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Marjorie, trop belle pour Jacques?
Marjorie pensait être en sécurité en épousant un homme mûr. Cette ravissante ouvrière de 21 ans a pourtant été sauvagement exécutée, mardi soir, et la police soupçonne son mari, Jacques Eugène, un karatéka de 44 ans. Jaloux, pour sûr, il l?était, et c?est probablement cet odieux sentiment qui l?a rendu fou au point de tuer.
Jeudi, cela aurait fait trois mois qu?ils s?étaient mariés, mais Marjorie n?a pas eu le temps de profiter du meilleur. Le destin lui a réservé le pire : une fin tragique pour une vie pleine de déceptions.
Elle avait eu un bébé avec un jeune qui est actuellement en prison pour une affaire de drogue. Elle pensait se réfugier dans les bras d?un protecteur avec lequel elle aurait alors une seconde chance, un nouveau départ.
Mais Jacques était vraiment malade de jalousie. Le jeune âge de sa femme, son joli minois, ses yeux de velours ; c?en était trop. Il ne supportait pas que les voisins la saluent et passait sont temps à la surveiller. « Li vey li au grain? Même lorsqu'elle se rendait à la boutique. Si elle avait quelques minutes de retard, il exigeait une explication », relate Marjona, la s?ur aînée de la victime.
Cet excès de possessivité ne souffrait d?aucune trève. Il appelait Marjorie au travail plus de cinq fois par jour pour être sûr qu?elle était bien à son poste. Quand elle s?était teint les cheveux, il l?avait soupçonnée d?avoir une liaison. Leur couple se met vite à battre de l?aile et les difficultés s?amoncellent. Il y a trois semaines, leur propriétaire, à l'avenue Ollier, leur coupe l?électricité. Il réclame de l?argent. Marjorie part alors vivre chez sa mère avec son petit Kenny et Jacques les y rejoint parfois pour la soirée ou la nuit.
Mais dimanche dernier les choses ne tournent pas rond. Jacques reproche à son épouse et à sa belle-famille de ne pas avoir voulu assister à sa compétition de karaté. « Linn dir Marjorie vinn get li me linn dir li pa oule. Linn telefone, linn demann nou si nou kapav vini. Kan linn retourne, linn dir nou li tou sel ek so famille pann vinn get li », confie Marjona.
Dimanche soir, Jacque fait part de son amertume à Marjorie, puis rentre à l?avenue Ollier. Le lendemain, comme à l?accoutumée, il retourne à Stanley pour lui laisser les clefs de la maison et lui demande à quelle heure elle pense venir récupérer la carte de pension de son bébé.
Ce soir-là, Marjorie ne rentre pas chez ses parents. Son père, Margéot Boodiah, a toutes les peines du monde à faire une déposition. Du poste de Stanley, on l?envoie à Quatre-Bornes? « Monn pran bisiclet monn al Ollier, monn tap la port, monn criye ziska mo perdi la voi. Plizier fois mon alle vini car la polis pa ti oule defons kadna pou get endan lakaz la. »
Le père reçoit ensuite un appel anonyme. Une femme lui explique que son gendre est dans la rue et qu?il se comporte bizarrement, « ki li pe marse kouma dir lin perdi la tet dan Stanley ».
Il est terrifié lorsqu?on lui apprend que Jacques vient d?être retrouvé agonisant près du réservoir La Ferme. Il aurait tenté de se suicider.
Son agresseur l?a lardée de coups de couteau
N?y tenant plus, il se rend à l?avenue Ollier tard dans la nuit, une torche à la main, brise une vitre et découvre une vision d?horreur : Marjorie gît sur le sol dans une mare de sang. Elle a été égorgée. Le Samu ne pourra rien faire.
La jeune femme est morte depuis deux jours. Son agresseur l?a lardée de coups de couteau, lui a transpercé le c?ur puis lui a tranché la gorge. Le coup au c?ur a été fatal, expliquera plus tard le Dr Amah Charrya Gujjalu.
Mais alors que les proches de Marjorie attendent que Jacques reprenne conscience, espérant appren-dre qu?il n?était pour rien dans ce massacre, ce dernier rend l?âme.
Le Dr Sudesh Kumar Gungadin constatera qu?il a avalé du kérosène mélangé à une substance nocive.
La CID de Quatre-Bornes, sous la direction de l?assistant surintendant Yousouf Soopun a entre-temps réuni des éléments contre Jacques. Il a déjà brutalisé sa première épouse. Expert en arts martiaux et en maniement du sabre, il était connu comme un des gros bras des villes s?urs. Récemment, il aurait menacé de tuer Marjorie après qu?elle a corrigé son fils de six ans qui faisait des siennes.
Violence conjugale, crimes passionnels? la liste s?allonge. Notre société malade compte deux nouveaux orphelins, victimes d?un sentiment qui n?a jamais eu la chance d?être de l?amour?
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