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Mervyn Coombes démissionne comme administrateur de R.-Belle

7 avril 2008, 20:00

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En dépit de quelques incursions dans la politique active, à l?époque de l?aube glorieuse du RPL d?avant la calamiteuse alliance PAN-PAN (Parti de l?Alliance nationale avec le PTR et le groupe Eliézer François), Mervyn North-Coombes, administrateur de la propriété sucrière d?Etat de Rose-Belle, ne parvient pas à digérer les allusions publiques d?Harrish Boodhoo, leader du PSM, à la couleur de sa peau, pour mieux l?assimiler à la bête « noire » de ce parti, depuis le 11 juin 1982, Paul Bérenger. Il soumet, par conséquent, sa démission à Anerood Jugnauth.

Ce dernier fait de son mieux pour le retenir, allant jusqu?à lui présenter des excuses au nom d?Harrish Boodhoo. Pour qui connaît un tant soit peu Anerood Jugnauth, cela équivaut aux limites extrêmes de l?admissible pour un homme aussi entier mais également juste et humble devant ses erreurs reconnues et admises. Ne s?écriera-t-il pas un jour, en plein meeting : «Mo merde are ou votes !» devenant du même coup le seul politicien, après Sookdeo Bissoondoyal, à faire preuve de la même hardiesse à l?égard d?un électorat pas toujours commode.

Mervyn North-Coombes prend parfois dans l?Histoire l?allure d?une roue de secours fort utile à tout gouvernement dans une impasse. La vocation d?un stepney est toutefois de retourner dans le coffre après usage. C?est son carreau cannes. Le gouvernement travailliste de Seewoosagur Ramgoolam lui demande (avec le Pr Sarathi) de mettre sur pied la naissante CNT. Anerood Jugnauth fait de même, le 2 août 1982, en lui demandant d?administrer, en son nom, l?établissement sucrier d?Etat de Rose Belle. Tant que durent les problèmes de dentition, la classe politique lui accorde une paix royale. Elle attend patiemment qu?il se casse le nez dans une entreprise qu?elle condamne à mort à l?avance. Les choses changent du tout au tout quand la CNT devient assez forte pour contrer les tentatives du tandem MMM/GWF de paralyser de nouveau l?économie mauricienne en empêchant les autobus de sortir du garage, comme en août 1979. En mars 1981, Paul Bérenger ira jusqu?à confesser sans gloire en public : J?ai honte d?avoir compté Mervyn North-Coombes parmi mes amis. Harish Boodhoo joue manifestement aux amnésiques quand, lors d?un meeting aux Quatre-Bornes, il associe North-Coombes à ce même Bérenger, en s?écriant : Mervyn North-Coombes so la peau ça, mo papa ! So di sang ça. Il s?agit d?une transcription de l?express de la bande magnétique d?enregistrement du meeting du PSM, à la place de la Gare de Quatre Bornes, du 27 mars 1983.

La publication de ce verbatim a pour objectif de confondre le ministre de l?Agriculture d?alors, Kishore Deerpalsingh, qui déclare, en pleine Assemblée législative, qu?il n?a jamais été question d?attaques publiques contre le Dr Dragoslav Avramovic, le président yougoslave de la commission d?enquête sur l?industrie sucrière, lors de ce meeting. La transcription de la bande magnétique poursuit, après l?infamante assimilation de Bérenger et de Mervyn Coombes, pour des raisons épidermiques et sanguines, en faisant allusion à la proposition de Bérenger, alléguée par Boodhoo, de nommer Mervyn North-Combes, ène lotte blanc, ène patron, à la tête de la Cargo Handling Corporation. Et Boodhoo en vient à la fameuse commission d?enquête sur l?industrie sucrière. Il soutient qu?au départ c?est le juge Rajsoomer Lallah qui devait la présider. Il serait même parti pour les Fidji à cet effet. Et puis c?est l?accusation : Bérenger induire nous dans l?errère, li dire qui la Banque Mondiale qui pé rode mette ça, bougre qui pé préside ça, là (en faisant probablement allusion à Avramovic).

Celui-ci ne se trouve pas à Maurice à la fin de mars 1983. Et des journaux avancent que compte tenu des événements survenus, à Maurice, entre-temps, il se pourrait qu?il renonce à terminer le travail commencé par lui et ses assesseurs. Cette hypothèse se révèlera inexacte.

Pour en revenir à Mervyn North-Coombes, il ne se laisse pas fléchir par l?insistance d?Anerood Jugnauth à le conserver à la tête de Rose Belle S.E. Il fait comprendre que sa position devient de plus en plus inconfortable d?autant plus qu?il a déclaré, au grand dam du Socialiste, l?organe du PSM, que Rose Belle S.E. doit fermer ses portes car, même dans une relative bonne année sucrière, comme 1982, elle fait Rs 17 millions de pertes et qu?il n?y a aucun espoir de retour à la moindre prospérité. Une certaine classe politique ne peut qu?anathématiser une analyse financière aussi blasphématoire.

Mervyn North-Coombes explique donc à Anerood Jugnauth qu?il n?a plus le c?ur (pas forcément mauve) à l?ouvrage et que sa présence à Rose Belle aurait un mauvais effet sur les employés de l?établissement sucrier. Il confie à la presse son désir de créer son propre cabinet de conseiller en marketing et en technologies nouvelles, pour faire le lien entre les détenteurs du savoir-faire et les investisseurs potentiels. Il veut en tout cas se tenir le plus loin possible de la politique trop souvent ethnicisée à outrance. Nous sommes obligés de le comprendre. Nous avons heureusement autre chose à faire que d?attendre que des dirigeants sollicitent nos services.

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