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Maurice aux armes contre les catastrophes

23 mars 2006, 00:00

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Keshwar Beeharry Panray est sans doute de ceux que le tsunami a suffisamment bouleversés pour inciter à l?action. L?ong qu?il dirige, l?organisation pour la protection et la conservation de l?environnement (EPCO), a identifié les quatre villages côtiers les plus vulnérables aux changements climatiques ? notamment Grand-Gaube, Bois-des-Amourettes, Le Morne et Cap-Malheureux ? et s?apprête à y démarrer un projet pilote. Ces villages seront ainsi préparés à affronter les aléas du temps.

?Un tiers de la population vit dans 16 villages côtiers, à quelques mètres de la mer, explique-t-il. Nous voulons dégager des stratégies de réduction de risques appropriées, incluant une planification du développement durable, la prévention de catastrophes, la gestion intégrée des zones côtières et la planification des soins sanitaires.? L?ong s?évertuera ainsi pendant dix mois et avec la participation de la communauté concernée à trouver des solutions.

Le projet de cette ong, qui sera réalisé grâce à un financement obtenu sous le Small Grants Programme du Global Environment Fund, correspond aux priorités mondiales. La Journée mondiale de la météo, célébrée aujourd?hui, a pour thème : Prévention des catastrophes naturelles et atténuation de leurs effets. ?90 % de tous les dangers naturels sont liés au temps, au climat et à l?eau?, résume le directeur général, Michel Jarraud.

Les petits Etats insulaires en développement (PEID) sont plus vulnérables que les autres. ?Tous les PEID ont des écosystèmes fragiles?, confirme Prem Saddul. Ils sont menacés non seulement par les actions de l?homme mais aussi par le réchauffement de la planète qui est en train de bouleverser le système climatique. Les catastrophes naturelles sont de plus en plus violentes et fréquentes. En sommes-nous bien conscients ?

La question se pose quand on sait que la carte des régions à risque, notamment celles du littoral, n?a pas encore été finalisée faute de consensus entre les différents partenaires du comité national d?alerte de tsunami. Maurice se trouve, certes, dans une zone ?tectoniquement stable?. Elle est vulnérable aux séquelles d?un tremblement de terre dans l?océan Indien.

En outre, les constructions à risque parsèment le paysage. Les maisons construites sur des inclinaisons de plus de 20 degrés, à Chitrakoot, Vallée-des-Prêtres, mais également sur le littoral sud du pays, sont des dangers : elles augmentent nettement les risques de glissements de terrain.

Question pollution, nous avons du chemin à faire. Les rivières agissent, explique Prem Saddul, comme des ?courroies de transmission de déchets, parfois toxiques? et contribuent au blanchissement des récifs coralliens, qui, eux, sont en fait ?des boucliers de protection naturels?. Le système de drains actuel peut également causer du tort, ajoute le directeur des services météorologiques, Soobaraj Sok Appadu. ?Il est bouché presque partout?, commente-il.

Malgré ces faiblesses, il y a des raisons de ne pas désespérer. Maurice possède des systèmes d?alerte ?bien rodés? en matière de cyclones, de pluies torrentielles, d?inondations et de sécheresses, relativise Soobaraj Sok Appadu. Le pays a également intégré le réseau d?alerte de tsunamis de l?océan Indien. Il faut maintenant concevoir une unité de gestion appliquée des risques de catastrophes comme on en trouve dans les Caraïbes et dans le Pacifique, indique Prem Saddul. Ce genre d?organisme pluridisciplinaire, qui fonctionne aux niveaux local, national, régional et mondial, permettrait au pays d?élaborer une approche cohérente envers les catastrophes naturelles.

Sok Appadu souhaite encore une meilleure conscientisation de la population, sur le respect pour l?environnement autant que sur la prévention contre les catastrophes. En plus des campagnes d?information soutenues sur les catastrophes naturelles tout au long de l?année, les groupes sociaux les plus vulnérables doivent faire l?objet d?une attention spéciale. Ce sont les pauvres qui sont les plus exposés en cas de catastrophes.

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