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Mervyn recolle les morceaux après une pagaille Bérenger

22 mars 2006, 00:00

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Ulcéré par les critiques virulentes, formulées contre lui, par Paul Bérenger, lors d?une assemblée générale de l?UBIW, en la Salle des Fêtes de l?Hôtel de Ville de Rose Hill, Mervyn North-Coombes réagit non moins vigoureusement, en défendant ses prises de position et celles de la CNT qu?il préside. Et comme la meilleure défense est l?attaque, il ne s?en prive pas et décroche des vertes et des pas mûres à l?adresse du général secrétaire du MMM cum négociateur attitré de ce syndicat des employés du transport en commun. Pour le président de la MEF, Mervyn North-Coombes, il s?agit principalement de recoller les morceaux de la CNT, ou plus exactement de l?ancienne Vacoas Transport Co Ltd, morceaux dispersés aux quatre vents par l?UBIW, lors des grèves générales d?août 1979, ayant entraîné la fermeture de plusieurs compagnies d?autobus, dont la VTC, la Moka Flacq Transport, la Savane Bus Service, la Northern Transport et une autre basée à la Rivière du Rempart. Seules échappent à cette épidémie de ?cessation of business?, l?UBS, la Rose Hill Transport et la Triolet Bus Service. Dans le vide créé par l?UBIW et Bérenger, s?engouffrent, dans un premier temps, une myriade de propriétaires individuels d?autobus et, dans un second, la CNT, mise sur pied à la requête d?un gouvernement Ramgoolam aux abois et grâce au savoir-faire en gestion d?entreprise de Mervyn North-Coombes et du Pr Sarathi, Transport Adviser à l?Hôtel du Gouvernement.

La nouvelle polémique, opposant le président de la MEF et le No 1 du MMM (Anerood Jugnauth, chef à mi-temps de l?opposition au Parlement, en raison de ses obligations professionnelles et juridiques, n?en est que le président) intéresse beaucoup les chefs d?entreprise qui y voient la préfiguration du sort réservé au secteur privé sous un éventuel gouvernement MMM. Ils prennent au sérieux la mise en garde de celui qu?ils ont choisi pour être le ?patron des patrons?. M. North-Coombes conclut, en effet, sa diatribe anti-Bérenger en lançant : ?Cadres et chefs d?entreprise, prenez garde à ce qui vous attend?.

Bérenger n?a rien retenu, selon lui, des leçons de la triste affaire Sheik Hossen. Il sait n?avoir jamais attaqué Bérenger sur le plan personnel et ne comprend pas pourquoi ce dernier s?en prend à lui personnellement. Il rappelle que Bérenger a commencé par tresser des louanges sur sa tête pour ensuite faire volte-face de façon aussi incompréhensible et profiter du premier anniversaire de la CNT pour se livrer à une attaque en règle contre cette compagnie d?Etat et ses dirigeants. L?UBIW tente par tous les moyens mais en vain de dissuader les employés de la CNT de boycotter la fête organisée à leur intention, à l?occasion de la première bougie de la CNT, d?où le soudain changement d?attitude de Bérenger.

Ce dernier annonce que l?UBIW s?occupera donc de la CNT. Cela ne peut que rappeler aux employés de cette entreprise les grèves d?août 1979, ayant entraîné la fermeture de la VTC et leur licenciement, sans aucune indemnité, pour cause d?arrêt de travail non autorisé, de rupture de contrat, de perte des droits acquis, avec pour seul résultat un angoissant chômage de sept mois jusqu?à ce que la CNT soit en mesure de reprendre les activités de la défunte VTC.

Cela n?empêche pas le MMM et l?UBIW de revendiquer l?enfantement de la CNT. Bon prince, M. North-Coombes, leur concède une part de responsabilité : sans les grèves d?août 1979, il se peut que la VTC n?aurait pas eu a céder la place à la CNT. Mais MMM et UBIW refusent d?attribuer à M. North-Coombes toute participation au succès indiscutable de celle-ci. Il acquiesce de nouveau, en soulignant toutefois que Bérenger ne parle pas en connaissance de cause car il ignore tout de sa contribution au fonctionnement de cette entreprise. Celle-ci se résume essentiellement à sa participation à des réunions de travail quotidiennes, avec soit le Pr Sarathi, directeur exécutif de la CNT, soit avec des ministres ou avec les autres membres du conseil d?administration. Or ces réunions ont lieu sans que Bérenger n?y soit présent. Il ne peut, de ce fait, se prononcer, en connaissance de cause, sur sa participation personnelle dans le fonctionnement de la CNT. Il rappelle toutefois que Bérenger l?a récemment qualifié de ?patron du progrès? et sait n?avoir pas changé depuis.

Bérenger reproche à la CNT de n?avoir pas réembauché tous les employés licenciés par la VTC. La CNT n?a pu remettre sur route que 190 des 250 autobus de la VTC. Avec ce nombre réduit de véhicules, elle emploie quand même davantage de travailleurs que la défunte compagnie d?autobus vacoassienne. Mervyn ridiculise Bérenger reprochant à la CNT de ne pas employer des travailleurs réduits au chômage par l?UBIW. Il ne retient pas l?accusation de ne pas vouloir reconnaître le fonds de secours mutuel de ce syndicat, se réservant le droit de le faire quand la CNT deviendra un employeur à plein temps, ce qui n?est pas encore le cas. Il rejette également le reproche de ne pas tenir compte du temps de service des anciens travailleurs de la défunte VTC. La CNT a toujours fait savoir qu?elle n?assume pas la responsabilité des dettes de cette compagnie. La CNT se dit liée par contrat avec les liquidateurs de la VTC. Elle ne peut accepter les liabilities que sur une base hebdomadaire. Il en sera ainsi tant que la CNT n?aura pas acquis définitivement la totalité des avoirs récupérables et utilisables de feu la VTC. Ses employés connaissent cette contrainte et l?acceptent. Il conclut en demandant à Bérenger pourquoi l?UBIW n?a pas pris l?initiative de créer une compagnie autogestionnaire pour gérer les avoirs de la VTC que ce syndicat a achevée.

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