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Marguerite Labat :“La” voix de la MBC-Radio
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Marguerite Labat :“La” voix de la MBC-Radio
En septembre 1980, Marguerite Labat consent à confier quelques souvenirs de carrière à Francis Wai Choon de l’express. Elle commence sa longue carrière radiophonique en 1943. On lui demande d’enregistrer des appels de ralliement au gaullisme et à la France Libre, appels destinés aux habitants de la Réunion et de Madagascar, hésitant à larguer les derniers liens administratifs qui les rattachent au régime pétainiste de Vichy, à la solde de la folie meurtrière d’un moustachu, nommé Adolf Hitler. En 1948, elle obtient une bourse d’études supérieures qui lui permet de se rendre à Londres. Elle a l’occasion de participer à plusieurs émissions de la BBC, intitulées “London Calling Mauritius”. Le service français de la BBC lui propose même un emploi permanent. Elle décline l’offre car elle aime trop son pays natal et son désir de se mettre à son service est trop ardent pour qu’elle moisisse indéfiniment sur les bords de la Tamise.
A Paris, elle a l’occasion, un jour, de remplacer au pied levé une speakerine de l’ORTF, dans une émission de Paul Baron, intitulée “Sous les galeries de l’Odéon”. Elle est aussi interviewée à Europe 1 par Roger Duquesne. Ce dernier séjourne peu après à Maurice avec Jacqueline Bérault et la Compagnie des Quatre, une troupe de théâtre. Inoubliable… comme les autres.
De retour à Maurice, Mimi Labat occupe graduellement une place prépondérante à la MBC-Radio au point de devenir “LA” voix, reconnaissable entre toutes pour des dizaines de milliers d’auditeurs.
Son premier reportage en direct se fera en septembre 1956 à l’occasion de la visite à Maurice de la princesse Margaret. Celle-ci n’a plus assez de larmes pour pleurer ses amours contrariées avec l’écuyer Peter Townsend. Ironie du sort, son dernier reportage en direct coïncidera avec la visite officielle à Maurice, en 1972, de la sœur aînée de la princesse Margaret et la royale responsable de ses amours contrariées, la reine Elizabeth II.
L’amour de Marguerite Labat pour la radio est tel qu’elle aménage chez elle son petit studio personnel, qu’elle nomme la “chambre d’échos” et dans lequel elle enregistre plus d’une émission qui seront ensuite diffusées, sans problème aucun, sur les ondes de la MBC-Radio. Elle se souvient plus particulièrement de l’enregistrement de “Réalisme fantastique” avec Pierre Edmond Pulvenis, l’inoubliable auteur du courtmétrage “Maurice, miracle de la coexistence pacifique”, avec Paul Château, Gladys Bradshaw, Maïta et Alain Desmarais. Elle est, bien sûr, la technicienne de service. On y enregistre aussi un magazine animé par Claude Huc, le doyen de la presse mauricienne. “Le monde en parle”… encore. Il y a aussi “A fleur de nuit”, une émission de musique douce, de contes, de montages sonores. Son plat préféré. Elle se souvient comme d’hier de l’enregistrement de “Caroline”, une pièce radiophonique de Marcelle Lagesse, interprétée par Roland Houbert, Guy Lagesse, Maïta Desmarais et elle-même. Elle multiplie alors ce qu’aucune radio libre n’oserait faire aujourd’hui, à savoir des émissions poétiques.
Elle se souvient qu’on travaille avec les moyens du bord. Le micro est parfois simplement posé sur les genoux d’un interprète. Elle se souvient qu’un jour Cyril Garrioch remplace le moteur défaillant d’un tourne-disque, en faisant tourner, avec son doigt le disque choisi sans qu’à aucun moment la musique ne détone. Le cyclone “Carol” abat sa maison et elle perd toutes ses affaires. Pendant plusieurs jours, elle s’en va travailler en savates et avec des vêtements trempés.
Les conditions de travail sont parfois héroïques. Radio-Maurice est, au départ, situé sous le grenier de l’hôtel de ville de Curepipe. Les gouttières ne manquent pas, chaque fois qu’il pleut sur la ville, comme il pleut sur la tête des techniciens radiophoniques. Et après ? Les parapluies ne sont pas faits pour les chiens. Il suffit surtout de parler assez haut et de façon continue afin que les auditeurs n’entendent pas le bruit de la pluie remplissant les cuvettes anti-gouttières.
Un jour, Marguerite Labat déserte la MBC-Radio pour aller assurer les relations publiques dans un hôtel au Morne Brabant. A la rue Pasteur, nul ne s’émeut : “Mimi aime trop la radio… Elle reviendra travailler … gratis s’il le faut”. Elle leur a donné raison. L’amour de la radio, l’amour de ses auditeurs est plus fort que tout.
Marguerite Labat, aujourd’hui comme toujours, l’île Maurice a rendez-vous avec vous !
Amicalement vôtre !
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