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Maurice capitale des pays en développement

10 juillet 2004, 20:00

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«Je ne savais pas que vous étiez aussi dur en négociation » lance amicalement un négociateur du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) à Siva Palayathan, Trade Advisor de Maurice à Genève, siège de l?Organisation mondiale du commerce (OMC).

Il ne s?agit toutefois pas de marquer des points l?un contre l?autre. Les pays ACP, dont Maurice, et le Groupe G 90, composé de ces Etats et d?autres pays en développement, se réunissent du 9 au 13 juillet pour trouver un terrain d?entente. Les rencontres des ACP ont déjà débuté, et celles du G90 commenceront demain. Les travaux qui se tiennent à Grand-Baie ont d?abord le mérite de regrouper tous les belligérants du conflit qui a fait couler le dernier sommet de l?OMC au Mexique en septembre dernier.

L?Union européenne et les Etats-Unis envoient leurs hommes forts du commerce, Robert Zoellick, le US Trade Representative et Pascal Lamy, le commissaire européen au Commerce. En face, le monde en développement, regroupé au sein du G90, cherche à parler d?une seule voix. Il invite même le G20, le groupe des grands pays en développement. Alors que certains de ses intérêts, notamment en matière d?accès aux marchés non agricoles, sont diamétralement opposés à ceux du G90.

En retour, le G20 se montre conciliant. Il envoie certains de ses ministres les plus en vue, ceux de l?Inde, du Pakistan ou de l?Afrique du Sud, participer aux travaux à Maurice. La bonne volonté ambiante fait naître une certaine confiance au sein des négociateurs. « Nous avons beaucoup progressé, car des terrains d?entente ont pu être trouvés sur plusieurs sujets qui étaient restés bloqués à Cancun » explique Assad Bhuglah, le directeur du Trade Policy au ministère des Affaires étrangères.

Les questions de Singapour, notamment la facilitation du commerce ou l?octroi des marchés publics, s?étaient vu opposer une fin de non recevoir par le G90 à Cancun. Assouplissement. Assad Bhuglah explique que le groupe ACP, et éventuellement le G90, est prêt à revoir sa position sur la facilitation du commerce. A charge pour les pays développés de ne pas abuser des règles du jeu. Siva Palayathan cite d?autres exemples. « La position du G90 évolue. Nous avons une position cohérente qui prend en compte les intérêts de tous les membres. Cela se vérifie depuis les derniers sommets ministériels de 2004. Nous avons beaucoup avancé sur le dossier agricole, les questions de Singapour ou le commerce du coton. C?est une bonne nouvelle.»

La déclaration qui naîtra des travaux de Grand-Baie revêtira donc toute son importance dans l?avenir des négociations à l?OMC. Car elle sera issue de la volonté commune des grands blocs économiques et des pays en développement.

Jayen Cuttaree, le ministre des Affaires Etrangères, du Commerce international et de la Coopération régionale ne préjuge toutefois de rien. Pour lui, le nombre de participants, plus de 250, aux réunions est déjà un motif de satisfaction. « Nous avons réussi notre pari. »

Panitchpakdi ne vient plus

Supachai Panitchpakdi, le directeur général de l?OMC ne participera pas à la réunion du G90. Le ministère des affaires étrangères a appris la nouvelle tardivement, hier matin. Le directeur de l?OMC a fait savoir que des travaux importants au siège de l?organisation à Genève le retiendront pour les jours à venir. Son discours, prévu pour demain, lors de la cérémonie d?ouverture de la réunion ministérielle du G90, était très attendu. Hier après midi, son remplaçant n?avait pas encore été nommé. Panitchpakdi a récemment visité l?île. Il était l?invité d?honneur aux célébrations du 12 mars.

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