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Mbeki veut la paix en Côte d?Ivoire

20 mars 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La Côte d?Ivoire s?enlise dans la crise. La situation est telle que le président sud-africain, Thabo Mbeki, choisi il y a plusieurs mois comme médiateur pour dénouer la crise, a décidé de forcer le cours des événements. Selon une source diplomatique, il va organiser une réunion des principaux protagonistes du dossier « dans les prochains jours » pour tenter de sortir de l?impasse.

Mais à ce jour, M. Mbeki affiche un bilan plutôt maigre. Il a rencontré à maintes reprises son homologue, le président Laurent Gbagbo, les chefs d?État de la région, les patrons de la rébellion, les responsables d?une opposition éclatée. Il s?est déplacé à Abidjan, à Bouaké, la « capitale » des rebelles. Il a invité tous les acteurs du dossier? mais sans toutefois réussir à créer de dynamique.

Son unique succès est d?avoir arraché aux parlementaires ivoiriens le vote d?un amendement à la Constitution, qui ouvre la voie des urnes à l?opposant le plus emblématique du régime, l?ancien premier ministre Alassane Ouattara. Pour autant, rien n?est réglé car le président Gbagbo exige de faire ratifier cette décision par référendum. Mais comment l?organiser dans un pays coupé en deux depuis trois ans ?

L?absence de progrès politique inquiète

Il suffit de désarmer les rebelles et l?unité du territoire sera rétablie, rétorque le chef de l?État ivoirien. Et de rappeler que les accords de Marcoussis, signés par tous les acteurs de la crise en janvier 2003, fixaient comme priorité au « gouvernement de réconciliation nationale » d?entreprendre « le processus de regroupement (?) des forces en présence » en prélude à des « mesures de désarmement et de démobilisation ».

Rien n?a été fait, et le président ivoirien sait que cet immobilisme est probablement appelé à durer. L?Onu, qui a déployé sur le terrain quelque 6 000 casques bleus (épaulés par les 4 000 militaires français de « Licorne »), pourrait, d?un point de vue technique, mener à bien l?opération de « cantonnement, désarmement, démobilisation » mais exige, un accord préalable des deux belligérants. L?absence de confiance entre les rebelles et le pouvoir en place rend cette entente improbable.

L?absence de progrès politiques inquiète d?autant plus la France que, sur place, les « signaux négatifs », pour reprendre les mots du Quai d?Orsay, ne manquent pas. Le plus inquiétant a été l?intrusion de « jeunes patriotes », proches de la présidence, dans la « zone de confiance » qui sépare les belligérants. Les combats qui ont suivi auraient fait 20 morts. Depuis, le chef charismatique des « jeunes patriotes » a promis une série de manifestations pour obtenir le départ des soldats de l?opération « Licorne ».

Il est probable que la communauté internationale demandera à la France de maintenir son dispositif. Pour autant, la solution du problème n?aura pas avancé d?un pouce, à moins que le président sud-africain ne réussisse son pari.

■ @ 2 005 Le Monde ? Jean-Pierre TUQUOI Distribué par The New York Times Syndicate

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