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Maurice ne pourra pas exporter son quota de sucre vers l?Europe
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Maurice ne pourra pas exporter son quota de sucre vers l?Europe
Les problèmes du secteur sucre s?accumulent. Maurice se retrouve dans l?impossibilité d?honorer son quota de sucre envers l?Union européenne (UE). Ce qui s?ajoute au risque que le pays perde une partie de l?aide européenne prévue pour 2007 dans le cadre des mesures d?accompagnement et aux divergences secteur privé-gouvernement sur la réforme du secteur.
?Nous allons attendre le chiffre final et officiel de la coupe avant d?invoquer la clause de force majeure à la Commission européenne (CE). Ce chiffre ne sera connu qu?au début de l?année prochaine?, explique Jean Noël Humbert, chief executive officer (CEO) du Syndicat des sucres (SDS).
Raison : la récolte 2007 est actuellement estimée à 455 000 tonnes. Or, le quota que Maurice doit fournir à l?UE est de 500 000 tonnes. Le manque à gagner pour le secteur sucre pour 2007 est estimé à environ Rs 1 milliard, par rapport à la production sucrière en 2006.
?Le passage du cyclone Gamède au début de l?année a eu un effet néfaste sur la production sucrière. Nous aurons aussi en même temps à faire savoir à la CE si nous allons demander un extended delivery, soit un processus d?extension du délai de livraison. Ou alors si nous allons renoncer aux quantités que nous n?allons pas arriver à respecter. Nous n?avons encore pris aucune décision à ce sujet?, ajoute Jean-Noël Humbert.
<B>Deuxième année consécutive</B>
L??extended delivery?, en vertu des dispositions du Protocole sucre, permet à Maurice d?utiliser le sucre de la récolte 2008 pour combler le déficit de la récolte 2007, concernant ses obligations envers les acheteurs européens.
Dans l?éventualité où Maurice renoncerait à ses obligations de fourniture, le quota non fourni sera réalloué à un autre pays signataire du Protocole sucre.
La décision d?invoquer la clause de force majeure intervient pour une deuxième année consécutive. Car l?année dernière également, Maurice avait un déficit de 20 000 tonnes de sucre envers l?UE. La Chambre d?agriculture avait, en 2006, initialement tablé sur une production de 530 000 tonnes. Les conditions climatiques peu favorables ont affecté la production, mais cette estimation a été ensuite révisée à 500 000 tonnes.
Entre-temps, le secteur privé attend une rencontre avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour discuter des problèmes dans ce secteur, notamment suite aux retards pour satisfaire les conditions de la CE pour pouvoir bénéficier de l?aide européenne dans le cadre des mesures d?accompagnement.
Ces retards ont été causés par les divergences entre le gouvernement et le secteur sucrier sur des questions de politique énergétique, d?élargissement de l?actionnariat, l?allocation de 1 500 à 2 000 arpents de terre au gouvernement pour le développement économique et social et la centralisation.
Le gouvernement souhaite la participation des planteurs et des travailleurs de l?industrie sucrière à l?actionnariat des raffineries et des distilleries et autres nouveaux secteurs d?activités de l?industrie sucrière.
?Mais la révision du prix du sucre sur le marché local et la restructuration des institutions de service du secteur sucrier sont également nécessaires?, soutient Jean Noël Humbert.
Guirdharry Juggessur, membre du conseil de direction du SDS, et ancien président de ce syndicat, reste néanmoins optimiste. ?Il faut un compromis tant du côté du secteur privé que du côté du gouvernement pour pouvoir arriver à un consensus sur les divers enjeux. Il faut discuter autour d?une table pour pouvoir arriver à une solution.?
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