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Mali: L''ONU demande un cessez-le-feu, des rebelles touaregs annoncent la fin des combats

4 avril 2012, 20:00

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Mali: L''ONU demande un cessez-le-feu, des rebelles touaregs annoncent la fin des combats

Le Conseil de sécurité de l''''ONU a demandé mercredi un cessez-le-feu immédiat dans le nord du Mali, où la composante laïque de la rébellion touareg, aujourd''hui supplantée par les groupes islamistes, a annoncé la fin de ses «opérations militaires».

Dans une déclaration proposée par la France, les 15 membres du Conseil de sécurité ont aussi réclamé le retour à un gouvernement légitime à Bamako où une junte militaire a renversé le président Amadou Toumani Touré il y a deux semaines.

Profitant du putsch de Bamako, rebelles touareg et groupes islamistes ont pris en fin de semaine le contrôle des trois métropoles du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou, sans rencontrer de résistance de la part d''une armée malienne sous-équipée et désorganisée, coupant de fait le pays en deux. Les islamistes d''Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d''Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) ont depuis lors pris le dessus sur le Mouvement national pour la libération de l''Azawad (MNLA).

Volonté d''imposer la charia

La montée en puissance de ces islamistes, qui ont annoncé leur intention d''imposer la charia dans leur zone, a suscité l''inquiétude au sein de la communauté internationale qui  s’inquiète de la présence dans la région du « groupe terroriste Aqmi», ce qui pourrait «déstabiliser encore davantage la situation».

Le Conseil de sécurité a invité les rebelles à «cesser immédiatement toute violence et à rechercher une solution pacifique par un dialogue politique», et «condamné fermement les attaques, les pillages et la confiscation de territoire auxquels se livrent» ces groupes rebelles. Depuis Bamako, la junte du capitaine Amadou Sanogo a dénoncé «de graves violations des droits de l''homme» dans le nord, et plus particulièrmeent à Gao, depuis «l''invasion des combattants MNLA, Ansar Dine et Aqmi».

«Les femmes et les filles sont enlevées puis violées par les nouveaux occupants qui y dictent leur loi», a affirmé la junte. Le nord du Mali est aujourd''hui un trou noir, devenu totalement inaccessible à la presse et aux organisations internationales. De nombreux habitants ont fait état de saccages et pillages à Gao et Tombouctou.

Dans la ville de Tombouctou, les salafistes disent vouloir imposer la charia (loi islamique). Selon des témoignages, dans les rues de la ville, plusieurs bars et débits d''alcool ont été saccagés et des femmes sont désormais voilées. Le MNLA dit «se démarquer» de ces «réseaux mafieux».

Quels sont les enjeux ?

Eviter d''abord que les islamistes gagnent l''ensemble du pays. Certains rebelles, avec Aqmi, pourraient envisager de s''emparer de l''ensemble du territoire malien pour en faire une république islamiste. L''autre enjeu, ce sont les risques de crise humanitaire. Les assauts des rebelles ont déplacé plus de 200?000 personnes dans le nord du pays. A cela s''ajoute la menace d''une crise alimentaire à cause de la sécheresse et de la désorganisation de l''aide extérieure due aux combats.

Et puis il y a le risque de contagion. L''incendie peut rapidement se propager aux pays voisins du Niger, de l''Algérie, du Tchad ou du Nigeria en butte, eux aussi, à des menaces sécessionnistes ou à des mouvements terroristes.

(Photo : Des Maliens du nord réunis à Bamako prient le 4 avril 2012).

(Sources : 20minutes.fr & AFP)

 

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