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Malgré tout, Madagascar demeure un atout

13 mars 2008, 00:00

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Malgré tout, Madagascar demeure un atout

Une fois encore, la région a répondu a l?appel de détresse de Madagascar à la suite du passage du cyclone Ivan qui a dévasté les réserves agricoles de la Grande île. Des opérations de solidarité se poursuivent avec l?envoi de dons humanitaires, dont des tonnes de riz, aux sinistrés malgaches. La coopération régionale fonctionne en temps de crise, mais cela ne suffitplus...Madagascar a un rôle plus important à jouer si l?on veut atteindre cette fameuse masse critique régionale.

«L?Indianocéanie correspond en tant que projet, à la formation d?une entité économique, sociale, culturelle et politique regroupant les îles et archipels du sud ouest de l?océan Indien». Dans les années 1980, c?est notre compatriote, l?économiste feu Pierre Yin, dans une thèse de doctorat sur l?intégration régionale dans le sud-ouest de l?océan Indien, qui a jeté les bases conceptuelles pour la coopération inter-îles en intégrant la notion de développement. A partir de cette réflexion, l?arrivée en 1982 d?une nouvelle génération de politiciens a balisé les repères pour inventer cette politique de coopération régionale qui a débouché, deux ans plus tard, sur la création de la Commission de l?océan Indien (COI). Mais le parcours de la commission, après un quart de siècle, reste pour le moins mitigé, surtout par rapport à ses ambitions initiales, reconnaissent aujourd?hui les observateurs.

Pour que la COI soit plus à même à réaliser sa mission d?intégration, le récent colloque tenu aux Seychelles a conclu qu?il faudra renforcer sa structure, un problème que d?aucuns ne cessent de dénoncer depuis des années. Le secrétariat de six personnes est trop squelettique, reconnaît la malgache Monique Andreas-Esoavelomandroso, qui arrive au bout de son mandat de quatre ans de Secrétaire générale. Malgré ce manque de moyens, son équipe a su donner une certaine visibilité internationale à la Commission : observateur auprès de l?ONU, partenaire de l?Union africaine, secrétariat pour les discussions autour des Accords de partenariat économique.

Mais la COI ne peut et ne doit pas, à elle toute seule assumer le blâme d?un échange inter-îles insignifiant. Parmi les plus graves problèmes qui entravent la coopération régionale figure l?instabilité politique devenue préoccupante chez deux de ses membres. Ce problème risque encore d?être plus aigu car la présidence de la Commission devrait normalement passer aux Comores (un pays littéralement en guerre) à la fin du mois.Et quant à Madagascar, ses politiciens ne semblent pas être remis de la crise de 2002. On parle encore d?une transition de pouvoir et d?une amnistie qui ne se sont jamais faites depuis la fameuse crise malgache. L?ancien président Albert Zafy revient sur scène et conteste le pouvoir à Ravalomanana. Il veut mener un mouvement populaire pour exiger la mise sur pied de cette transition pour préparer une nouvelle Constitution pour la Grande île. Selon lui, « Ravalomanana n?a pas hésité à écarter ceux qui l?ont porté au pouvoir ». L?amiral Didier Ratsiraka refait également parler de lui en cautionnant une opposition contre une autre. Après Ivan, le pays n?a pas besoin cette fois-ci d?un cyclone politique...

Madagascar a bien des opportunités devant elle. « Le projet de devenir le grenier de la région fait partie des opportunités a saisir. Encore faut-il le concrétiser. Plus pratiquement, Madagascar bénéficie d?aide d?ordre matériel de La Réunion en matière de météorologie, dont le centre régional se trouve à Antananarivo. Il y a aussi la surveillance des côtes par une vedette construite à Maurice. Sans oublier la collaboration sur le plan sanitaire. « Vous constatez que la coopération régionale est une réalité », déclarait Monique Andreas-Esoavelomandroso à l?express de Madagascar.

Face à la mondialisation, la COI réalise que si les pays de la région privilégient le chacun pour soi, ils ne sortiront jamais de leur sous-développement. Selon elle, les pays de la région ont compris l?enjeu. Même La Réunion a compris à quel point elle était vulnérable.

Ce qui augure de l?espoir, puisque la COI demeure la seule instance intergouvernementale de la région se focalisant sur la problématique insulaire. D?où la nécessité de consolider sa vocation de coopération entre ses membres dans une perspective de développement durable. Les autres regroupements régionaux, outre le problème de multiple appartenance, ont d?autres priorités encore plus aiguës et moins spécifiques à la zone.

Madagascar, même si on a de temps en temps tendance à devoir l?aider à sortir la tête de l?eau, demeure un atout pour la région. La Grande île peut se permettre de voir plus grand que la COI. Elle dispose des ressources nécessaires pour le marché régional, ainsi que pour d?autres marches limitrophes. Il nous faut profiter de notre proximité et consolider nos rapports avec elle. Il faut par ailleurs qu?elle continue sa réforme agroalimentaire, avec l?aide de ses voisins.

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