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Madame techno

31 juillet 2007, 20:00

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Chronique d?une fille sage. Toujours de bonnes notes. Un goût prononcé pour l?étude. Et la volonté d?aider les autres, quand arrive son tour de transmettre le savoir. Au point où Nandini Pem Alinier a été auréolée l?an dernier du titre de Best lecturer in Electronic Engineering. Récompense de niveau national en Grande-Bretagne.

Chargée de cours à l?université de Hartfordshire depuis six ans, Nandini voit ses travaux sur la pédagogie récompensés. Ses recherches l?ont poussée à développer une nouvelle méthode d?épreuves d?examen appelée Objective structured technical examinations. Des efforts financés par la Higher Education Academy, Engineering Subject Centre.

En clair, il s?agit de proposer aux étudiants d?effectuer une série de tests en laboratoire, comme mesurer le voltage dans un circuit. Sa méthode, cela fait cinq ans que Nandini Pem Alinier y travaille. ?Elle peut être utilisée durant n?importe quelle année d?étude, moi je l?ai testée sur les étudiants de première année.?

Modeste, la chargée de cours raconte qu?elle n?a rien inventé. Mais surtout comment elle a eu la bonne idée d?adapter ce qui se faisait jusqu?alors dans le domaine médical.

C?est là qu?entre en scène sa moitié, l?homme de sa vie, Guillaume Alinier, Français installé en Angleterre. Il y a six ans, la Mauricienne pose ses valises à la faculté d?ingénierie de l?université de Hartfordshire. Guillaume Alinier y est installé depuis peu, comme responsable du centre de simulation paramédical. ?C?est un labo aménagé comme un hôpital où les étudiants en médecine pratiquent non sur des patients mais sur des mannequins.?

Parmi les fonctions de Guillaume Alinier : préparer les scénarios possibles durant une opération. ?Il intervient surtout au niveau de la communication entre les médecins, les infirmières et les anesthésistes.?

Comme un bonheur ne vient jamais seul, il se trouve que le projet est mené conjointement avec la faculté d?ingénierie électronique. ?Dès que je suis arrivée à l?université, j?ai trouvé que son approche était intéressante?, se souvient Nandini. La collaboration intellectuelle pousse la jeune femme à adapter les méthodes de celui qui devient entre-temps son mari, à l?ingénierie électronique. Avec le succès que l?on sait.

En quoi cette méthode diffère-t-elle de ce qui existait déjà ? Nandini explique que la pédagogie existante proposait aux étudiants de participer à des travaux dirigés en groupe, pouvant durer de deux à quatre heures. Un exercice auquel la chargée de cours a substitué des exercices individuels, où le temps d?exécution est chronométré.

?L?objectif est de tester leur approche, les procédures qu?ils suivent, la manière de résoudre les problèmes plutôt que de voir les résultats qu?ils produisent à la fin des exercices, c?est cela que l?académie a trouvé bénéfique aux étudiants.?

Si elle a été distinguée, Nandini reconnaît n?être qu?au début du parcours pour l?application de la méthode dans les laboratoires de l?université. Car si les étudiants sont notés, ces points ne sont pas pris en compte pour l?obtention du diplôme. ?C?est à nous d?assurer le suivi.?

Les circuits électroniques, c?est décidément sa vie. ?Quand je pense aux systèmes et à comment ça marche, cela me fascine.? Nandini en a les yeux qui pétillent derrière ses lunettes quand elle en parle. Un attrait qu?elle partage avec nous, dans le salon de son père, professeur réputé de Rose-Hill. Son petit ventre ? elle attend un deuxième enfant ? se soulève sous son churidar fuchsia. Ses petites boucles rebelles suivent les mouvements de sa tête.

Un cerveau qui s?oriente très tôt vers les mathématiques. Avant de se décider pour l?ingénierie. ? Je voulais me lancer dans ce domaine mais je ne savais pas dans quelle branche spécifique.?

?L?objectif est de tester leur approche, les procédures qu?ils suivent, la manière de résoudre les problèmes plutôt que de voir les résultats qu?ils produisent à la fin des exercices, c?est cela que l?académie a trouvé bénéfique aux étudiants.?

La même année, celle où Nandini s?apprête à entamer des études universitaires en Angleterre, son père va suivre un cours de recyclage en Australie. Nous sommes en 1993. ?Là-bas, il a vu le boom dans le secteur des technologies de la communication. Il a anticipé et m?a conseillé d?aller vers les systèmes électroniques.? Nandini, qui a suivi son conseil, obtient sans difficulté son diplôme en Electronic Engineering de l?université de Leeds.

Au point où, pour le doctorat en mobile communications, la Mauricienne se voit offrir trois bourses, ce qui couvre tous ses frais. Quand elle se dirige vers l?enseignement, Nandini se heurte à une règle du système : ?Ceux qui n?ont pas d?expérience peuvent donner des cours à condition de faire un diplôme d?enseignement.? Ce qu?elle obtient en 2003.

Mais on n?a jamais fini d?apprendre. ?Quand j?ai regardé en arrière, j?ai vu que je n?avais pas fait de science, j?ai voulu diversifier mes compétences.? Et voilà qu?elle s?embarque à mi-temps pour un Masters in Business administration. Un nouveau choix de carrière en vue ? Pourquoi pas ? Qui sait, directrice d?un réseau de communication, cela lui plairait bien.

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