Publicité
Maurice prépare son offensive Tic pour 2005
Par
Partager cet article
Maurice prépare son offensive Tic pour 2005
Les taux de croissance de l?industrie des technologies de l?information et de la communication (Tic) font pâlir d?envie les autres secteurs de l?économie. Rien que pour juillet à octobre 2004, le nombre d?entreprises des Tic est passé de 60 à 72, soit une croissance de 20 % en quatre mois. Pendant la même période, 173 nouveaux emplois ont été créés et environ Rs 540 millions auront été investis par les entreprises de ce secteur d?ici la fin de l?année. Si 2004 a été une bonne cuvée, il faudra cependant maintenir la bonne performance en 2005.
Les marchés porteurs pour le pays sont désormais clairement identifiés. Didier Sam Fat, le directeur du call centre de Harel Mallac identifie les États-Unis, la France et l?Australie comme ses principaux pourvoyeurs de clients. Côté marketing, l?effort est concentré sur ces pays, mais il s?étend également à des nouveaux marchés, tels le Canada ou la Suisse.
« En mars prochain, une délégation d?une quinzaine de chefs d?entreprises de France, de Belgique et de Suisse viendra visiter le pays pour découvrir ce qu?il offre », explique Gérard Sanspeur, le directeur du Board of Investment (BOI).
Mais convaincre les entreprises des pays industrialisés à délocaliser leurs activités à Maurice n?est pas chose aisée ces derniers temps. « Le mot délocalisation est devenu tabou », explique en effet Gérard Sanspeur. À la place, Maurice soigne son argumentaire et préfère parler de projet d?expansion. Mais si la sémantique est secondaire, la logique économique, elle, est implacable. Les entreprises délocalisent là où les coûts sont moindres et avec un minimum de risques.
Vendre le sens du contact
L?offre de Maurice demeure très compétitive, en termes de coûts d?exploitation. Mais d?autres atouts, moins tangibles, sont tout autant appréciés et valorisés. Pudiquement, certains investisseurs parlent, par exemple, des problèmes d?attitude qu?ils rencontrent avec la main-d??uvre sénégalaise ou marocaine. Rien de tel à Maurice où le tact, mais aussi un certain sens du contact des télé-opérateurs, semblent devenir de redoutables arguments? qu?il faut vendre aux investisseurs.
La main-d??uvre locale n?est toutefois pas la meilleure du monde. « Pour recruter dix agents de télémarketing, il nous faut interviewer au moins 100 postulants », explique Didier Sam Fat. Le rapport peut atteindre, dans certains cas, des limites extrêmes ? un candidat recruté pour 20 postulants. Mais c?est la formation qui est en cause.
Sévère, le directeur du call centre explique que le Mauricien ne sait pas parler le français ou l?anglais couramment. « Il faut que nous puissions mettre en place des programmes qui permettent à des jeunes d?obtenir une formation diplômante dans les métiers de relations clients. Nous étudions en ce moment les possibilités de mise en place de ce type de formation », confie Gérard Sanspeur.
Tout ne s?arrête pas aux relations clients. Ce sont les centres d?appels qui sont les plus gros employeurs de l?industrie des Tics à Maurice. Un sur trois employés dans les Tics travaille dans un call centre. Le BOI pense toutefois qu?il est grand temps de s?intéresser davantage aux autres secteurs d?activités des Tics, comme l?externalisation.
Ainsi, une entreprise française spécialisée dans la saisie de données s?implantera à Maurice au début de l?année prochaine et créera une vingtaine d?emplois. Vers fin 2005, ce chiffre devrait être multiplié par dix. Il faudra que ce genre d?implantation devienne courant pour que l?offre d?externalisation de Maurice se fasse connaître davantage.
Parallèlement, d?autres incitations sont mises en place. Certains abattements tarifaires accordés aux seules entreprises traitant à l?étranger, seront étendus aux firmes mauriciennes. Par exemple, une société qui souhaite offrir un service de Disaster Recovery à des entreprises locales ne paiera pas certaines taxes. « Ces firmes pourront faire leurs armes et développer leur expertise au niveau local. Elles seront ensuite mieux armées pour démarcher et offrir leurs services à des clients étrangers », explique Gérard Sanspeur.
La confiance règne parmi les opératurs des Tics. Le défi à relever consiste, non pas à atteindre les objectifs, mais à les dépasser. On prévoit un invstissement d?environ Rs 900 millions pour l?année financière 2004-2005.Atteindra-t-on le milliard à la place ?
« Pour recruter 10 agents de télémarketing, il nous faut interviewer au moins 100 postulants »
Publicité
Publicité
Les plus récents