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Mesdames et messieurs, Raymond Devos s?en est allé
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Mesdames et messieurs, Raymond Devos s?en est allé
Il aimait faire rire. Et il savait faire rire. Un grand homme au grand c?ur s?en est allé. Lui, c?est Raymond Devos, 83 ans, humoriste au talent inouï. Après de longs mois d?hospitalisation, il a décidé de ne plus jouer à la comédie. Mesdames, messieurs, voici venir le clown, le gag personnifié, Devos.
?Je suis adroit de la main gauche et je suis gauche de la main droite?. Les jeux de mots, Devos connaissait. Devos aimait surtout. Adroit dans ses mélanges de mots, il se voulait exceptionnel dans ses sketches. À vrai dire, même s?il n?a pas beaucoup griffonné sur les bancs de l?école, Devos s?est donné dans l?apprentissage de la langue et la culture française.
Il est surtout connu pour ses gags, aux allures de One-man show, métissé à un brin d?euphorie, comme les ambiances de cirque. Lors de ses représentations, Devos était toujours accompagné de son pianiste et fidèle ami de scène, Hervé Guido. De lui, on en retiendra le meilleur. Essuyant l?éponge sur ses coups de mauvaises humeurs au froid matin dans les théâtres.
Comme le dit si bien le journaliste du quotidien français, Libération, Devos possédait cette ?peur de décevoir, de ne pas faire rire ?. Il sombrait aisément dans un monde irréel, voire surréel et s?autorisait volontiers le droit, de céder libre cour à son imaginaire. ?La force de l?imaginaire ! On s?imagine que l?imaginaire, c?est léger?c?est futile ! Alors que c?est primordial ! Seulement, il faut faire attention ! Lorsqu?on a la prétention, comme moi, d?entraîner les gens dans l?imaginaire, il faut pouvoir les ramener dans le réel, ensuite? et sans dommage ! C?est une responsabilité ! ? Il était comme cela. Droit, mais fou, et fougueux quand il le fallait.
Un jongleur de mots imparable
Raymond Devos, né un 9 novembre en Belgique, était aussi un grand mime. Il a d?abord appris quand il était très petit. Dans les cours de théâtre de jeunesse jusqu?au jour où il eut à partir pour la guerre. Heure de guerre à l?âge de 17 ans. Il faut dire qu?il détestait ça, mais Devos a tenu grâce aux petits instruments à musique qu?il a emportés dans ses valises. Ensuite, il a eu à faire le service de travail obligatoire à 20 ans. C?est en revenant de toutes ces aventures, malheureuses, qu?il s?est dit qu?il resterait fidèle à sa passion.
Comédien, musicien (la clarinette, piano, harpe, guitare, trompette et bien d?autres), fin amateur de jeux de mots, humoriste enfin. Que lui demander de plus ? Pas grand-chose. Raymond Devos était aimé de tous. Il a sorti une pléiade de DVD, dont l?excellent : 80 ans, 80 sketches.
Cette perte pèse lourd dans la balance, surtout quand on pense que cela fait 20 ans que Coluche a disparu. Drôle de coïncidence. Ce qui est sûr, c?est Raymond Devos était un grand homme. Un jongleur de mots imparable dont le seul but était de placer un sourire (plus que cela) sur les lèvres de son public?
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