quatre mois plus tard, le 23 août 1983... Quelle valeur accordée alors à la garantie d?un Premier ministre ?).

Pour une fois, Bérenger ne se ridiculise pas en prédisant, année après année (sauf celles, bien sûr, où il est au pouvoir... et encore) que les «élections générales sont imminentes». Le 1er mai 1983, à la place de la Gare, Q.-Bornes, il a incontestablement raison en prophétisant des législatives anticipées et même en doutant que le budget 1983-84 puisse être présenté en juin 1983. On croit, du côté des Mauves, en l?éventualité d?une visite papale, en juin 1983. (Elle aura lieu en octobre 1989). Le MMM se présente comme un «rempart contre le communalisme». Satheeanand Peerthum, ancien historien mauve, estime, pour sa part, que le MSM est un rempart contre la dictature. A chacun donc son... rempart.

Au Centre de Flacq, Seewoosagur Ramgoolam félicite Jugnauth d?avoir constitué son 2e gouvernement. Il y aurait eu dictature mauve et militante sans la résistance anti-Bérenger du tandem Jugnauth-Boodhoo. Plus loin encore dans la voie des allégations ramgoolamiennes : le MMM dispose de fonds énormes et rémunère les ministres démissionnaires (Merci ! caisses noires !). Ringadoo fait un plaidoyer en faveur de la légitimité du 2e gouvernement Jugnauth. En quoi, il diffère de Satcam Boolell, ayant encore du mal à accepter de nouveau la discipline du parti. Comme Bérenger, il réclame des élections législatives anticipées.

Jugnauth justifie son levy sur les salaires par le devoir des possédants de venir en aide aux démunis. Une caisse de solidarité s?impose. Les socialistes doivent avoir un c?ur socialiste. Qui refuserait un sacrifice en sachant qu?à côté de lui des enfants ne mangent pas à leur faim. Il salue la dissolution du PSM d?Harish Boodhoo. Le socialisme ne saurait diviser sa force. Solidarité et unité s?imposent pour combattre le gros capitalisme. Il nous demande de modifier nos habitudes alimentaires, compte tenu de la conjoncture économique difficile. Il demande aux syndicats de ne pas céder aux tentations démagogiques. Il rappelle les méfaits des grèves sauvages organisées par son parti (le MMM), en août 1979. Il se félicite que le meeting MSM ait été précédé par une cérémonie de recueillement au Coolie Ghat, en mémoire des travailleurs indiens engagés au service de l?industrie sucrière. Harish Boodhoo rappelle que son défunt PSM voit le jour le 16 septembre 1979.

Pour Paul Bérenger, le fléau du communalisme recule grâce à son MMM. Pas d?alliance avec d?autres partis, avant les prochaines législatives. La lutte continue de plus belle. Il s?attaque à la trahison du changement de la part de Jugnauth. La méfiance prévaut au sein du MSM, depuis l?annonce que Boodhoo racole du côté du PTr. Le MMM voit le jour en 1969. Ses membres sont disposés à faire encore 13 ans dans l?opposition, plutôt que de pactiser avec la droite que constitue désormais l?alliance du MSM, du PTr et du PMSD. On ne fait pas de la politique pour jouir des postes ministériels. Le MSM est un parti de «palabres dangereux». Il dénonce l?échec de Jugnauth en tant que ministre de l?Intérieur. Il le défie d?instituer une commission d?enquête sur l?achat de 50 nouveaux autobus Isuzu par la CNT, tout comme sur la vente, à des Sud-Africains, des hôtels de FUEL S.E., Touessrok et La Pirogue. Il plaide coupable d?avoir proposé aux Mauriciens un Premier ministre manquant autant d?envergure qu?Anerood Jugnauth. Pour une fois, constate-t-il, la fonction ne fait pas l?homme.

S?adressant aux militants frustrés, retournant à la basse-cour bleue, Gaëtan Duval s?écrie : «Vous vouliez du changement ! Zotte fine change mouche verte par mouche bèf... » Litra se révèlera une faillite, tout comme les autres essais militants pour créer des nouveaux emplois.

Seewoosagur Ramgoolam accuse Bérenger d?avoir « chicané Jugnauth ». Bérenger a démissionné comme ministre des Finances pour une «bagatelle». Cela ne l?étonne pas de la part de l?inventeur de l?affaire Sheik Hossen. On ne peut pas gouverner à coups de crise. Il demande à la foule : «Ou conné qui fine arrive Michael Glover à Quinze Cantons ?» Incidents à Quinze-Cantons... cela devrait nous rappeler quelque chose...

Publicité