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Mauvais scénario pour des figurants mauriciens

20 mars 2004, 20:00

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La police de Grand Baie a été saisie, en fin de semaine, d?une plainte au sujet d?un homme ayant embauché une quarantaine de figurants pour le tournage d?un film indien Mujhse Shaadi Karogi. Un travail, allèguent ces figurants, pour lequel ils n?ont pas été payés. Lundi, ces derniers se sont d?abord tournés vers Enquêtes en direct sur Radio One. La police s?est rendue chez l?homme accusé d?escroquerie mais ce dernier est introuvable. Notre enquête nous a appris que cette agence n?a aucune existence légale.

Ils sont près d?une quarantaine à avoir répondu, en janvier, à l?annonce d?une agence, à la recherche de figurants pour le tournage d?un film indien Mujhse Shaadi Karogi. Le casting est attirant : Salman Khan, Priyanka Chopra et Akshay Kumar. Ces figurants embauchés, tournent pendant dix jours avec ces vedettes. Au moment de leur embauche, ils ont signé un contrat dans lequel étaient inscrites leurs conditions de travail. Ils auraient dû toucher Rs 200 par jour. Toutefois, aucune copie de ces contrats ne leur a été remise. «C?est vrai que nous avions trouvé cela louche. Mais il nous a demandé de lui faire confiance. On a accepté,» explique Anaëlle Perrine, une de ces figurants. «Nous avons été rassurés lorsque, arrivés sur le lieu de tournage, nous avons vu Salman Khan et les autres grandes stars, » ajoute Crystelle. Plus d?un mois après la fin de ce tournage, ces figurants n?ont pas été payés. Leurs nombreux coups de fil et visites à celui qui se présentait comme directeur de cette agence, n?y ont rien fait.

Aujourd?hui, ces personnes réalisent à quel point elles ont été crédules. Anaëlle Perrine, sans emploi, âgée de dix-huit ans, très remontée après le non-paiement d?une somme de Rs 1400, est décidée à ne pas laisser traîner cette affaire. « Mone perdi mo létemps, surtout qui mo ti pé compte lors sa l?argent là» déclare-t-elle, désenchantée.

Anaëlle Perrine a d?abord fait appel à Enquête en direct, émission de Radio One, avant de se rendre au poste de police de Grand-Baie. «Dès cinq heures du matin, nous étions déjà sur le plateau de tournage. Parfois, on travaillait jusqu?à vingt-trois heures, pour ne rien obtenir», explique-t-elle. Anaëlle, ainsi que Leena, Hélène ou encore Crystelle, ajoutent qu?elles ont, à maintes reprises, tenté de se mettre en rapport avec leur « employeur », mais en vain. « A chak fois, noune bizin galoup derrière li. Jamais pane réussi mette la main lors li. Enn zour par chance, mone réussi zoine li lors so portable, mone dire li qui si li pas paye nous, mo pou mette li la police,» ajoute Crystelle.

Cette dernière a ainsi obtenu Rs 300 de la somme qui lui était due, après que le prétendu escroc ait de son propre chef, déduit son transport ainsi que sa nourriture de la somme promise. «Lé temps, noune fini signe contrat, li dire nou ki si nou pas à l?heure lors tournage, li pou mette nou la cour,» ajoute Chrystelle. Hélène précise que l?homme en question aurait déclaré « qui pa so problème si nou pane payé. Li dire aussi qui nou pas pou capav faire nanien contre li, » précise Hélène. Cette dernière qui pensait avoir trouvé un moyen de se faire un peu d?argent, se dit déçue.

Une mauvaise image

De son côté, la Mauritius Film Development Corporation explique que lorsqu?un tournage vient à Maurice, elle se charge uniquement de l?aspect administratif qui est d?obtenir les autorisations officielles. Ce sont les équipes de tournage qui contactent elles-mêmes des entreprises à Maurice pour s?occuper du recrutement des figurants. «Nous avons entendu parler de ce cas mais nous n?avons jamais entendu parler de cette entreprise. A la MFDC, on ne se charge pas des figurants et de la protection de leurs droits. Ils ne doivent pas se montrer naïfs et lorsqu?ils signent un contrat, ils doivent en exiger une copie. Cependant, nous pouvons essayer d?aider ceux qui ont ce genre de problème. Ce genre d?expérience donne une très mauvaise image de ce secteur», explique Selven Naidu, directeur de la MFDC.

Me Gilbert Noël explique, que d?un point de vue légal, il faut d?abord définir celui qui sera poursuivi. «Si la compagnie n?existe pas, c?est la personne qui doit être poursuivie. N?ayant pas de copie de contrat, cela rend l?affaire plus difficile mais pas impossible », explique l?homme de loi. Un autre recours est possible. Une plainte, déposée dans l?un des bureaux du travail du pays, sera suivie d?une enquête. Si l?employeur refuse toujours de les payer, l?affaire sera portée alors devant la Cour Industrielle. A l?heure où nous mettions sous presse, les figurants se concertaient avant de se diriger vers le Bureau du Travail.

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