Publicité
Marie-Laure Harel : Ma vie à l?Élysée
Par
Partager cet article
Marie-Laure Harel : Ma vie à l?Élysée
Au bas de la photo officielle du président de la République, elle a accroché une image d?un Nicolas Sarkozy décontracté. Il est en sweat-shirt et le visage ombré par une barbe d?un jour. Un peu plus bas, la photo d?un autre président : Charles de Gaulle.
« Le cliché de Nicolas Sarkozy qui a attiré votre attention a été pris lors d?un séjour que j?ai passé avec sa famille. Il date de deux ans et a été fait en Grèce, confie notre interlocutrice. Ces images évoquent deux aspects de Sarkozy : le président et le père de famille. Les deux sont, à mes yeux, indissociables. Quant à la photo de Charles de Gaulle, c?est un hommage à mon grand-père, François Darné, ancien ambassadeur de Maurice à Paris. C?est lui, le véritable inspirateur de mon engagement en politique. »
Nous sommes dans l?aile droite, la plus prestigieuse du palais de l?Élysée. À quelques pas d?ici, c?est le bureau personnel du président français, la salle du Con-seil des ministres qu?il préside, ou encore le salon où il a prêté serment. Nous voilà dans le bureau de Marie-Laure Harel. Cette Française d?origine mauricienne, âgée de 24 ans, est le plus jeune conseiller de Sarkozy.
Comme du papier à musique
Marie-Laure Harel est avant tout une amie intime de longue date de Judith, la fille aînée de Nicolas et de Cécilia Sarkozy. La proximité de cette famille avec la chose politique a finalement eu le dernier mot sur la carrière de la jeune femme. Marie-Laure a fait ses premières armes dans l?arène politique lors des dernières élections municipales. Et elle a été élue dans le XVIe arrondissement, qu?elle représente au Conseil de Paris.
« En raison d?un ordre du jour extrêmement chargé, je suis contrainte de limiter cette entrevue à une quinzaine de minutes au plus. » Il faut dire que ce ne sont pas les obligations professionnelles qui manquent. En tant que conseillère, Marie-Laure est autorisée à célébrer les mariages. Ce jour-là, elle venait de le faire pour l?enfant d?un ami proche.
Entre deux phrases, Marie-Laure s?affaire à répon-dre à de nombreux appels téléphoniques. La plupart d?entre eux se rapportent à l?organisation de la Garden Party dans le cadre de la fête du 14 juillet. C?est là une des responsabilités attachées à sa fonction.
En bonne gestionnaire, La jeune femme veut que tout soit réglé comme du papier à musique, et avec une précision de métronome. Avec autorité, elle n?hésite pas à faire part de son mécontentement lorsqu?une confirmation n?a pas encore été obtenue.
Son engagement politique
La conversation à bâtons rompus s?oriente tantôt sur la portée de son engagement politique, tantôt sur sa vie personnelle. « C?est avec Nicolas Sarkozy que j?ai découvert le vrai sens de la droite. En tant que président de la République, il a une grande responsabilité envers la nation », confie notre interlocutrice. Et selon Marie-Laure, ce qui compte pour lui, c?est l?intérêt de la patrie, et il ne cherche pas la gloire personnelle. La jeune conseillère ne tarit pas d?éloges sur son président? en insistant sur son dévouement au pays.
C?est, selon elle, pour cette raison que Nicolas Sarkozy attache peu d?importance à l?impopularité qu?une décision prise dans l?intérêt de la France pourrait lui causer. « C?est un homme sincère. Il croit dans ce qu?il fait. Son élévation à la fonction de président intervient après une trentaine d?années d?engagement dans la vie politique active. Il sait ce qu?il fait, il sait où il va. »
Et c?est aussi avec simplicité que Marie-Laure abor-de des sujets de sa vie privée. Cette année, confie-t-elle, elle ne compte pas aller dans les magasins à l?occasion des soldes. Son argent, elle l?a dépensé dans l?achat d?un cheval de course. Aucun regret. Entre le cheval et elle, c?est une histoire dont seule Marie-Laure connaît le secret. Comme un enfant, ses yeux pétillent d?excitation lorsqu?elle parle de son acquisition. « Il est noir. Il est tout beau. »
Quelques mots en créole
Au fur et à mesure qu?elle parle, Marie-Laure ne voit pas le temps passer. Les quinze minutes auxquelles, elle s?est initialement limitée, ont été largement dépassées. Soudain, elle quitte son siège. « Cette fois, je dois vraiment vous laisser. » Pour terminer l?entretien, elle propose une visite éclair des lieux. Cependant, à peine a-t-elle fait quelques pas qu?elle reprend les confidences. Et cette fois, c?est pour parler de son grand-père, François Darné. « C?est quelqu?un qui m?a profondément marquée. Les événements qui ont jalonné mon existence me permettent d?affirmer que je jouis d?une protection rapprochée et affective. Je l?attribue à mon grand-père. »
Dès qu?elle croise un collègue dans le couloir de l?aile droite, Marie-Laure n?hésite pas à lui présenter ses hôtes venus de son pays d?origine, avec simplicité et un réel bonheur. Elle tombe sur Sébastien Veil, fils de Simone Veil, avec lequel elle s?entend bien. « Ce sont des Mauriciens. Ce sont mes compatriotes. » Cela ne la gêne pas. Et pour bien démontrer la cohabitation dynamique entre ses origines mauriciennes et françaises, Marie-Laure dira quelques mots en créole avant de s?enfermer définitivement dans son bureau. D?où elle ne sortira pas avant minuit.
Publicité
Publicité
Les plus récents