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Merci pour l?incohérence !

22 juin 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Le gouvernement va lancer, lundi 23 juin, une vaste campagne publicitaire pour promouvoir ses mesures en faveur du pouvoir d?achat. Celle-ci doit durer trois semaines et se décliner à la télévision, dans la presse quotidienne nationale et régionale, ainsi que sur Internet. » Non nous ne reprenons pas là, un communiqué du bureau du Premier ministre. Mais une partie d?un article du journal « Le Monde » qui explique que le gouvernement français va faire sa pub sur les mesures visant à préserver, et même améliorer, le pouvoir d?achat des Français.

À Maurice, difficile de passer à côté de la pub gouvernementale post-budget.

Le Parti travailliste a placardé un poster « Merci Navin » dans toutes les grandes agglomérations du pays. Depuis le 6 juin, une foule de néo-convertis à la recette économique de Sithanen se pâme devant ce budget qui a créé un « feelgood factor » au sein de la population. Députés, ministres? tous sont devenus des thuriféraires du ministre des Finances. Y compris les collègues qui le vouaient (presque publiquement) aux gémonies il y a encore quelques mois. La politique, dit la maxime, est faite de vérités successives. La vérité du jour, c?est que Sithanen pourrait presque être intronisé dans le cercle fermé des travaillistes de c?ur?et même de sang !

On ne peut toutefois oublier les incohérences et la bêtise de beaucoup au sein du Parti travailliste et de l?Alliance sociale. Ces bornés ont quand même persisté pendant plus de deux bonnes années ! En refusant de comprendre que la rigueur et la politique économiques d?hier permettent aujourd?hui d?instaurer le « feelgood factor », la possibilité de financer le paiement du rapport PRB en une seule fois, ou encore les baisses de prix suite à la détaxe de produits de grande consommation.

Chacun rend donc à César ce qui lui appartient. Les collègues les plus hostiles de Sithanen tendent plutôt à rendre un hommage appuyé à la vision du Premier ministre. Tandis que les autres louent aussi bien la stratégie de Sithanen que la capacité de Ramgoolam de soutenir son ministre des Finances, malgré un parti largement hostile à sa politique économique. Même si les soldats et lieutenants du gouvernement ont pu se désolidariser de l?action du tandem Ramgoolam-Sithanen, cela n?a nullement empêché la réforme économique de poursuivre son chemin.

Mais ailleurs, l?apparente incohérence dans le discours de l?opposition par rapport à la politique économique du gouvernement et du dernier budget déroute tout autant ! En effet, le MMM semble être passé par toutes les phases de contestation et d?analyse (changeantes) de ce budget. Nous pensons que les premiers commentaires du leader mauve, Paul Bérenger, à l?effet que le budget n?est que « blabla et grand bluff » étaient largement dus à l?effet de surprise. Né-anmoins, Bérenger et son parti se sont ensuite aventurés à moduler l?analyse. Tantôt en disant que le gouvernement n?avait pas fait assez pour tel ou tel secteur. Ou encore en affirmant que les baisses des droits de douane, par exemple, n?allaient pas se faire sentir. Les prix dans nos supermarchés démontrent le contraire. Dernière trouvaille en date, la dénonciation d?un exercice comptable raté par Sithanen. Qui se solderait, comme en 1996, par la découverte d?un trou financier rendu tristement célèbre par le ministre des Finances d?alors, un certain Manou Bheenick.

Il va falloir choisir. Sithanen en a-t-il fait trop ou pas assez ? A-t-il vraiment plombé les finances de l?État en voulant faire plaisir indûment à des fonctionnaires et aux consommateurs ? Ou n?a-t-il rien fait car il n?a pas baissé le taux sur la taxe sur la valeur ajoutée ? Par un temps où l?État recueille des rentrées fiscales et des recettes dérivées de l?afflux massif d?investissement direct étranger, nous avons des raisons de croire que, sauf conjoncture économique internationale catastrophique, le gouvernement a une réelle marge de man?uvre dans le financement du budget de l?État.

Le « trou » qu?on nous prédit pour demain, n?existe aujourd?hui que dans l?imagination fertile des gourous économiques has been.

Qui prétendent redresser l?économie locale de 2008 avec des recettes vieilles de 20 ans. Au moment même où des institutions internationales expliquent que la réforme en cours rend l?économie mauricienne raisonnablement résiliente, compétitive et sur la voie d?une croissance soutenue. Les faits sont têtus !

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