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Marché des devises : la BoM injecte 10 millions de dollars

30 mai 2008, 00:00

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Marché des devises : la BoM injecte 10 millions de dollars

La Banque de Maurice (BoM) est intervenue, hier, sur le marché des changes dans le but de limiter la volatilité de la roupie. L?institution monétaire nationale a mis sur le marché des devises, dix millions de dollars américains.

Cette masse de devises a été vendue aux banques commerciales, à un taux de Rs 27,60 pour un dollar. Cette action vise à stabiliser la monnaie nationale. La roupie a perdu du terrain ces dernières semaines face aux devises, notamment la livre sterling, l?euro et le dollar américain.

Un euro équivalait à près de Rs 44,25 hier, selon le taux de la Banque centrale. A la même date, la livre sterling valait Rs 56,030 et le dollar américain atteignait Rs 28,2875.

Cette intervention de la BoM dans le but de limiter la dépréciation de la roupie, va calmer la vague d?inquiétude ambiante. En effet, la glissade de la roupie a entraîné depuis quelques jours, dans son sillage, une houle de réactions.

L?économiste Pierre Dinan estime qu?une roupie dépréciée n?est pas mauvaise en soi, tant que la dépréciation n?est pas continuelle et qu?elle est bien contrôlée. «L?important entre le pour et le contre de la dépréciation de la roupie est de trouver un juste milieu. It?s a clever balancing act.»

Baisse du pouvoir d?achat

Selon l?économiste, tandis que la dépréciation de la roupie avantage les uns, elle affecte les autres. «La dépréciation de la roupie a deux types d?effets. L?un positif et l?autre négatif. L?aspect négatif de la dépréciation se reflète par la baisse du pouvoir d?achat des ménages et par l?alourdissement de la dette extérieure du gouvernement. Quant à son aspect positif, il s?évalue à travers l?augmentation des recettes d?exportations lorsqu?elles sont converties en roupies. Cela avantage également le secteur touristique, car une roupie faible incite encore plus l?arrivée massive des touristes qui obtiennent ainsi plus de value for money. Elle profite également à l?Etat qui perçoit plus de taxes sur les revenus.»

L?économiste Philippe Lam est du même avis. Il estime que si le secteur de l?export et l?Etat bénéficient de la dépréciation continue de la roupie, les consommateurs, eux, ne seront pas à la fête.

Pierre Dinan explique que si «la dépréciation de la roupie continue, cela aura un impact négatif sur le panier de la ménagère, étant donné que les prix des denrées alimentaires, pour la plupart importées, vont prendre l?ascenseur. Déjà sur le plan international, un rapport de la Food and Agriculture Organisation des Nations unies estime que les produits alimentaires verront leurs prix augmenter de 40 % cette année. S?il faut y ajouter les effets d?une roupie faible, la poussée inflationniste risque d?être vive à Maurice».

Il ajoute qu?«une roupie faible arrange les exportateurs. L?Etat également verra ses recettes fiscales augmenter du fait de l?augmentation des recettes douanières et celles de la TVA».

Pour Sunil Bundoo, Associate professor, du département économie et statistiques de l?université de Maurice, «une roupie dépréciée améliore la compétitivité de l?export tandis qu?elle grève le prix des produits importés et des matières premières. Bien qu?à court terme, les effets d?une telle dépréciation sont quasiment supportables pour l?économie, à moyen ou à long terme, une monnaie instable de façon permanente donne un mauvais signal aux investisseurs, qu?ils soient étrangers ou nationaux. Ces derniers finiraient par perdre confiance en la roupie si la dépréciation devenait continue».

L?Associate professor est d?avis qu?«à moyen ou long terme, le secteur de l?export a intérêt à s?investir dans l?amélioration de sa productivité afin d?être compétitif sur le marché international plutôt que de compter sur une roupie faible».

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