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Manif? de journalistes devant l?Hôtel du GM

20 novembre 2005, 20:00

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Le 20 novembre 1980, une vingtaine de journalistes et de photographes manifestent devant l?Hôtel du Gouvernement. Ils entendent protester contre les directives données à des policiers d?interdire l?entrée de l?Hôtel du Gouvernement aux photographes de presse. Cette colère médiatique remonte au mercredi 19. Entrée interdite, ce jour-là, pour le photographe Paul Michel, pourtant dûment convoqué pour couvrir une activité du ministère de l?Agriculture. Il est conduit au poste de police où l?on procède à une fouille de sa sacoche. Le lendemain, c?est au tour des photographes P. Pabaroo, Maël Bhugaloo et H.D. Goolub d?être refoulés. On leur interdit d?immortaliser sur pellicule la signature d?une convention de financement, pourtant co-présidée par Yves-Roland Billecart de la Caisse française de Coopération.

Trop c?est trop ! Les journalistes décident alors d?un commun accord de ne plus couvrir les fonctions officielles à l?intérieur de l?Hôtel du Gouvernement. A 11 heures, le ministre de l?Information, Suresh Moorba, convoque la presse à son bureau et se heurte à un refus général et systématique. Les journalistes exigent une garantie écrite qu?il n?y aura plus d?entrave à leur devoir d?information. Ils vont même jusqu?à brandir des pancartes sur lesquelles on peut lire : ?Ki donne l?ordre dans l?Hôtel GM ? PM ou Luchmun ?? ou encore : ?La police faire dominère are la presse !? Ils font ressortir qu?à aucun moment ils ont été informés de la consigne du Speaker, Ramesh Jeewoolall, d?interdire toute prise de vue à l?intérieur de l?Hôtel du Gouvernement qui est aussi l?enceinte de l?Assemblée législative. En octobre 1980 déjà, des photographes ont été refoulés de l?Hôtel du Gouvernement, alors que Sir Harold Walter fait fonction de Premier ministre suppléant. Suite à une protestation médiatique, le ministre Moorba promet une enquête dont les conclusions ne sont toujours pas connues à la mi-novembre 1980.

L?Association des Journalistes de l?île Maurice (AJIM) proteste auprès de Seewoosagur Ramgoolam, lui demandant des éclaircissements. Elle adresse une autre lettre au directeur de la Caisse française de Coopération, lui présentant les excuses de la presse mauricienne et lui fournissant les raisons de son incapacité involontaire de couvrir la signature de diverses conventions de financement. Le 22 novembre 1980, Sir Veerasamy Ringadoo présente les excuses du gouvernement à la presse mauricienne. Le malentendu ne se dissipe pas pour autant car, parallèlement, le ministre Moorba fait savoir que tout journaliste, désirant voir un ministre ou un fonctionnaire, doit au préalable en informer son ministère de l?Information. Cela est inacceptable pour les journalistes ne pouvant mettre en péril leurs sources d?informations.

Dans ce boycott médiatique, il convient de noter plus spécialement la solidarité dont font preuve les journalistes et les caméramen de la MBC/TV et Radio. Ils se montrent davantage journalistes qu?employés de la MBC et jouent à fond la carte de la solidarité professionnelle, au grand dam de certains ministres espérant pouvoir compter, comme à l?accoutumée, sur leurs bons services. L?attitude des journalistes de la MBC osant défier un gouvernement dirigé par Seewoosagur Ramgoolam pourrait contraster avec ce qui s?y passe aujourd?hui mais aussi au ? Nouveau Militant en novembre 1980. A en croire la presse travailliste, Bérenger aurait blâmé la rédaction de l?organe de presse du MMM et l?aurait accusée de n?avoir pas accordé l?importance voulue à la visite en Inde d?Anerood Jugnauth et de Kader Bhayat ni à l?entrevue qu?ils ont eue avec Indira Gandhi, d?où la décision de ne plus faire paraître cet hebdomadaire.

Le MMM a aussi d?autres chats à fouetter en ce mois de novembre 1980. Il est aux prises, en effet, avec l?affaire Jundoosingh. Les titres de la presse à ce sujet sont particulièrement révélateurs. En voici quelques exemples : ?La régionale No 9 (Flacq) tient tête au politburo ? Bérenger préconise des sanctions sévères contre les récalcitrants? Une épine au talon de PRB? Le groupe Jundoosingh l?accuse de manipuler le MMM ? Vijay Venkatasamy dénonce la dictature mauve? Jugnauth parle de suicide politique à propos de ce tandem? La presse travailliste dénonce le terrorisme intellectuel au sein du MMM? L?affaire Jundoosingh démobilise le MMM qui ne parvient pas à faire approuver ses amendements de l?IRA (Jugnauth s?en console en disant qu?ils seront approuvés par un prochain gouvernement MMM)? Le conflit débouche sur deux réunions parallèles de la régionale No 9 à Centre de Flacq? Les deux régionales s?excommunient mutuellement? Jundoosingh prévoit que la crise s?étendra aux autres circonscriptions? C?est la revanche des anciens militants passés au PTr? Moorba parle ?d?enfer intellectuel?, Bhugaloo de ?monoPaul?, Coonjan de ?paravents hindous? et un transfuge de ?disparition programmée du MMM?. Les prophètes de malheur, annonçant la fin du monde auront, un jour, raison. Tout vient à point à qui sait attendre. Le tout est de ne pas être pris de vitesse par la fin du moi.

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