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Meg ryan tourne le dos au romantisme

3 janvier 2004, 20:00

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Jane Campion filme. Meg Ryan jubile. Finis les scénarii mièvres, les films rose bonbon où son joli minois titillait les éternels romantiques. Jane Campion révèle la vraie Meg Ryan. La réalisatrice néo-zélandaise lui propose enfin un rôle à l?opposé de ceux qu?elle a campés jusqu?ici. Aux yeux du monde, Meg Ryan est un fantasme. Son image d?éternelle adolescente qui simule divinement bien l?orgasme féminin dans Quand Harry rencontre Sally, est restée dans les annales. Cantonnée dans la peau de jeunes femmes romantiques passionnées, l?actrice enchaîne les rôles dans le même registre : Joe versus the volcano, Addicted to love, Sleepless in Seattle, You?ve got mail, Prelude to a kiss, City Angels, French Kiss? la liste est longue. Sept comédies romantiques et sept happy ends pour Meg Ryan. «J?ai l?impression d?avoir tout donné dans les comédies romantiques», confie-elle à un magazine américain.

Franchement attachante, pétillante, tendrement affectueuse, qu?elle soit dans la peau de Maggie, de Sally ou d?Annie, Meg Ryan fait du Meg Ryan. Malgré l?absence de chef-d?oeuvre dans toute sa filmographie, Meg Ryan a résisté à l?usure du temps. Perpétuellement jeune et jolie, elle est restée au haut de l?affiche avec un cachet avoisinnant celui de Julia Roberts ou de Jodie Foster. « Jusqu?à présent, on m?a identifiée à des rôles qui perpétuaient une certaine vision du romantisme, idéalisée par des scénarios plus ou moins brillants et relayée par une presse manquant singulièrement d?imagination à mon égard. Mon personnage dans In the Cut est justement victime de ce fantasme romantique. Ce projet me plaisait suffisamment pour me désinhiber,» explique l?actrice à un magazine.

Meg Ryan s?est laissée séduire par le scénario audacieux et décalé de In the cut. Il était temps pour elle de rompre avec les conventions dans lesquelles Hollywood l?avait rangée, d?autant plus qu?elle a, dans le passé, refusé les premiers rôles dans Pretty Woman, Basic Instinct, Ghost et Le silence des agneaux. Dans In the Cut, Meg Ryan a remplacé au pied levé Nicole Kidman. L?actrice australienne prise par d?autres projets ne s?est toutefois pas totalement éloignée du film puisqu?elle en est la productrice.

Adapté du roman classé chaud de Susanna Moore, In the cut, promet de voir naître une autre Meg Ryan, désintoxiquée des comédies romantiques. Elle est Frannie, une intellectuelle new-yorkaise irrésistiblement attirée par un policier qui pourrait bien être monstrueusement ignoble. Désinhibée et déshabillée, Meg Ryan est plongée au coeur d?un polar érotique, noir et trouble. La mise en scène est brillante, l?actrice méconnaissable. Physiquement moins belle que dans ses précédents films, Meg Ryan se laisse guider et s?interroge sur le désir féminin. La bouche amère, le regard usé, Meg Ryan est une quadragénaire qui n?intéresse personne. Seule, esseulée et perdue, sa vie ne ressemble à rien. Sa seule amie, est sa demi-soeur qui subit plus ou moins les mêmes échecs qu?elle. « Frannie n?essaie pas de séduire, cela ne l?intéresse pas. Ce qui en fait une femme très libre, » explique l?actrice. Après avoir officié en tant que jury sur la Croisette, Meg Ryan vient donc de s?offrir une autre chance de carrière.

C?est le 19 novembre 1961 à Fairfield dans le Connecticut, que Margaret Mary Emily Anne Hyra, voit le jour de parents directeurs de casting. Après une enfance et une adolescence sans histoire, elle quitte le toit familial après le lycée pour emménager à New YorK. Elle s?inscrit à l?université et décroche son diplôme de journaliste. Pour se faire un peu d?argent de poche, elle s?illustre au générique de plusieurs séries télévisées. George Cukor lui donne sa chance en 1981 avec Riches et célèbres. Elle se baptise Meg Ryan et espère faire carrière au cinéma.

Sa jolie tête blonde ne passe pas inaperçue, mais les propositions ne se bousculent pas au portillon. Cinq ans plus tard, elle décroche le rôle de Carole Bradshaw dans Top Gun de Tony Scott. Rob Reiner fera décoller la carrière de Meg Ryan en 1989, avec Quand Harry rencontre Sally. Son charme, sa sensibilité et ses larmes, émeuvent les cinéphiles.

Mais depuis, Meg Ryan s?est vue cantonnée dans ce genre de rôles. Elle tente de rompre avec cette image grâce notamment à When a man loves a woman de Luis Mandoki en 1994, dans lequel elle incarne une alcoolique et à Courage under fire d?Edward Zwick en 1996. Mais le public ne la suit pas. Ces deux films, loin d?être les plus nuls de sa carrière, n?accrochent pas. Aucun réalisateur avant Jane Campion n?avait réussi à dévoiler une autre facette de la personnalité de Meg Ryan.

Aujourd?hui divorcée de Dennis Quaid avec qui elle a eu un enfant, Meg Ryan s?affirme et apprécie son célibat. Ses histoires d?amour qui ont mal tourné avec Russell Crowe ou encore Hugh Jackman, son partenaire dans Kate and Leopold, l?ont fait grandir. A quarante-deux ans, elle ne peut plus jouer les naïves et les utopistes. Plus question de rester enfermée dans la jolie cage dorée de ses débuts.

En 2004, Against the rope de Charles Dutton, sortira sur les écrans. On y verra Meg Ryan dans la peau de Jackie Kallen. « C?est un film sur la boxe où je suis manager. J?y hurle, je suis aggressive, masculine à la limite,» confie l?actrice. Révolu donc le temps des jeunes femmes délurées, des personnages lisses et des histoires d?amour rocambolesques. Il ne reste plus qu?à Hollywood de tourner et de donner enfin, une vraie chance à Meg Ryan.

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