Publicité
Manuels du ministre David : La polémique enfle
Par
Partager cet article
Manuels du ministre David : La polémique enfle
Remous au sein du panel chargé d?élaborer la liste de manuels scolaires recommandés et de livres de référence pour le français. Un des membres a démissionné et les trois autres lui emboîteront probablement le pas au début de la semaine prochaine. Raison invoquée : la liste de manuels pour 2008 et 2009 qu?ils avaient arrêtée en juillet a été modifiée et cela, affirment-ils, en faveur de James Burty David, ministre des Administrations régionales qui assure la suppléance à l?Education en l?absence de Dharam Gokhool.
L?express, qui a pu obtenir une copie des listes agréées par les quatre membres de ce panel et qui auraient dû être prescrites, a pu constater un certain nombre de modifications sur celle qui a finalement été envoyée par le ministère de l?Education aux établissements secondaires. Ces changements sont visibles surtout au niveau des manuels de Form IV et V, ainsi que ceux de Lower VI et Upper VI.
Pour les Forms IV et V, par exemple, le panel de sélection avait recommandé sept ouvrages (deux de Couronne, deux de Whitmarsh, deux de Chundunsingh et un de Burty David). Peu après, le ministère a décidé de diviser la liste en deux : les livres recommandés et les livres de référence .
Les deux ouvrages de Whitmarsh, qui datent des années 60 et celui de David ont ainsi été inscrits dans la première catégorie alors que les quatre autres sont devenus des manuels de référence. Cette distinction est importante. Pour que les étudiants à besoins spéciaux (needy students) puissent bénéficier de l?aide de la Sécurité sociale pour l?achat des manuels, leur collège doit impérativement prescrire un ouvrage provenant de la liste des ouvrages recommandés. Et comme les écoles ne tolèrent généralement pas l?usage de deux types de manuels différents dans la même classe, ce sont les manuels recommandés par le ministère qui auront préséance.
«Décisions court-circuitées»
C?est la première fois que cette règle sur les «needy students» s?applique. Les ouvrages de référence seront, comme l?indique un communiqué du ministère, «achetés par les écoles et placés dans la librairie».
L?Education se défend de toute ingérence. Le ministre Gokhool précise que ce sont des critères bien établis qui sont utilisés par le panel pour ce choix. «Chaque année les parents se plaignent d?avoir à acheter trop de manuels. Il fallait rationaliser. Nous avons pris en compte le côté pédagogique et le niveau des ouvrages. Le but n?est pas de satisfaire les auteurs. Les considérations politiques ne sont pas entrées en jeu lorsque les techniciens ont fait leur choix» Que le panel n?a subi aucune pression a été confirmé par plusieurs sources hier.
Quant aux modifications apportées aux listes initiales, le ministre affirme que cela découle de la pédagogie. « Si on a cinq ou six manuels recommandés, l?enseignant aura tendance à se replier sur ces ouvrages et pédagogiquement parlant ce n?est pas une bonne chose. En limitant cette liste, on veut inciter l?enseignant à faire preuve d?originalité et d?innovation.»
La représentante du Bureau de l?éducation catholique (BEC) qui siège sur cette instance a décidé de prendre ses distances et en a déjà informé le ministère. Les autres devraient suivre.
Jacques Mallié, président de la Roman Catholic Secondary Schools Union (RCSSU), réagit vivement. «Il n?y a pas lieu de nous inviter à ces panels si leurs décisions sont court-circuitées.» Les autorités catholiques envisagent la possibilité de demander à l?Education nationale de ne plus les inviter à participer à ces panels.
Une réunion est prévue au ministère de l?Education lundi pour discuter de toute cette affaire. James Burty David, qui est en mission en Ouganda, et qui revient au pays dimanche, n?a jusqu?ici pas réagi sur toute la question. Ses proches soutiennent toutefois que ses ouvrages éducatifs sont très couramment utilisés depuis plusieurs décennies, peu importe les régimes au pouvoir.
Publicité
Publicité
Les plus récents