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Me Jean-Claude Bibi porte plainte contre le SP Raddhoa

20 septembre 2006, 00:00

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La liste de ceux que le patron de la Major Crimes Investigation Team (MCIT), Prem Raddhoa, se met à dos s?allonge. Me Jean-Claude Bibi, dont les services ont été retenus par Bahim Arjalee, l?un des suspects arrêtés à Pétrin, a porté plainte contre lui dans une correspondance à l?Attorney General, Rama Valayden. L?homme de loi affirme que Prem Raddhoa a proféré de graves menaces contre lui.

Cette affaire a aussi été portée devant la Commission des droits de l?homme de même qu?à la connaissance de certains membres du gouvernement. Et le 16 septembre, l?Attorney General a informé Me Bibi que sa plainte a été référée au commissaire de police pour enquête.

Dans sa lettre, Me Bibi affirme que le 11 juillet, vers 9 h 30, il a passé un coup de fil à la MCIT, à Curepipe, pour informer les enquêteurs que ses services ont été retenus par Bahim Arjalee et qu?il souhaite l?assister lorsqu?il donnera sa déposition. Il dit avoir reconnu la voix du SP Raddhoa au téléphone. Et celui-ci l?aurait insulté avant de raccrocher.

Me Bibi dit avoir téléphoné immédiatement à l?assistant commissaire Seeboo du quartier géneral de la police, à Curepipe, pour lui faire part de l?incident. Le haut gradé lui aurait alors lancé ?ayo misie Bibi, ki mo pou dir u? et qu?il s?arrangerait pour désigner un autre officier pour l?interrogatoire de son client.

?Taler li met li pandi dan kaso?

Le même jour, l?avocat se rend dans les locaux de la MCIT à Curepipe. Là, dit-il, l?inspecteur Lazarre a commencé à interroger le suspect mais devait par la suite déclarer qu?il avait d?autres engagements à respecter et qu?en attendant, le suspect serait placé en détention préventive. Un autre officier aurait ensuite fait une entrée dans le diary book. Son client aurait alors émis le souhait qu?il y mentionne qu?il ne donnerait sa déposition qu?en présence de son avocat. Ce à quoi l?officier lui aurait répondu qu?il n?obéit pas aux directives des ?criminels?.

Les choses devaient vite dégénérer, poursuit Me Bibi. Et l?officier dont il dit ignorer l?identité mais qu?il est en mesure de reconnaître, aurait commencé à s?en prendre à lui. ?Kan vinn isi, pa kone mi manyer pou sorti.? Le policier aurait ensuite quitté la pièce en continuant à l?injurier. Peu après, une dizaine de policiers seraient entrés dans le bureau pour l?insulter et lui reprocher ses interventions à la radio concernant ses prises de position sur les cas de brutalités policières imputés aux membres de la MCIT.

Ils seraient ensuite sortis et le SP Raddhoa serait arrivé. ?E ou la, ou vinn fer tapaz dan mo biro, ou permet ou donn lord mo bann ofisye, fer atansyon, sa mo na pa aksepte sa.? Des injures et autres remarques à caractère religieux auraient suivi.

Prem Raddhoa aurait ensuite insinué, selon Me Bibi, qu?il y avait un complot d?un juge, du DPP et d?un membre du parquet dans la décision de la Cour suprême de dédommager Martine Desmarais de Rs 400 000 pour avoir été malmenée. Il aurait ensuite lancé, parlant de l?avocat, ?Fou li dan sel. Montre li ki nou pa per avoka (?) Arrest him e tir so kravat, taler li met li pandi dan kaso et pou dir ki mwa ki finn touye??

Me Jean-Claude Bibi dit douter de la capacité du commissaire de police à prendre des actions disciplinaires contre le SP Raddhoa. Il estime que la solution doit émaner d?une volonté politique à éradiquer les violations des droits humains.

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