Publicité

Marie-Anita Jolita «Plus jamais ça !»

15 juillet 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Nou san defans», «Pa viol zanfan», «Zanfan inosan». Tels étaient les cris du c?ur des enfants et des adultes hier, lors de la marche pacifique à l?intention de Marie-Anita Jolita. Le calvaire que cette petite de deux ans a vécu ne sera pas oublié de sitôt. «Plus jamais ça», s?exclamaient-ils tous. Un peu plus de 2000 personnes ont dit «non» aux abus sexuels à l?encontre des enfants. Hommes et femmes des quatre coins de l?île ont répondu à l?appel de Pédostop et de la Mahebourg Citizens? Welfare Organisation (MCWO). Alexandra Schaub, directrice de Pédostop, qui oeuvre pour la prévention de la pédophilie et l?inceste, a souligné «qu?il faut protéger les enfants. Ils ne sont pas des objets. Ils sont sacrés.»

Opinion partagée par Aurélie de Ti Marmit : «Pa enn zafer pou fer avek enn zanfan. Bann parent bizin bien vizilan ek protez zot zanfan». Georges Ah Yan, président de la MCWO, a exprimé l?intention des habitants de changer le nom de Cité Tôle en Cité Jolita.

Cependant, Marie Jolita, mère de la victime, n?a pas assisté à cette manifestation. Une amie de la grand-mère a déclaré qu?elle était souffrante. Depuis hier, la participation du couple Jolita-François à la marche était incertaine. Marie Jolita avait dit à l?express qu?elle ne viendrait pas, car Georges Ah Yan ne se serait présenté qu?une seule fois chez elle pour annoncer son intention d?organiser cette marche. «Jame inn retrouv li ensuite. Ek nek finn tan li dans radio. Li pas finn fer narien pou nou». Son compagnon, Kendy François, avait tempéré en disant qu?ils n?y seraient pas car «nou ena demars pou fer dans la zourne».

Rosie St Mart, la mère de Marie Jolita, lui avait fait remarquer qu?elle devait participer à la marche car la ministre Seebun s?y rendrait par solidarité avec leur famille. Mais Marie Jolita a tenu bon. La grand-mère, non plus, n?y était pas. Indira Seebun, ministre des Droits de la Femme, effectivement présente, a souligné que «l?état d?âme du public est positif. On ne pourra défaire cela mais il faut miser sur la prévention.»

Des artistes locaux, des chefs religieux, des forces vives et des politiciens ont fait le déplacement. Les participants éprouvaient des sentiments divers. La colère et la tristesse se lisaient dans leurs yeux. L?acte abominable a été condamné. «L?âge des agresseurs est un aspect alarmant,» déclare une mère. Ils se sont recueillis pour la marche, munis de fleurs et rubans blancs, couleur de l?innocence et de la pureté que symbolise la victime. Beaucoup de mères ont tenu à amener leurs enfants. «Personne n?est à l?abri. Je me rends compte que mon enfant peut se trouver face à un pédophile demain,» avance une mère.

Des parents dont les enfants ont été victimes de pédophiles ont également participé. Siva Soopramanien Moorghen de Rose-Belle n?oubliera jamais le sort qu?a connu son enfant, sodomisé et étranglé à mort par un policier, en juin 1997. Sandra O?Reilly a apporté son soutien. «Je ne peux imaginer ce que cette petite a vécu. Nous vivons dans un monde de malades». La victime repose au cimetière de Petit Bel-Air. Elle laisse derrière elle un lourd bilan de notre société. Heureusement, nous ne vivons pas dans un monde d?indifférents.

<B>Emploi et maison pour la mère </B>

Indira Seebun a décidé de venir en aide aux parents de Marie-Anita. Une psychologue du ministère a aussi été déléguée pour soutenir Marie Jolita, âgée de 18 ans. Celle-ci et son conjoint, le père de l?enfant, squattent un terrain à Cité-La-Chaux et n?ont pas assez de revenus pour acheter une maison. La ministre a également proposé que le National Women?s Council aide Marie Jolita à trouver un emploi afin qu?elle soit économiquement indépendante.

Le couple a été inscrit sur la liste prioritaire des futurs propriétaires des unités de logement de la National Housing Development Company à Souillac ou à New-Grove. Cela dans le but d?éviter qu?ils continuent à vivre dans l?environnement traumatisant de Cité-La-Chaux. Ces maisons seront terminées d?ici trois mois. Le couple Jolita-François ne sera toutefois pas exempté des paiements. «Marie et son compagnon devront s?acquitter des paiements mensuels pour ce logement, mais nous ferons en sorte que cette cotisation ne soit pas trop lourde. Pour que leur dignité soit intacte, il est important qu?ils contribuent afin d?être propriétaires de leur maison», a précisé Indira Seebun.

Elle a souhaité que ce crime soit le dernier. Elle voudrait que les cas d?abus sexuels sur les enfants soient directement référés à la Child Protection Unit qui dispose d?une hotline, le 113.

Publicité