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M.A.K Design, l?art au bout des doigts
La table bariolée de points colorés lui sert d?établi et de vitrine à sa boutique. Des ?ufs en bois arborant des dodos, des coffrets de bijoux et des clichés de mer peints à l?acrylique y sont alignés. Cela fera bientôt six ans depuis que M.A.K Design s?est installée au Craft Market du Caudan Waterfront, ses revenus tanguant au gré des touristes.
L?entreprise se résume qu?à deux personnes : le couple Rakesh et Binity Appanah. Chaque matin, ils peignent, cisèlent, vissent et polissent devant les touristes qui défilent. ?On arrive à joindre les deux bouts?, indique Rakesh Appanah, 28 ans.
Artiste dans l?âme, habile des mains, Rakesh Appanah, âgé de 17 ans, entre en tant qu?apprenti chez Howard & Sang. Il est initié au maniement des ciseaux, à transformer le bois en objet d?art, à donner libre court à sa créativité. Mais l?usine d?ameublement ferme ses portes. Rakesh est chômeur et possède de maigres ressources pour survivre.
L?artisanat le tente même si Rakesh Appanah ne dispose pas des notions basiques en gestion. Avec des échantillons sous les bras, il propose son projet à la direction du Caudan Waterfront. L?idée est acceptée. Et à la demande de la direction, il est appelé à tout fabriquer sur place, démontrant le savoir-faire local à la clientèle ciblée : les touristes.
?Le fait que je sois installé au Craft Market me permet d?être en contact permanent avec les touristes. Ils sont en mesure de constater de visu ce que nous, les Mauriciens, fabriquons, à l?opposé des produits importés?, souligne le jeune entrepreneur.
Peindre et ciseler au Craft Market n?est que la vitrine d?une activité qui démarre tôt dans la matinée pour terminer tard dans la soirée : découper la cartographie du pays sur le bois, procéder au polissage, et au vernissage et enfin aux gravures.
Une experience reconnue
Par souci de qualité, explique le directeur, les dessins sur le bois ne sont guère des scènes imaginaires. De fait, le couple sillonne l?île pour prendre en photo les paysages. Brandissant deux peintures sur bois, Rakesh Appanah s?exclame : ?Voyez-vous, il y a une grande différence entre le coucher du soleil de Grand-Baie et celui de Tamarin.? Qui plus est, pour représenter les fonds marins, ils font de la plongée !
Son rêve, se rappelle-t-il, se matérialise en septembre 1998, grâce à un coffret de bijoux aux motifs finement ciselés et d?une dimension impressionnante. Un cadeau du Premier ministre d?alors, Navin Ramgoolam, au président sud-africain, Nelson Mandela. Une pièce de collection unique, dit-il, nostalgique.
Pour assurer sa survie, l?entreprise travaille également à la commande, la spécialité étant des coffrets de bijoux, comportant des gravures, des revêtements intérieurs au gré des clients. Dans la mesure du possible, le couple Appanah s?attelle des fois à monter des abat-jour ou des dodos.
Toutefois, produire à moindre coût, comme le souhaitent les boutiques, s?avère impossible. ?Les matières premières sont chères. Le prix à la livraison ne comporte aucune marge de profit pour nous?, fait ressortir l?entrepreneur. Et du coup, les boutiques se tournent vers l?importation. La clientèle mauricienne, en raffole, laissant les seuls touristes à courtiser, saupoudré de quelques foires.
Au fils des années, le couple a acquis de l?expérience, une expérience reconnue par la National Handicraft Promotion Agency puisqu?ils ont été sollicités pour initier de jeunes Rodriguais à produire à partir du papier mâché. De là, la route est encore longue?
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