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Menace terroriste imaginaire contre Old Trafford !

2 mai 2004, 20:00

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La menace terroriste contre Old Trafford, le stade de Manchester United, était imaginaire, les tickets apparemment achetés par des terroristes présumés pour le match Manchester-Liverpool du 24 avril étant en fait de vieux billets d?une saison précédente, a révélé The Observer hier.

Les tickets découverts au domicile de certaines des dix personnes arrêtées lors d?un vaste coup de filet antiterroriste le 19 avril, dans la région de Manchester (nord-ouest) et dans le centre de l?Angleterre, étaient en fait de vieux billets, gardés en souvenirs, a appris l?hebdomadaire britannique auprès de l?avocate de l?une de ces personnes.

?La plupart des jeunes hommes dans la région sont supporters de l?équipe de Manchester United?, a expliqué Rebecca Yates, avocate de l?un des jeunes d?origine kurde irakienne arrêtés lors de ce coup de filet et libérés depuis.

Dès le lendemain de cette rafle antiterroriste, menée par quelque 400 policiers, le tabloïd britannique The Sun avait affirmé que les personnes interpellées avaient acheté des billets pour le match au sommet de la 35e journée du championnat d?Angleterre de football entre Man U et Liverpool, à Old Trafford, et projetaient de se faire exploser au milieu des 67 000 spectateurs.

?Si elle avait réussi, une telle opération aurait provoqué un véritable carnage et des milliers de personnes auraient pu être tuées?, selon une source policière anonyme citée par le tabloïd. La police de Manchester s?est refusée à tout commentaire hier.

Les dix personnes arrêtées lors de l?opération policière du 19 avril ont toutes été remises en liberté depuis. L?une d?entre elles, d?origine maghrébine, devrait être expulsée en Afrique du Nord.

?Je ne sais toujours pas pourquoi j?ai été arrêté, je ne suis impliqué dans aucune activité terroriste et je ne pratique aucune religion?, a affirmé le jeune homme mentionné par l?Observer hier, dont l?identité n?a pas été révélée.

Selon Rebecca Yates, jamais son client n?a été informé, durant sa détention, d?une quelconque mise en cause pour terrorisme. Les questions posées par les enquêteurs étaient en fait d?ordre très général, et le jeune homme a notamment dû donner son opinion sur la guerre en Irak, a précisé l?avocate.

Ces informations vont alimenter encore un peu plus la polémique sur les méthodes de la police antiterroriste britannique qui procède régulièrement à de vastes coups de filet, la majeure partie des suspects étant cependant ensuite libérés sans faire l?objet de la moindre inculpation.

Plus de la moitié des 572 personnes arrêtées en Grande-Bretagne dans le cadre d?opérations antiterroristes depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ont ainsi été relâchées, a reconnu vendredi la branche antiterroriste de Scotland Yard.

Moins d?un de ces détenus sur cinq (97 personnes) a effectivement été inculpé de délits liés à des actes de terrorisme, selon ces nouveaux chiffres. Et seulement six condamnations ont été effectivement prononcées par la justice britannique depuis les attentats aux Etats-Unis.

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