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Maurice recherche un tanker désespérément?
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Maurice recherche un tanker désespérément?
Un vent de panique souffle à la State Trading Corporation (STC) et au Central Electricity Board (CEB). La société indienne Mangalore Refinery & Petrochemicals Limited a en effet annoncé par fax à la STC qu?elle ne peut assurer de livrer régulièrement de l?huile lourde dans des navires à double coque comme demandé.
Elle justifie cette impossibilité en arguant qu?il est très difficile dans la conjoncture internationale de trouver des pétroliers à double coque pour le transport régulier d?huile lourde entre l?Inde et Maurice. Ce carburant est principalement destiné aux moteurs du CEB ainsi qu?au secteur industriel et au ravitaillement des bateaux dans le port.
La STC n?avait pas prévu un tel problème. Pourtant, le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, dans une longue déclaration au Parlement mardi, avait donné l?assurance qu?il n?y aurait aucun problème sur ce dossier. Il avait affirmé que le pays économiserait Rs 350 millions en faisant appel à cet unique fournisseur de produits pétroliers, dont le contrat vaut Rs 16 milliards. Mais les discussions sur le tanker double coque n?ont eu lieu qu?une fois l?accord passé entre la STC et la raffinerie.
La STC a donc dû chercher de l?aide auprès la Mauritius Shipping Corporation (MSC). Elle a fait une demande depuis la semaine dernière pour que la MSC trouve un tanker disponible chaque dix jours pour l?huile lourde. Mais le problème se posera également pour l?essence, le carburant pour avion et le diesel.
Toutefois, rien n?a encore été réglé. La MSC, qui est en contact avec des courtiers du monde entier pour louer un tanker, a pu en trouver un aux Seychelles auprès de la Seychelles Petroleum. ?Le prix proposé par cette compagnie seychelloise est de Rs 600 000 par jour d?après la formule de Time Charter?, avance-t-on à la MSC. Mais selon des sources aux Seychelles, le prix réclamé pour louer un tanker serait en fait de Rs 750 000 par jour.
Car le Time Charter implique une location pour une période d?un an minimum. Le prix global pour une année revient donc à près de Rs 220 millions, si l?on se base sur un coût quotidien de Rs 600 000.
De plus, le tanker seychellois disponible est de 32 000 tonnes, alors que le CEB n?a besoin que 10 000 tonnes d?huile lourde chaque dix à 12 jours. Le CEB ne peut acheter 32 000 tonnes d?huile d?un seul coup car il n?a pas la capacité de stockage.
Produits pétroliers plus chers
Il est donc plus que probable que Maurice paye plus cher certains de ses produits pétroliers et le ravitaillement. Qui paiera la note, la STC ou le CEB ?
Le porte-parole du ministère du Commerce, contacté par l?express hier pour commenter ces informations, ne l?a pas fait. Il s?est contenté d?un ?on ne peut rien vous communiquer à ce stade?.
Au niveau du CEB, aucune déclaration officielle n?a été faite non plus. Ce problème aurait été abordé lors d?une réunion marathon au siège de l?organisme hier matin.
Selon des professionnels du secteur, si un appel d?offres international avait été lancé pour la fourniture de produits pétroliers le problème que rencontre aujourd?hui la STC n?aurait jamais surgi.
La société qui aurait décroché le contrat se serait chargé de tout et cela aurait coûté moins au pays. Car elle regrouperait les livraisons : le tanker transporterait les produits pétroliers non seulement pour Maurice, mais aussi pour les pays avoisinants tels que l?île de la Réunion, les Seychelles, les Comores.
Autre problème technique qui risque d?avoir des répercussions : les compagnies pétrolières de par le monde n?autorisent pas des tankers à risque à accoster près de leur terminal, sauf si l?Etat leur donne des garanties par écrit.
Un responsable d?une compagnie pétrolière précise ?que c?est à la STC de nous faire parvenir une lettre d?indemnisation pour nous assurer qu?en cas de problème, pollution, incendie etc., causés lors du déchargement des produits pétroliers de ces navires à risque, c?est la STC qui prend toutes les charges. Pour ce faire, la STC doit contracter une assurance spéciale pour dédommager les parties concernées en cas de problème?. Or, cette assurance coûte très cher.
Si Maurice décide de faire marche arrière et d?accueillir des pétroliers monocoques dans ses eaux, les risques sont énormes en cas de naufrage ou d?accident. L?environnement et le secteur touristique souffriraient grandement d?une marée noire. Le Conseil des ministres avait d?ailleurs décidé en juin 2003, qu?à partir d?août 2003, l?entrée dans les eaux mauriciennes de tout pétrolier monocoque serait interdite. D?ailleurs, tous les départements du gouvernement avaient été informés officiellement, y compris les autorités portuaires.
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