Publicité

Maurice doit sauver le textile

13 septembre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Ce sont les exportations du sucre mauricien qui sont les plus menacées. L?Union européenne (UE) et les Etats-Unis exigent l?élimination complète des mesures protectrices. Cette mesure a pour but d?augmenter la compétitivité des produits agricoles des pays en développement (PED) sur les marchés européens et américains rendus enfin concurrentiels. Mais cela signifie que les Etats-Unis et l?UE devront abolir les subventions directes et les aménagements de droits de douane consentis à leurs producteurs agricoles.

Les préférences commerciales dont bénéficie Maurice grâce l?Accord de Cotonou sont du même ordre et n?échapperont pas à ce démantèlement. Le sucre mauricien se trouvera alors en concurrence avec le sucre argentin ou brésilien proposé à un meilleur prix.

Résultat : le marché européen sur lequel dépend l?industrie sucrière locale pourrait décider de s?approvisionner ailleurs. Le commencement de la fin?

Maurice est favorable à l?élimination des subventions sur les produits agricoles que les PED peuvent exporter vers les Etats-Unis et l?Europe. Mais elle cherche à s?assurer que les préférences commerciales liées au sucre ne sont pas démantelées immédiatement.

Supachai Panitchpakdi, le directeur de l?OMC, a toutefois prévenu les membres de l?Union africaine qu?un accord sur ce volet sera difficile à atteindre. « Il vous faudra faire preuve de flexibilité et accepter de prendre en compte les intérêts divergents d?autres pays. »

C?est sur le terrain de l?accès aux marchés non agricoles que se défend en grande partie l?avenir du textile mauricien et par extension celui de nos autres exportations non agricoles, comme le thon. Maurice demande que le taux des baisses soit progressif et s?échelonne dans le temps, pour permettre aux PED de restructurer leurs industries.

L?élimination complète des barrières tarifaires mettra les produits mauriciens en concurrence directe avec ceux des gros producteurs comme la Chine, l?Inde, Taiwan ou Hongkong. Leurs coûts de production très bas et les économies d?échelles dont ils bénéficient leur permettent de vendre moins cher. Maurice réussit à demeurer compétitive grâce à l?accès hors taxes aux marchés étrangers. Mais le démantèlement des barrières tarifaires signifierait la fin du peu de compétitivité qu?il reste à notre textile ou notre thon.

Les services : place à la concurrence

La délégation mauricienne propose l?adoption d?une approche qui prendra en compte les intérêts des pays qui dépendent de l?exportation de produits hors taxes. L?Afrique est également favorable à la mise en place de l?élimination des tarifs sur une base sectorielle. Ainsi les baisses tarifaires seront significatives dans certains secteurs non stratégiques pour les PED mais moins importants dans d?autres. Maurice a pris le pari d?arriver à faire exclure complètement certains « produits sensibles », comme le thon, de la libéralisation, comme le souhaite le ministre de l?Industrie et du commerce international.

Toutes les cartes seront jouées. Le statut spécial des petites économies et les traitements spéciaux et différenciés (TSD) seront défendus par Maurice pour protéger le secteur textile local.

Maurice demande la mise en place accélérée de fonds d?aide par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Ils aideront les pays à restructurer les secteurs de leurs économies qui seront les plus touchés par l?érosion des préférences.

Les altermondialistes mauriciens scandaient « De l?eau ene droit » à leur manifestation de mercredi dernier pour protester contre la libéralisation des utilités publiques. Ils n?ont pas tort, mais l?Accord général sur les commerces et les services (AGCS) prévoit que les services allant du tourisme jusqu?aux utilités publiques doivent être ouverts à la concurrence. Mais Maurice espère que certains domaines, commes les services publics essentiels en seront exclus.

« Les pays africains n?ont pas été assez dynamiques dans les négociations concernant les services », déplore Supachai Panitchpakdi. Maurice ne serait pas contre la libéralisation de certains secteurs, comme l?attribution des marchés publics et de tous les secteurs de services qui faciliteront le commerce.

Publicité