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Maintien des élections et spirale de la violence

9 janvier 2005, 00:00

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Les violences redoublent en Irak depuis quelques jours. Des dizaines de personnes ont péri et parmi les victimes figurent de nombreux policiers, qui ont été tués dans différentes attaques, dont deux attentats-suicides à la voiture piégée près de Bagdad, selon des sources concordantes.

Jeudi matin, le chef de la police du quartier chiite de Sadr City à Bagdad, a été abattu par des hommes armés alors qu?il circulait en voiture dans l?ouest de la capitale irakienne, a annoncé une source du ministère de l?Intérieur. Par ailleurs, un marine américain a été tué jeudi au combat dans la province d?Anbar à l?ouest de Bagdad.

La veille, dix policiers ont été tués dans un attentat devant l?académie de police de Hilla, à 100 km au sud de Bagdad, qui a fait aussi 44 blessés, dont 41 policiers. À Bakouba, au Nord de la capitale, six policiers ont été tués et 13 autres blessés dans une attaque du même type. Les deux kamikazes ont été tués, selon la police.

Parallèlement, à Bakouba également, un responsable de la sécurité de la Commission électorale indépendante, Khalifa Hussein, ainsi que son chauffeur ont été abattus dans une embuscade tendue par des hommes armés.

Un civil et un kamikaze sont morts mercredi dans une attaque à la voiture piégée contre un convoi militaire à Amiriyah, dans l?ouest de Bagdad, selon des sources irakienne et américaine. L?attaque a été revendiquée par le groupe islamiste Ansar Al-Sunna, lié au réseau terroriste Al-Qaïda. Dans ce même quartier, trois entrepreneurs travaillant pour l?armée américaine ont aussi été abattus par des hommes armés, selon le ministère de l?intérieur, qui a aussi fait état de la découverte sur place de deux corps portant des traces de torture.

Dix-huit ouvriers du quartier chiite de Khazimyah de Bagdad ont été tués dans le nord de l?Irak où ils ont été emmenés par un employeur fictif qui leur a promis du travail sur une base américaine, a indiqué jeudi une source du ministère de l?Intérieur.

« Les corps ont été trouvés mercredi dans la région de Mossoul et ramenés à l?hôpital de Khazimyah », dans le nord-ouest de Bagdad, a déclaré cette source qui s?exprimait sous le couvert de l?anonymat.

Un plan pour assurer la sécurité

Le Sud de l?Irak, habituellement calme, n?a pas été épargné. Un barrage de police a été attaqué mercredi à l?arme légère à Bassora par des inconnus qui ont tué un policier. À Samarra, à 125 km au Nord de Bagdad, trois gardes nationaux ont été tués dans des heurts avec des hommes armés. Trois autres gardes nationaux ont péri dans une attaque à Samarra et quatre entrepreneurs travaillant pour l?armée américaine ont été abattus dans une embuscade à la sortie de la ville.

Deux autres personnes ont été tuées près de Balad (Nord) et de Tikrit (Nord). À Ramadi (Ouest), quatre civils ont été tués dans des heurts entre soldats américains et rebelles, et trois corps, qui seraient ceux de chauffeurs jordaniens, y ont été retrouvés. À Mossoul (Nord), un dirigeant du Parti islamique irakien, la principale formation sunnite, a été tué par des hommes armés. « Le corps d?Omar Mahmoud Abdallah a été retrouvé la tête criblée de balles », selon le parti.

Malgré cette recrudescence de la violence, le premier ministre irakien, Iyad Allaoui, a affirmé que son gouvernement était « engagé à tenir les élections à la date prévue. Nous ne permettrons pas aux terroristes d?arrêter le processus politique et de saboter le pays ». « Nous encourageons tous les Irakiens à participer aux élections », a-t-il dit mercredi lors d?une conférence de presse à Bagdad. Le premier ministre entendait mettre ainsi fin à un débat au sein de son propre cabinet sur l?opportunité de reporter le scrutin en raison de l?insécurité.

M. Allaoui a aussi admis ne pas être en mesure d?annoncer « que les attaques terroristes s?arrêteraient », mais a annoncé un plan pour assurer la sécurité des élections prévoyant la « promotion d?un important nombre de soldats irakiens » jeudi 6 janvier à l?occasion de la Journée de l?armée. Il a ajouté que l?armée avait été « équipée de blindés et de chars, qui feront leur apparition pour la première fois la semaine prochaine ».

De son côté, le président américain George W. Bush s?est entretenu mercredi au téléphone avec le président irakien Ghazi al-Yaouar et lui a réaffirmé qu?il souhaitait que les élections irakiennes aient lieu le 30 janvier comme prévu, a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche. « Le président a fait part de son soutien au processus politique en Irak et a parlé de l?importance d?organiser les élections. Il a également fait part de sa reconnaissance pour les qualités de dirigeant du président al-Yaouar pendant cette période importante de l?histoire de l?Irak », a indiqué Scott Mc Clellan lors d?un point de presse en marge d?un déplacement du président américain à Collinsville (Illinois).

Dans ce contexte, les électeurs des provinces sunnites de Ninive (Nord) et d?Al-Anbar (Ouest) pourront s?inscrire et voter au même moment, a annoncé la Commission électorale, expliquant cette dérogation par son souci de faire participer au vote les habitants de ces régions secouées par la violence.

Enfin, un haut responsable du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), Karim Senjari, a accusé l?aviation américaine d?avoir lancé un raid aérien nocturne contre un dortoir d?étudiants vide à Erbil (Nord) et ce, sans coordonner son action avec les autorités kurdes.

2 004 Le Monde ? avec AFP Distribué par The New York Times Syndicate

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