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Marcel Bouic traduit N. Pike décrivant Balaclava de 1868

7 décembre 2007, 00:00

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Marcel Bouic, administrateur de Solitude S.E., raconte, au début de décembre 1982, aux lecteurs du journal d?entreprise Chez Nous, ses nombreuses visites à Balaclava, dont les premières remontent à 1946. Il y rencontre souvent un vieillard qui lui raconte les différentes anecdotes historiques, ayant pour cadre ce site enchanteur. Les nombreuses ruines comprennent, entre autres, d?intéressants vestiges d?une minoterie et d?une distillerie.

Amoureux de Balaclava, Marcel Bouic s?efforce de partager sa passion pour cet endroit de rêve. Il traduit, à l?intention des lecteurs de Chez Nous, les pages de Personal Experiences, Adventures and Wanderings in and around Mauritius, dans lesquelles Nicholas Pike, consul des Etats-Unis à Maurice de 1867 à 1874, décrit sa visite à Balaclava. Il fait état d?une longue allée, bordée de rosiers, de bassins d?eau douce où pullulent des gouramiers, d?un magnifique lafouche à l?extrémité du jardin. Ce dernier étend ses bras gigantesques sur le four de l?ancienne batterie de l?arsenal, à peine visible car recouvert de végétation. La maison se situe sur un monticule à la pointe de la baie. Des Français l?ont construite. Elle fait partie de l?arsenal de Labourdonnais. Il y a aussi à cet endroit une fonderie et une poudrière, pour la fabrication d?armes à feu et de munitions.

L?insouciance d?un travailleur provoque une énorme explosion, le 21 septembre 1774. Elle détruit le moulin à poudre et fait 40 victimes dont onze morts. Echappent au désastre la scierie et le moulin à blé. Le nouveau moulin à poudre sera construit à l?intérieur des terres, en bordure de la forêt de l?Asile. Il y sera davantage à l?abri du toujours possible bombardement d?une escadre ennemie, comme celle de l?amiral Boscawen, en baie aux Tortues, le 8 mai 1748.

Nicholas Pike affirme que le propriétaire de Balaclava, en 1868, sans doute M. Pierre Adolphe Wiehe, ajoute des ailes au bâtiment existant. Il convertit même une partie des ruines en salle de billard. Il entoure le bâtiment d?une varangue spacieuse, transformant ainsi un ancien arsenal en une agréable villa d?été. Une villa IRS avant l?heure. Splendide est la vue, de la villa, sur la baie, le débarcadère, les bateaux de pêche, la minoterie et la distillerie.

Deux roues hydrauliques actionnent la minoterie. Elles mesurent respectivement 38 et 20 pieds de diamètre. Elles font tourner six meules ou rouleaux en pierre. L?eau provient d?une digue, construite par des Français sur la rivière Citron. Les six meules de pierre peuvent moudre 300 sacs de 150 livres de blé par jour. Le magasin peut entreposer 10 000 sacs de farine. Une ligne de tramway relie la minoterie au débarcadère. Elle transporte le blé importé d?Australie et débarqué en baie aux Tortues. On y embarque sans doute la farine produite, à destination de Port Louis et ailleurs. Pike pense qu?il s?agit de la première ligne de tramway, aménagée à Maurice. Une plantation de bananiers sépare la minoterie de la distillerie.

La mélasse, servant à la fabrication de l?alcool, est transportée en barriques. Elle est déversée dans de grandes cuves. La fermention s?obtient grâce à la mélasse. Après fermentation, elle coule dans l?appareil à distiller, au bas duquel se trouve un hydromètre scellé, que surveille un agent du gouvernement de 6 à 18 heures.

Deux générateurs de 25 chevaux et un de cinquante fournissent à la distillerie la vapeur requise. Ils brûlent, par jour, trois tonnes de charbon de terre importé d?Australie. On mélange une portion de poussière de charbon à deux portions de bouse de vache pour produire des blocs d?un excellent combustible, après séchage au soleil.

Le propriétaire Adolphe Wiehe entretient, à ses frais, une école pour les enfants des environs. Ceux-ci rédigent leurs devoirs sur des ardoises, en utilisant des piquants d?oursin en guise de craie, communément surnommée crayon l?ardoise. Les enfants de 2007 savent-ils encore qu?on peut écrire ou dessiner sur une ardoise avec un piquant d?oursin ?

Heureux temps quand les minoteries n?avaient pas à subir la folie des caprices et autres fantasmes idéologiques.

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