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Malgré la crise, Air Mauritius fait des profits exceptionnels

13 juin 2008, 00:00

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Malgré la crise mondiale dans le secteur de l?aviation, Air Mauritius résiste aux secousses. Elle a fait des profits de Rs 700 millions (?16 millions) pour l?année financière se terminant au 31 mars dernier. C?est ce qu?a révélé le ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, hier au Parlement lors de la Private Notice Question. «Une performance financière excellente», commente le ministre. Le transporteur national revient en effet de loin. Il avait clôt l?année financière précédente avec des pertes de Rs 300 millions.

Air Mauritius parvient donc à se maintenir hors de la zone de turbulences, mais pour combien de temps encore ? Alors que le leader de l?opposition, Paul Bérenger, exprime sa grande inquiétude, Xavier Duval concède que la situation est «très très difficile». Et d?ajouter que «nous ne savons pas comment elle va évoluer».

Le sérieux du sujet exigeait un ton consensuel lors de la PNQ. Non seulement le carburant revient de plus en plus cher à Air Mauritius, mais le ralentissement économique en Europe et dans d?autres marchés cibles plombe les coûts du transporteur national.

D?ailleurs, selon les analyses faites par la compagnie, la prochaine année financière ne sera pas aussi exceptionnelle. De Rs 700 millions de profits, elle prévoit que les profits passeront à Rs 176 millions (? 4 millions) pour l?année financière se terminant à mars 2009.

Xavier-Luc Duval se veut cependant rassurant. Jusqu?ici, la flambée du pétrole n?a pas rattrapé Air Mauritius. La preuve, selon le ministre, est qu?Air Mauritius a «dépassé ses objectifs financiers pour l?année».

Mais voilà, la crise pétrolière qui perdure fait de plus en plus mal à l?industrie touristique. «Durant les six derniers mois, 24 compagnies aériennes ont fait faillite», fait remarquer Paul Bérenger.

<B>«Aucune ingérence»</B>

Principale cause : le prix du baril du brut qui va de record en record. Et les analystes ne prévoient pas pour bientôt un revirement de la situation. De juillet 2007 à mai 2008, le baril est passé de US$ 70 (Rs 2 100) à US$ 136 (Rs 4 080). Du jamais vu !

Et pour les grands consommateurs que sont les transporteurs aériens, la note est salée. Pour l?année financière 2007-2008, le poids du carburant dans les coûts opérationnels d?Air Mauritius sera de 45 %. «Jusqu?à récemment cela se situait aux alentours de 15 %», fait remarquer Xavier-Luc Duval.

Sans les crises qui provoquent des secousses dans le secteur, la compagnie aérienne aurait battu des records. «Si la situation était restée inchangée, elle aurait fait un profit de 20 millions d?euros (Rs 880 millions) pour l?année financière se terminant en mars 2009», explique le ministre. Mais sans les mesures prises pour mitiger les dégâts, «il y aurait eu des pertes de 11 millions d?euros», dit-il. Au lieu de ça, c?est donc un profit de ? 4 millions (Rs 176 millions) qui est prévu. Ce dernier chiffre a cependant été calculé en tenant compte de «la situation actuelle avec une légère hausse du prix du pétrole».

Paul Bérenger reste cependant sceptique et inquiet. «J?espère que les choses se dérouleront comme prévu par Air Mauritius. Les analystes sérieux tablent sur une plus grande augmentation du prix du baril.» Il espère donc que le ministre ne fait pas montre «d?un excès d?optimisme».

L?achat à crédit-bail d?avions plus économiques permettant de réduire la consommation de carburant d?un tiers environ (30 %) est-il une option envisageable, demande le leader de l?opposition. «Bien sûr, la facture de carburant dépend du type d?avion que vous utilisez. Et le type d?avion utilisé relève d?une décision à moyen et long termes. Il n?y a aucune ingérence de notre part autour de l?achat d?avions. C?est à la direction de le faire efficacement», répond le ministre Duval.

Autre question : augmenter le montant de la «fuel surcharge» passée aux usagers aiderait-il à réduire le fardeau, à l?instar de ce qu?a fait British Airways récemment ? Réponse de Xavier Duval : «Cette surcharge ne permet pas de recouvrir la totalité du coût du carburant. Air Mauritius revoit cet item tous les 28 jours.»

<B>Configuration des sièges</B>

Pour Paul Bérenger, il serait bon que le gouvernement se penche sur la question de baisser les taux de taxation de carburant pour avion. «Il n?est pas envisagé actuellement d?appliquer des réductions de taxes dans le prix du carburant, mais comme un gouvernement responsable, nous sommes en train de suivre la situation et nous allons certainement prendre les bonnes décisions si les circonstances l?exigent», dit le ministre du Tourisme.

Pas question toutefois de transiger en ce qui concerne le service à bord et la sécurité des passagers. Parmi les mesures positives, figurent la révision de la configuration des sièges. De trois classes, les avions d?Air Mauritius sont passés à deux classes. Cela a permis des économies significatives. Les lignes trop coûteuses ont vu une diminution de leur fréquence ou ont tout simplement été annulées. 80 vols, soit 3 % de la totalité des vols, sont concernés. Des directives ont également été données pour économiser du carburant à travers les procédures de vol.

Et dans le but de maintenir à la fois la croissance du secteur et la bonne santé financière du transporteur aérien, l?industrie se rabat sur d?autres marchés tels que l?Australie, l?Inde et la Chine.

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